100 balles et un mars ?

23 septembre 2014

WTFJe l’avoue, Lecteur, je t’ai salement abandonné (et nombre d’entre toi m’en a fait le reproche). Là, tu t’interroges sur la raison de mon silence. Un été orgiaque ? Des vacances aux Bermudes ? Un coma éthylique ? Le job de mes rêves ? Rien de tout ça, j’en ai peur. J’ai juste été atteinte d’une maladie banale appelée flemmaginte aiguë.

Pourtant, j’en avais des choses à raconter…

Comme après ce long silence je ne sais trop comment rompre la glace, je vais te raconter ma dernière anecdote de derrière les fagots concernant ma recherche du Graal (oui Lecteur, tu sauras que le CDI est le Graal du chômeur). Parce que bon, je pourrais te dire que Paul a encore perdu un papier et refuse de verser mes allocs depuis juillet, que Safaa est de retour au service de La Société Financière de Flandre ou que ma conseillère APEC veut que je passe un test de QI car elle me pense surdouée ; mais dans le fond, on s’en fiche non ? Où serait l’humour de la chose ? Alors, je vais juste te dire que j’ai postulé à un super job et que j’ai obtenu une réponse.

Début septembre, je me connecte à mon jobboard préféré et, que vois-je ? Une offre !! Si si, juré ! Promis, j’étais la première étonnée (et j’y pense encore avec des larmes plein les yeux). Et pas n’importe laquelle. Une annonce vraiment intéressante, pile dans mon profil, dans une boite que je ne connais pas mais à côté de chez moi. Vous dire si j’étais un peu dépitée en recevant un mail. Je n’aime pas les mails, ils annoncent rarement de bonnes nouvelles. Pourtant, surprise, le recruteur semble dire qu’il a retenu ma candidature. Je suis à deux doigts de sortir le champagne réservé pour l’occasion (ça doit faire 5 ans qu’il traîne dans mon frigo à côté de l’Absolut) quand, raisonnable, je décide de lire la suite du mail.

Ma candidature leur plaît, chouette. Mais (forcément, il y en a un), ils ont besoin d’en savoir plus avant d’envisager un entretien…téléphonique. Lequel, si j’arrive à l’obtenir, leur permettra d’envisager de me voir en vrai pour potentiellement envisager de me prendre. En soi, l’entretien téléphonique ne me choque pas, j’y suis habituée, c’est devenu un préalable courant. Ce que je connais moins, c’est le préalable du préalable. Et celui-ci n’était pas piqué des hannetons…

Voici donc ce que le recruteur me demande pour avoir peut-être l’espoir d’obtenir un entretien téléphonique (dans l’espoir d’avoir un entretien en vrai, pour potentiellement…bref, je te l’ai déjà raconté). Ce qui tient sur pas moins de deux fichiers PDF, eh ouais ! Premier fichier, on me demande mon nom, prénoms, coordonnées, poste recherché, prétentions. Ok. C’est écrit en gros sur mon CV mais ok. Demande suivante je tique un peu. En effet, quel intérêt pour un recruteur de demander ma date d’inscription à Pôle Emploi et mon numéro d’identifiant ?? Pour obtenir un entretien téléphonique ??? Et pourquoi pas le mot de passe tant qu’on y est ? Mais, patience, le plus drôle reste à venir.

Passant sur cette demande qui me semble quelque peu indiscrète, je lis la suite (sur 5 pages). Pour leur permettre de me connaître un peu mieux et avant d’envisager la possibilité de me parler, on me demande comment j’en suis venue à m’intéresser à leur entreprise et comment j’ai su qu’un poste était vacant. Why not, même si en général, c’est le genre de questions qu’on pose en entretien. Ensuite on me demande de parler de mon travail, de toutes mes expériences professionnelles (ce que j’y faisais, ce que j’ai aimé ou pas aimé, ce que ça m’a apporté…), de mes centres d’intérêt, de ma formation et de mes activités extra-professionnelles. Moi, je veux bien, je ne suis pas chiante, mais si je raconte tout ça avant même l’entretien téléphonique, qu’est-ce qu’on va bien pouvoir se dire quand je serai dans leurs bureaux ? Mais bon, pourquoi pas.

En continuant ma lecture, je comprends bien qu’ils veulent tout savoir de moi (car ça, ce n’était pas assez). Mes souvenirs d’université (vu ce que je buvais, j’en ai pas tant que ça), les domaines que je veux perfectionner, si j’ai un PC à la maison, les logiciels que je connais, les livres en rapport avec ma profession que j’affectionne au quotidien, quels seront les changements du métier (celui de communicante donc) dans les 10 ans à venir ainsi que dans leur domaine d’activité, les dispositions que je prends pour être à l’avant-garde de ces changements (euh…investir dans un bunker et stocker des conserves ?), les choses qui me tiennent le plus à cœur dans un travail, si je fais de l’exercice physique (sic) et si oui quoi, qui est mon modèle professionnel (le Pape ?), pourquoi et ce que je compte faire pour lui ressembler (bouffer de la papaïne), ce qui me motive le plus, ma mission la plus délicate, ce qu’il m’est arrivé de mieux ces 5 dernières années (ça je sais ! La fin de la poche !), de pire (ben la poche), ce que je sais de leur entreprise, décrire leurs produits et services, estimer leurs forces et leurs faiblesses, ce que je compte apporter en termes de valeurs et de compétences, où je me vois dans les 5 ans s’ils m’embauchent, et mon opinion sur un tas de trucs dont je me fous. Je vais me répéter encore une fois, mais tout cela est uniquement pour obtenir, peut-être, un entretien téléphonique !

Un peu sonnée par tous les éléments de réponse à donner, j’attaque le deuxième PDF. Vous trouviez que c’était complet ? Détrompez-vous. Cette fois, on me demande mon état civil complet ainsi que mon numéro de Sécu, les coordonnées de la personne à contacter en cas d’accident (dès fois que je fasse un arrêt cardiaque s’ils décident de m’appeler pour l’entretien ?), ma situation familiale (c’est légal ça ??), nombre d’enfants avec prénoms et dates de naissance (pour l’arbre de Noël de la boite ?) et de fournir des documents. Des trucs qu’on envoie toujours à n’importe qui dans l’espoir d’avoir un entretien téléphonique : copie de la carte d’identité, copie de tous les diplômes, copie du permis de conduire, copie de la carte de Sécurité Sociale, le CV (??), la lettre de motivation et…un RIB !

Là, Lecteur, tu te dis que ça suffit, on ne peut aller plus loin. Et pourtant. Tout en bas du mail, on m’ajoute que je dois également fournir mes références, un témoignage de tous mes employeurs, la présentation de mon projet de fin d’études et un justificatif de mon niveau de rémunération. Et je dois emballer le chocolat dans la papier d’alu à la place de la marmotte ? Je précise pour ceux qui se le demanderaient, non je n’ai pas postulé à un poste dans les Services Secrets.

Je comprends la crainte des entreprises de ne pas embaucher LA bonne personne car un recrutement coûte cher, ce qui les oblige à être plus exigeants que par le passé. Mais réclamer tout ça pour peut-être passer un coup de fil à un candidat me semble un chouilla disproportionné. D’autant que, pour ma part, je ne donne copie de ma carte d’identité, de mon RIB ou ma carte Sécu qu’après une embauche ferme (je suis bêtement méfiante, dingue) et jamais dans l’espoir d’un entretien hypothétique dans une boite totalement inconnue.

J’ai donc préféré en rester là ce qui est peut-être une erreur…

J’aurais tellement aimé savoir

s’il y avait un prélèvement d’urine à l’entretien !

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