Aussi beurk qu’une poche digestive ?

11 mars 2012

repas-hosto.jpgSi si ça existe ! Ca s’appelle la nourriture d’hôpital.

 

Certains le savent, d'autres pas (mais je ne vois pas qui), en 2011 j'ai passé beaucoup de temps à l'hôpital pour cause d'endométriose. Mais la maladie n'est pas mon sujet?

 

Bref, quand on passe beaucoup de temps à l'hôpital, la vie suit son cours, même limitée sur 10m². On se créé un réseau  d'amis histoire d'entretenir sa vie sociale(merci les infirmières, surtout celles de nuit qui ont agréablement agrémenté mes insomnies), on fait du sport (vive les longues balades dans le couloir avec le déambulateur et la poche d'urine dans la main), on s'engueule avec les voisins (c'est pas parce que t'es vieille et mourante que tu dois mettre ta télé à fond non ?), on se lave le matin (youhou ma douche spatiale) mais aussi on répond à un besoin très basique : manger !

 

J'ai donc testé pour vous, manger à l'hôpital.

 

Je passe directement à la conclusion avant de poursuivre : ben c'est vraiment pas bon !

 

Quand tu arrives à l'hôpital pour une opération, tu balises un peu, surtout si l'opération est lourde. « Comment ça va se passer », « Vais-je avoir mal », « Y aura-t-il des complications », « Vais-je vite me remettre et sortir tôt », « Et si? » sont les questions qui se bousculent dans la tête du malade. Parce qu'il faut le dire, à moins d'être d'une autre planète, personne n'envisage un long séjour à l'hôpital le sourire aux lèvres (« ouaissss, super, je vais passer 15 jours à l'hôpital » « mais comment t'as trop de la chance !!! J'espère que ça sera bientôt mon tour ! »)

 

Seulement, il y a un aspect auquel tu ne penses pas, ou si peu, au moment de l'admission : que vais-je manger et vais-je y survivre !

 

Ok, on le sait tous, la nourriture d'hosto n'est pas réputée pour ses qualités gustatives. Ce n'est assurément pas the place to be de la haute gastronomie. Mais à ce point, j'aurais pas cru ! Je suis sûre que ça fait partie d'un vaste plan pour nous pousser à libérer le lit au plus vite (soit volontairement, soit par décès).

 

Quand tu sors d'opération (ou même la veille, d'ailleurs), la question ne se pose pas. Tu ne manges pas, voilà qui résout le problème. Bon, quand tu ne manges pas non plus le jour d'après ou celui-qui suit, tu sens comme un malaise. Non, la morphine, même à haute dose, ne remplit pas ton estomac. Et au bout d'un moment, tu ne planes même plus assez fort pour oublier que tu aimerais bien mâcher un truc.

 

Enfin on te nourrit?c'est là que tu regrettes ! Surtout si tu découvres ton régime particulier (tu veux tuer tes papilles ? Teste le repas sans résidus de l'hosto).

 

Non seulement tu n'as droit à rien de sympa, mais en plus le peu qu'on te donne ne peut être qualifié de comestible. Je me souviens, au début, j'avais juste droit à un bouillon (de quoi ? Mystère, je cherche encore). Le truc le plus infâme de ma vie ! J'ai vite supplié pour qu'on me file du thé (un horrible Lipton Yellow, vous dire si j'étais désespérée), peu rassasiant vous en conviendrez.

 

Puis est venu le solide. Tu veux maigrir ? J'ai entendu dire que l'idéal était de ne jamais finir son repas et de partir le ventre pas complètement plein?bingo ! Bienvenue dans le monde de la viande vapeur pas cuite, le poisson vapeur sans goût pas cuit, les pâtes vapeur trop cuites?et c'est tout. De mémoire, j'ai pas mal perdu.

 

Le pire moment ? En fait j'en ai deux !

N°2 dans le summum de l'horreur : le jour où j'ai eu un yaourt ! L'aide-soignante m'a ainsi apporté un plateau sur lequel j'ai immédiatement flashé ! Là, à côté du bouillon infâme, il y avait le St Graal : un Danone nature sans sucre. Je me revois encore, salivant (bavant même), heureuse comme une mamie qui a gagné au loto du village ! J'ai tendu ma petite mimine pleine de convoitise?quand soudain l'infirmière s'est précipitée dans ma chambre pour me voler mon yaourt !!! Une sale histoire d'erreur de plateau parait-il?mouais. Ce jour-là, j'ai été au bord du massacre collectif (avec mes deux perfs, ma sonde e
t ma poche médicale, j'étais coincée?y en a qui l'ont échappé belle !)

 

La palme revient à une autre erreur de plateau. Une qui a failli me tuer ! L'aide-soignante (une autre, la pas sympa) arrive et me donne mon plateau?casher ! Soit, c'est une erreur car je ne mange pas casher, mais bon, c'est de la nourriture et je pense naïvement que ça va peut-être être plus goûtu. Je passe sous silence (ou pas), le commentaire de l'aide-soignante qui me sort avé l'accent « c'y casher, c'y pas cher ». Perso, j'ai trouvé ça plus que limite (mais comme je n'allais pas lui dire ma façon de penser?ben oui quoi, elle tenait ma bouffe dans ses mains !)

 

Bref, je regarde mon plateau. Honnêtement, c'est appétissant ! Je trempe un bout de fourchette dans la nourriture?j'étais à deux doigts d'appeler la LICRA ! Pire truc mangé de ma vie ! Et comme je ne pense pas que la nourriture casher soit naturellement aussi atroce (sinon personne ne la mangerait), je me dis qu'avoir un patient malade, impuissant et réclamant un repas différent pour des motifs religieux doit rendre les cuistos de l'hôpital carrément sadiques !

 

Le bonheur, c'est quand tu rentres enfin chez toi. Ok, tu n'as toujours pas le droit de manger normalement, mais au moins, le peu que tu manges a bon goût

 

Je garde donc un souvenir impérissable de mon séjour à l'hôpital, ce qui n'est pas forcément une bonne chose sauf pour les biscottes du petit-déj qui  constituaient mon seul plaisir gustatif de la journée (pourtant, je déteste les biscottes). Tel  le chien de Pavlov, je me mettais à baver au premier rayon du soleil !

 

Mais j'ai retenu une chose essentielle ! Toujours planquer un paquet de gâteaux dans ses affaires et investir dans les bonbons au miel. TOUJOURS !

 

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