AirBnB : la suite

12 août 2014

airbnbEh oui, il remonte à loin le dernier article ! Ceci dit, il a eu le mérite d’occuper le terrain, force est de constater que parler de AiBnB suscite bien des réactions. Vous l’aurez compris, le but n’étant pas de descendre le site, mais de relater mes mésaventures d’hébergeuse.  Justement, il y a une suite…

Tout d’abord, Lecteur, je dois t’avouer qu’après ma petite rédaction de la dernière fois (le jour même donc), j’ai contacté le service litige pour les prévenir des différentes catastrophes engendrées par mes crasseuses Coréennes. Mieux, j’ai même envoyé le lien de l’article. Trois jours après, j’ai reçu un mail m’informant de sa réception et de sa prochaine prise en charge. Une semaine plus tard, ne voyant rien venir, j’ai relancé avec de nouveaux détails. Car oui, une fois le choc passé, j’ai pu faire le point sur l’état de crasse et la motivation derrière… De prime abord, si j’avais pensé que mes « invitées » étaient seulement irrespectueuses et particulièrement sales, j’ai fini par comprendre qu’en fait elles étaient surtout malveillantes…

Le mot est fort, mais pourquoi donc ? On se rappelle déjà qu’après la gentille mise au point que je leur avait fait, où je demandais de nettoyer après elles (notamment à chaque inondation de salle de bain), de faire attention à la surconsommation du lave-linge et du sèche-linge et de modérer le claquage de portes, les choses avaient été en empirant. Deux fois plus de bruit, quatre fois plus d’appareils utilisés et une crasse multipliée. J’ai d’ailleurs compté mes doses de lessives (le paquet étant neuf avant leur arrivée), mis en parallèle avec la durée d’utilisation que j’ai réussi à supporter (soit 4 jours, après j’ai débranché quand la machine a agonisé), ce qui nous donne 5 lessives. Sérieusement, qui ici (sans enfant évidemment, les bébés faussent la donne) fait 5 lessives en 4 jours ? Et utilise 6 fois le sèche-linge des heures durant ? (Tu penses qu’il y a un truc qui cloche dans mes calculs, Lecteur ? N’oublie pas qu’elles allaient à la piscine). Perso, c’est le bout du monde si j’en fait deux par mois. Mais passons… Revenons à la crasse intentionnelle… Il est vrai que j’avais retrouvé du scotch de voyage qui tache (et m’a ravagé le parquet), mais, naïvement, je m’étais dit que j’étais tombée sur deux débiles. C’est en constatant qu’il y avait des étiquettes de chaussures collées sur la penderie (vous serez heureux d’apprendre qu’elles ont fait les soldes chez Margiela) que je me suis dit qu’il y avait peut-être un peu plus que ça en termes de volonté. Ma certitude est venue (oui il m’en faut beaucoup, c’est mon côté Colombo) quand j’ai trouvé des cotons-tiges sales sous la couverture en rab rangée dans le meuble. A moins qu’ils ne soient venus là avec leurs petites papattes, mais j’ai un doute. D’un autre côté, j’avais déjà eu un bon indice quand j’ai retrouvé un reste de pâtes bolognaise en train de sécher sous le futon (qui est, de fait, posé sur le sol comme tout futon qui se respecte). Enfin, après être partie à la recherche des serviettes disparues (parce qu’il ne faut pas accuser à tort, j’aurais pu me tromper), m’être demandée si je les avais bien mises à disposition (un oubli c’est possible) puis m’être rappelée combien elles m’avaient remerciée quand je leur ai montré sur le meuble en leur précisant que c’était un prêt pour leur séjour (j’avais même eu un « You’re so nice », mon anglais n’étant plus ce qu’il était, je suppose que ça voulait dire « On va te pourrir ton appart connasse »), je confirme, y a plus. Pas faute de les avoir cherchées partout, des fois que mes Coréennes aient eu envie d’une partie de cache-cache. Comme je ne les ai pas trouvées, je suppose que j’ai dû perdre la partie. Et mes serviettes…ainsi que les deux gants de toilettes assortis et (là, c’est encore plus fort), un couteau. Car, tu sauras, Lecteur, que j’ai un bloc cuisine que je bichonne avec amour, des couteaux de compète que j’aiguise moi-même à chaque utilisation, laquelle est limitée aux jours de fêtes (la dernière remontant donc en janvier). C’est ainsi que, nettoyant ma cuisine (ça m’arrive parfois), mon œil a été attiré par les ciseaux jetés au bas de mon bloc adoré. Et en le remettant, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer le trou béant… Comme j’ai mon petit rituel quand je cuisine (je parle de vraie cuisine, d’un truc qui me prend des heures), je choisis le bon couteau, je l’aiguise, je l’utilise, je le lave immédiatement je l’essuie et je le range dans la foulée pour ne pas l’abîmer, on se doute qu’il est impossible que j’ai perdu ce couteau de moi-même. Maintenant, la question (car je suis toujours perplexe à ce sujet) est : pourquoi ? Pourquoi prendre un couteau ? Pour jouer les terroristes dans l’avion ? Par sentimentalisme ? Pour me faire chier ? Pour le jeter dans la première poubelle venue ? Le mystère reste entier.

Ça, c’est pour les découvertes post-départ, passons au meilleur. Sur AirBnB, une fois le séjour passé, l’hébergeur et l’invité peuvent laisser simultanément un commentaire sur la page de l’autre sans avoir connaissance du message initial. Il va sans dire que je me suis sentie obligée de dire honnêtement comment mes invitées s’étaient comportées. Et, encore, j’ai été assez sympa car je n’ai pas mentionné le vol, réservant ça au service litige. Il va sans dire qu’elles en ont fait autant et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elles se sont lâchées…

C’est en lisant leurs griefs  j’ai compris l’état de la chambre et l’enfer que j’avais vécu. Ainsi, il semblerait qu’elles aient été déçues dans leurs attentes. C’est du moins comme ça que je lis leurs deux premières critiques. Non seulement, j’ai osé les faire dormir dans une chambre minuscule (c’est vrai, 18m² sur Paris, les prisons sont remplies pour moins que ça), mais en plus, je suis restée dans l’appartement où je vis ! Pas faute d’avoir précisé dans l’annonce que je vivais là et qu’il ne s’agissait que de la chambre. Du coup, elles me reprochent ma présence, celle des chats (qui sont aussi mentionnés dans l’annonce, c’est d’ailleurs pour ça que j’encourage les allergiques à passer leur chemin), ce qui les a empêchées de profiter pleinement de l’ensemble de l’appart et surtout du salon (et vu l’état de la chambre, je ne vais pas me plaindre pour ma part). D’autant que j’ai dormi deux nuits à l’extérieur durant les 8 jours de leur présence. Pourtant, expliquer à quelqu’un qu’il est le bienvenu pour manger dans le salon ou mater un film me semblait, à moi, loin d’une interdiction, mais apparemment, ma seule présence en était une en soi. Et comme, dès le lendemain, elles ont tout fait pour éviter de me croiser et de me dire bonjour, je suppose que j’aurais dû dans leur esprit m’enfermer dans un placard avec mes minets. Enfin le placard à aspirateur…car oui, en tête des reproches, nous avons « n’a même pas fait le ménage tous les jours dans la chambre ». C’est sûr que si je n’ai pas coché l’option ménage sur mon annonce, ce n’était pas pour rien (moi j’appelle ça un signe, encore faut-il lire l’annonce et ne pas se contenter des photos, un peu comme sur AUM du reste). Voilà pourquoi la chambre était dans un tel état, c’était probablement un appel désespéré pour que je vienne avec ma pelle et mon balai. Ou d’attendre que Mary Poppins tombe du ciel en voyant le carnage, je ne sais… Pire, je les ai laissé faire leur lessive elles-mêmes ! C’est une honte (qu’elles mentionnent allègrement), y compris les draps (du coup, c’est bien gentil de dire que je les ai laissé laver leurs draps toutes seules, mais ça aurait sympa de le faire pour le coup, au lieu de répandre de la bouffe et des détritus dessus et dessous). Y a pas, l’hôtel Pasd’Bol, c’est plus ce que c’était Lucette ! Moi qui pensais bêtement que ne pas pénétrer dans leur chambre en leur absence était une preuve de respect et d’intimité, j’avais encore tout faux. J’aurais donc dû investir dans un costume de soubrette, apprendre à dire « oui bwana » en coréen et retourner dans mon placard une fois ma besogne faite.

Mais mes torts ne s’arrêtent pas là semble-t-il. En effet, passé le premier jour où j’étais à peu près agréable, je suis devenue une sorte de monstre mutant. Enfin c’est ce que je comprends quand on me dit que je ne savais pas m’exprimer en langage humain. Peut-être que la trop grande proximité avec les chats me fait comprendre que je feule au lieu de parler (un peu comme Harry Potter quand il parle serpent) ? Ou qu’elles n’ont pas apprécié que je grogne un peu quand elles m’ont obligée à me lever à 2h du mat pour leur ouvrir. Malgré tout, je suis un monstre mutant aux pouvoirs magiques, vu qu’elles me reprochent également de les avoir rendues malades (pas malades de rage, malades tout court). Comme que je suis en pleine forme depuis mon dernier rhume de cet hiver, je m’interroge. Leur aurais-je transmis ébola par le simple pouvoir de la pensée ? Las, ce point n’a pas été plus développé, je pense que je ne le saurai jamais. Ou…Le fait d’avoir retrouvé un demi emmental moisi sur le rebord de la fenêtre (en plein soleil) peut être un semblant d’explication… Heureusement, je suis moins seule dans mon combat pour éradiquer mes invités de passage puisque mes chats les ont également fait tousser. Mais, et c’est là que ça devient drôle, pas sur le coup. Non non, elles n’ont pas toussé une seule fois en 8 jours. Mais, comme elles me l’ont mis en commentaire, elles ont commencé une fois arrivées à Barcelone. Tu connais l’allergie à retardement Lecteur ? Moi je découvre. Donc, soit mes chats ont des poils magiques, soit le fait de sortir en micro-short, cheveux mouillés, la seule semaine de juillet où il y a eu de l’orage , a pu jouer. Mais j’aime bien l’idée des poils magiques, je le confesse.

Pour finir, elles me reprochent l’état de l’appart car elles ont vu des mouches (ben oui, quand tu laisses les fenêtres ouvertes en plein juillet et que tu mets de la bouffes sur le sol de la chambre, y avait un risque), l’état de la vaisselle (mon 100% grès sans aucune ébréchure ou griffure c’était pas assez, ça m’apprendra à garder la porcelaine pour les grands jours), l’air irrespirable (pour elles à cause des chats qui n’ont même pas mis les pattes dans la chambre, pour moi c’était le temps mais bon…) et…bon, ok, il y a plus mais comme elles l’ont écrit en coréen, j’aurais bien du mal à vous dire quoi (je doute que ça soit une déclaration d’amour). Conclusion, elles se voyaient comme à l’hôtel, c’est pour ça qu’elles se sont probablement barrées avec mes serviettes (sans un mot je le rappelle). Car, elles ont été chez une Italienne avant avec qui ça s’est bien passé (mais qui a écrit son commentaire après le mien, sans doute à leur demande), elles lui ont même fait un cadeau (non, Lecteur, des poubelles et des sacs vides ne sont pas des cadeaux). Verdict, tout ce qu’elles ont fait chez moi était délibéré. Perso, je n’agirais pas comme ça même chez mon pire ennemi mais c’est une question de principe j’imagine.

Il va sans dire que j’ai mentionné tout ça à AirBnB dans ma relance il y a 15 jours…

Il va sans dire que si j’écris maintenant c’est que j’attends toujours !

 

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