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22 avril 2011

appuyez.jpgC’est l’histoire d’un pétage de plombs. Je parle de vrais plombs, de ceux qui font fonctionner la fée électricité !

 

J’étais alors étudiante et je vivais seule dans mon petit studio. Et soyons honnête, j’étais loin d’être la reine de la débrouille (limite pas finie quelque part).

 

Nous étions un mercredi…J’appelle mon père pour lui indiquer que je prendrai bien un train pour venir chez lui le samedi (notez bien le jour) et que je le rappellerai plus tard pour le prévenir de l’heure. Peu de temps après, alors que je suis le point de me coucher (c’était le soir), pof ! Plus d’électricité ! J’ai beau faire marcher l’interrupteur et le disjoncteur, rien. Je vais me coucher en me disant qu’on verra ça quand il fera jour.

 

Le lendemain, ce n’est pas revenu, je suis dépitée. J’appellerais bien quelqu’un mais mon téléphone-répondeur est aussi mort que ma télé ! Eh non, le portable n’existait pas encore (enfin si, le Bi-Bop…non j’exagère, ça existait déjà mais peu de personnes en avait). Conclusion : éviter les téléphones deux en un si vous souhaitez appeler des secours !

 

Je vais à la fac (ben oui, j’étais une étudiante sérieuse) et j’en parle à mes amis. Là, ils m’évoquent la possibilité que ça vienne des plombs qui auraient sauté. Ma première question fut « c’est quoi un plomb ? »…je sais, pathétique, j’en étais à ce point-là.

 

J’enchaine les cours, la journée se passe et je rentre chez moi. Je regarde mon tableau électrique et je tripote tous les boutons. Je découvre où sont les plombs. Je les enlève, je les remets, rien ne se passe. Je fonce au Monoprix d’à côté et j’en achète…au hasard (pas dégourdie, j’étais).

 

Je change les plombs…forcément, ça ne marche pas. J’ai la flemme de ressortir, la nuit tombe, je décide de me faire une soirée « bougies/livre » en attendant le lendemain et d’autres conseils. Au pire, me disais-je, j’appellerai mon père, nous serions vendredi, comme je dois déjà lui donner mes horaires de train du samedi, je ferai d’une pierre, deux coups.

 

Vendredi matin, c’est une belle journée, je me lève, confiante en mes super talents d’électricienne débutante.

Je vais prendre ma douche en chantant. On frappe fort à la porte. Je cesse de me laver, j’enfile un peignoir et j’ouvre.

 

Là, je tombe nez à nez avec la police !!!!! Avant même de me dire bonjour, ils m’ont sommée de prouver mon identité, comme une vulgaire criminelle ! Pour quelle raison ? Ma « mère » les aurait appelée, desespérée, car je ne donnais plus signe de vie, que je vivais une mauvaise vie et qu’on ne savait jamais, que j’aurais dû appeler mon père depuis longtemps déjà et que je ne répondais plus au téléphone, que ma famille me pensait morte !

 

Sur le coup, je n’ai pas compris ! Ok, je ne répondais plus au téléphone (et pour cause), mais j’avais eu mon père le mercredi soir ! De là à s’enflammer…J’ai essayé d’expliquer la situation aux policier qu’on m’ont vraiment prise pour une demeurée, doublée d’une fille indigne et irresponsable. Ils sont partis en me disant « La moindre des choses est d’appeler votre famille plus souvent » ! Je veux bien, mais deux jours sans donner de nouvelles, ça méritait de sonner la cavalerie selon vous ?

 

Je vais à la cabine la plus proche pour appeler Maman Pasd’Bol et lui dire le fond de ma pensée concernant ses méthodes. C’est vrai ça, qu’est-ce que ça peut lui faire que je ne donne plus de nouvelles à mon père, ils sont divorcés depuis 1989 (où alors j’ai raté un épisode).

 

Là, j’ai eu le fin mot de l’histoire…Ma mère n’a jamais appelé la police (ça m’étonnait aussi de sa part)…Femme Papa Pasd’Bol n°2, en revanche…

 

En fait, le jeudi, mon père a cherché à me joindre car il était persuadé que mon train était le vendredi (un jour de cours, normal) et voulait mes horaires. A quoi a servi mon appel du mercredi, je me le demande…

Il n’a pas réussi à me joindre, mais n’a même pas entendu le répondeur !! Du coup, lui et belle-maman ont essayé toute la soirée ! Ma belle-mère qui tenait à moi comme à la prunelle d’un oeil de verre, s’est convaincue que j’étais ivre morte ou droguée / violée quelque part. Parce que, semble t-il, j’étais comme ça (euh ???). Dans sa crise d’hystérie (et son désir de salir mon image aussi), elle a fini par inquiéter mon père qui a appelé Maman Pasd’Bol. Cette dernière ne s’inquiétait pas (« elle a sans doute dû oublier de s’occuper de quelque chose d’important et remettre ça au lendemain », y a pas, elle me connaît bien Maman Pasd’Bol). Du moins pas au début. Belle-Maman, dans son hystérie a fini par la faire flipper (normal) et l’a obligée à appeler une vieille connaissance. Car, oui, le fond du problème était aussi qu’aucun de mes parents n’avait le numéro de téléphone de mes amis (je ne vivais plus chez eux depuis longtemps, ils étaient dans deux provinces différentes, à un moment donné j’ai estimé que ma vie m’appartenait). ma mère a retrouvé le numéro d’une vieille copine que je ne voyais plus depuis longtemps (et pour cause, c’était la pire langue de vipère de ma connaissance, la première à se réjouir du malheur de ses proches et d’en faire des gorges chaudes). Bien sûr, elle n’a pas été rassurée (ben oui, je ne fréquentais plus cette personne nuisible !).

 

Au final, Femme n°2 a pris sur elle d’appeler la police en les prevenant que « sa fille » de mauvaise vie avait certainement dû faire une conne
rie ou se retrouver dans une situation lamentable. C’est d’ailleurs, pour cette raison, que les policiers m’ont dit que j’avais bien fait d’ouvrir la porte…ils étaient à deux doigts de la défoncer pour voir si je n’avais pas été égorgée ou fait d’overdose ! Heureusement que mon premier cours de la journée était à 11h…

 

J’ai donc fini par appeler Papa Pasd’Bol et lui sonner fermement les cloches. Et lui sommer de noter toutes les informations que je lui donne concernant mes déplacements ou le calendrier de mes appels, s’il voulait éviter les malentendus (quand je dis samedi, c’est pas vendredi, c’est samedi…à part ça, oui, après un appel un mercredi, le second peut bien attendre deux jours tant que le train n’est pas parti !!)

 

Au final, ça l’a fait marrer, toute cette histoire (pas moi).

 

A l’heure où je vous écris ces quelques mots, Ex-Femme n°2 est toujours persuadée que j’ai inventé toute cette histoire, et, qu’en fait, je faisais une partouze avec des toxicomanes et que j’avais trop honte pour l’admettre !!

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