Appelez-moi Roberto

9 décembre 2013

victor-victoriaNon que je sois partie récemment au Brésil pour une petite opération. Mais j’en viens à me poser la question (le jet lag expliquerait bien ma grande fatigue). Du moins, cela est une explication plausible à mon célibat… J’explique (j’aime bien expliquer des choses, ça me donne l’impression d’être importante).

On a tendance à l’oublier, mais je suis une fille. Une vraie qui aime les paillettes et qui parle chiffons comme une pro. Au delà de ça, j’ai aussi mon petit caractère, je jure, je peux être un peu trashouille sur les bords, je ris fort et de tout, j’ai la vanne facile et je suis rarement choquée (du moins, je suis suffisamment bien éduquée pour ne pas me formaliser en public). Mais une fille, je le maintiens. Avec une sensibilité et un grand besoin de délicatesse (en cherchant bien, je suis une petite chose fragile. Ok, en cherchant très bien). Las, j’ai comme l’impression que les mâles avec qui il y a eu, aurait pu, pourrait y avoir quelque chose (au choix) me confondent désormais avec un bonhomme. J’en ai parlé avec Lolita ma coloc et j’ai essayé de rentrer dans la peau de mon nouveau rôle. Force est de constater que ça ne fonctionne pas, je reste définitivement une fille. Je ne m’explique donc pas ce phénomène. Vous ne me croyez pas ? Des preuves j’en ai à la pelle (à défaut d’en…ouais, c’est bon, vous avez compris) !

  • L’effort 0. J’avoue, je suis naturellement bordélique (au grand dam de ma mère). Et j’ai des amis de tous sexes qui le sont tout autant. Jusqu’ici tout va bien, on s’en fout, ce sont des potes. La coutume veut que, lorsque tu es reçue chez un charmant garçon pour la première fois, l’appart sente le propre, l’homme sente le propre, le caleçon sente le propre. Ce qui est le cas. La première fois… La deuxième, bonjour bordel, crasse et fringues de la veille.  Un rencard suffit à me faire passer de potentielle à vieux camarade de chambrée.  J’avoue qu’il y a rarement de troisième fois tant je redoute Youporn en fond visuel et le concours de rots (en plus, je ne joue jamais si je ne suis pas sûre de gagner et, là, c’est clair, je perds tout de suite).

 

  • « T’es bonne Simone ». Je suis un vrai miroir. Mieux, un tournesol (je n’ai pas encore picolé, arrêtez vos sarcasmes). Autrement dit, je prends le pouls de la conversation et je m’adapte à la personne en face. Nul ne va me croire, mais en fait je ne sais jamais quoi dire. Mais jamais. Bien sûr, je pourrais parler uniquement de ma personne mais convenez que c’est limité (et répétitif, même moi je me lasse). Du coup, je raconte tout et n’importe quoi dans l’espoir que l’autre en face rebondisse sur quelque chose et lance la conversation. Très vite, j’ai donc droit aux histoires de taf, des beuveries entre potes, des anciens problèmes d’acné, des achats costumes/chaussures de marque, des ex, de grosses voitures, de travelos… J’ai même eu droit à une charmante anecdote de pénis qui gratte ! Mais ça, encore, ça va.  Je suis capable de parler de tout, je suis finalement peu contrariante comme fille. Toutefois, toute trashouille, rigolote et cash suis-je, je conserve un langage assez élaboré (parfois châtié, c’est plus fort que moi. Les propos crus nécessitent en fait un réel effort et beaucoup d’entraînement…Eh oui, c’est la triste réalité, je me force pour éviter de passer pour une princesse pédante). Je suis sans doute trop exigeante à attendre la même chose en retour. A la place, la conversation suit systématiquement le même chemin, celui du vestiaire pour hommes ! Pourquoi, je l’ignore, mais je m’entraîne désormais à m’exclamer « Suce mes boules » pour avoir l’air crédible.

 

  • « T’es bonne Simone » bis. Aaaaah les femmes, quelle plaie ! Pourtant on ne peut pas vivre sans elles. Enfin eux. Oui je m’y perds. Il va de soi que je suis toujours là pour soutenir et conseiller mes amis masculins. Mais quand il s’agit d’un homme qui me plaît, m’a plu, pourrait me plaire, un ex, et qui le sait pertinemment, que dois-je dire ? A moi donc toutes les histoires de plans culs passés ou à venir, les coups de cœur, les rêves d’amour toujours… Sans jamais que la personne en face ne se demande si cela pourrait éventuellement me blesser, heurter ma grande sensibilité, ou s’interroger sur le fait de passer pour un mufle ? Sans doute que mon pénis naissant est plus visible que mon cœur. Un bonhomme je vous dis ! Et comme le bonhomme est aussi un peu coconne empathique sur les bords, il conseille son nouveau pote sur comment choper de la gueuse. Pourquoi ne pas dire clairement les choses me direz-vous ? Déjà essayé, ça ne change rien, l’homme est naturellement sourd (et son poto Roberto/anciennement Pasd’Bol est tellement sympa qu’il est normal de lui raconter tout ça). J’envisage à partir de ce jour de me comporter en goujat(e) avec tous les hommes de mon entourage (en n’omettant aucun détail, aucun !), on verra si ça les éclate autant que moi (tiens ? Et si je parlais aussi de mes dernières règles, je suis en manque de copines à pénis).

 

  • « Tu sais ». Les hommes me parlent de tout comme si c’était une évidence pour moi. Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus, mais je dois virevolter dans l’univers parallèle des transgenres. Car moi, je sais. La dernière course automobile (ça m’intéresse mais d’une force), les dernières pratiques cul, l’ergonomie de Youporn, la SF, la coupe du monde de foot, les soldes chez Célio, le fonctionnement d’une moto, les comparaisons de préservatifs, la purée maison de ta mère. Tout ! « Tu sais, quoi ! ». Ben non, les mecs, je ne sais pas. Tu veux que je te parle du grand retour du chouchou dans la mode ? Ou du dernier épisode de Pretty Little Liars que franchement, Caleb torse-nu il est trop booooo ? Non ? Comprends pas.

 

  • « Tu me présentes Lolita ? » C’est vrai, j’ai une coloc bonnasse et chaudasse. Mais quand un homme me voit moi, j’ai toujours le naïf espoir d’être un tantinet intéressante et vaguement séduisante (sauf avec mes amis avérés, là les choses sont claires). Quand on me paye un verre, même si ce n’est pas le premier, c’est encore un peu tôt pour me rentrer dans la catégorie BFF/Wingman. Je ne suis pas Barney Stinson. Je n’arrange pas les coups. Alors me demander d’amener Lolita comme si j’étais un vieux mac, bizarrement, je le prends moyennement bien.  C’est vraiment legend…wait for it…pourri !

 

  • Musclor. Parce qu’en plus de mon pénis tout neuf, je détiens aussi la force toute puissante. Je comprends que j’en impose beaucoup avec mes biscottos, mais de là à me laisser porter les cartons lourds, pousser la voiture ou marcher à 50km/h, il ne faudrait pas exagérer. On rappelle que j’ai déjà du mal à soulever une poêle avec mes petits poignets, que je me fais des bleus pour un rien et que j’ai les yeux qui pleurent dès que je me casse un ongle (joliment manucuré). Mais ça ne doit pas se voir assez. Vite les soldes que j’investisse dans un marcel, un jogging et un bob Ricard !

 

  • Et la tendresse bordel ? J’ai l’air un peu glaciale comme ça, mais j’adore la douceur et les câlins. De fait, j’y ai souvent droit. La première fois. Après, je découvre les joies des grandes claques dans le dos. Check check bro !

 

  • Quand la musique est bonne… Un mec qui cherche à te plaire, au début, il te passe de la musique qui pourrait te séduire. C’est doux, envoûtant, ou alors c’est ton chanteur préféré. Puis il réalise qu’il s’est trompé sur la marchandise. Rebonjour Roberto ! Après Martine dans un camp Rom, Roberto découvre le metal, le rap ou les chansons les plus tordantes de Boby Lapointe. A quand « J’ai la Quéquette qui Colle » ? Je veux jouer à un jeu, le prochain qui vient chez moi, je lui impose l’intégrale Sandrine Paturel !

Et des comme ça, j’en ai un plein wagon. Ok, j’avoue, j’ai l’air un peu à cran vu comme ça. Mais il faut comprendre, c’est ma testostérone qui s’agite ! D’ailleurs, je suis inquiète, j’ai pris rendez-vous chez le médecin…

Il n’est jamais trop tôt pour surveiller sa prostate !

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