10 ans plus tard

11 septembre 2011

11septembre_lumiere_hommage.jpgL’émotion est toujours là…

 

Il faut dire que tout a changé ce jour-là, comme un gouffre qui s’est ouvert sous nos pieds. Pourtant, 10 ans plus tard, cela ne nous a toujours pas servi de leçon : des guerres stériles, un capitalisme exacerbé, un mépris encore plus grand pour les peuples « non occidentaux » pourtant sur le point de nous dépasser et de se renouveler…la sclérose nous guette.

 

C’était une claque pourtant ce 11 septembre, et pas une petite.

 

Je me souviens encore très bien du 11 septembre 2001. Le matin, je me suis levée tranquillement à côté de MEX. Il avait mal dormi. Son cauchemar ? Les deux tours de Notre Dame de Paris s’effondraient en même temps (véridique, oui, ça marque à vie un truc pareil). Puis nous sommes partis, chacun de notre côté, faire notre job étudiant.

 

Je me rappelle…j’étais employée en CDD dans la libraire d’un grand musée parisien…

 

Tout le début de la journée avait été normal. Il n’y avait pas trop de monde, on rigolait beaucoup avec les collègues, surtout pendant les pauses. Puis, elle est montée…ma copine de pause qui était un peu en retard. C’est là qu’elle nous l’a annoncé.

 

Tout d’abord je n’ai pas compris, elle était tellement émue. Et je ne savais pas de quelles tours elle parlait. Puis, je les ai visionnées dans ma tête (en bonne fan de Friends n’ayant jamais mis les pieds à NYC). Sur le moment, j’avoue avoir pensé qu’elle exagérait. Un avion dans une tour, puis un autre…pfff, n’importe quoi. Un vulgaire accident sans doute.

 

J’ai pris ma pause et je suis descendu dans le bureau du boss qui avait une télé. Ce n’était pas ce que j’avais imaginé, c’était pire. L’horreur, le feu, les gens qui sautent…puis plus rien, le néant.

 

Bizarrement, l’excitation de l’historienne a pris le dessus : cette date serait historique, cette date serait celle de la naissance du nouveau millénaire, pas un vulgaire premier janvier ! Et j’assistais à ça, presque en direct ! Puis la peur…le monde que nous connaissions avait changé, nous avions aussi changé.

 

Je suis remontée assez groggy…mais le pire était à venir. A chaque touriste américain ou canadien j’ai dû annoncer la nouvelle et voir leur consternation, le déni, et l’angoisse d’avoir perdu un proche ou une connaissance. Par quelques mots, je pouvais créer une angoisse palpable et je culpabilisais…mais comment vendre un guide ou une carte postale alors qu’il n’était que temps de courir aux nouvelles ?

 

Les semaines qui ont suivi furent très anxiogènes, la crainte de la menace terroriste, du gaz sarin dans le métro, les gens qui achetaient des masques…

 

Il y a des dates qui marquent, même si l’on n’était pas sur place ou qu’on ne connaissait personne. Mais ce jour là, nous avons tous été New-Yorkais, et nous avons tous perdu quelque chose…sans doute un peu d’insouciance.

 

 

 

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