Bongo Bong

11 juillet 2014

ben-jerry-cookieLe cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas, c’est d’autant plus vrai quand on vit une grosse déception dans ce domaine. Non que je l’expérimente en ce moment car, là, je suis plutôt zen ayant bien d’autres priorités. Mais on va dire que j’ai pas mal donné fut un temps, de même que toutes les copines de mon entourage. De toute façon, qui arrive à la trentaine sans s’être ramassé au moins une fois ? (ok, j’en connais, mais ils sont en couple depuis l’adolescence).

Alors, oui, on se prend des bleus voire de grandes fractures cardiaques, mais c’est le seul jeu où l’on n’est jamais vraiment game over jusqu’au prochain changement de joueur. Maintenant, je ne vais pas vous faire un speech sur la différence entre l’amour et l’état amoureux (je garde ça pour un autre article), il va sans dire qu’on ne ressent pas la même chose entre un divorce après une très longue relation (vécu) ou un plantage en règle où l’on a pris ses vessie pour des lanternes (vécu bis), même si, sur le moment, on pense souffrir tout pareil avec le sentiment qu’on ne s’en remettra jamais.

Parce que c’est ça le truc. Sur le coup la terre (qui tourne toujours autour de nous, soyons honnête) s’arrête et on se lamente des jours entiers sur l’air bien connu « Tout est fini, fini, fini ». Pire, les amis toujours bien intentionnés (et clairvoyants) nous donnent des envies de meurtres en nous expliquant que ce n’est pas la fin du monde, que le meilleur est devant nous et qu’avec le temps on passera à autre chose. Énervant et pourtant 100% vrai. Mais, même s’il s’agit des mêmes conseils que nous donnerions nous-mêmes à quelqu’un dans la même situation, quand il s’agit de soi, on devient le pro de la mauvaise foi.

Toute la question, c’est pourquoi cette mauvaise foi justement… Parce que, sans doute, un chien qui a mal à la patte essaie naturellement de mordre tout ce qui s’approche d’une part. On réclame de l’aide, mais au final tout le monde nous agace à ne pas souffrir pareil (et même si une copine fraîchement plaquée après 15 ans d’amour venait, elle n’est pas nous donc on l’envoie bouler). Aussi, car on se dit que les gens ne peuvent pas comprendre (bah tiens), ils ne sont pas dans notre tête, ni dans celle de l’autre, ils n’ont pas vécu ce qu’on a vécu (objectivement, nous non plus mais passons, on n’est pas très clairs la tête dans notre pot de glace). Ils ne savent pas, point. Oublions donc qu’un regard extérieur est forcément plus objectif que le nôtre…

Au delà de ça, dans 85% des cas (statistiques affirmées par moi-même), la relation est souvent totalement idéalisée, de même que l’autre. L’objet de notre affection est parée de toutes les vertus (avec des périodes en dent de scie et des pointes de colère contre l’objet aimé), on surinterprète le passé et les mots échangés (car on est télépathe, cela va sans dire), on prête à l’autre des intentions qu’il n’a jamais eu (ce qui nous transforme en super héroïne de notre film auto-produit) et l’on se dédouane souvent de notre propre responsabilité (non, pleurer « Mais pourquoooiiiiii ça n’arrive qu’à moi, qu’est-ce que j’ai fait, whyyyyy ? » ne nous fait pas prendre conscience de nos torts s’il y en a).

La question est donc la suivante : pourquoi est-ce qu’on se prend autant la tête pour un type qu’on connaissait assez peu, qui n’a pas voulu de nous (se mettre avec nous, rester avec nous, c’est pareil), qu’on pense qu’on n’aimera plus jamais, que notre avenir est foutu et qu’on ne s’en remettra pas ? Comme d’habitude, je n’ai pas la réponse, je l’ai fait comme tout le monde. Et comme tout le monde, j’ai bien vu que le temps remet toujours les idées en place. Parce qu’il est là le secret, le temps. Combien de fois ai-je revu l’autre plusieurs mois ou années plus tard en me disant « Mais qu’est-ce qui m’a pris ? » et « Qui est cet mec pas terrible ? » voire « C’est quoi ce gros beauf décérébré ? ». De fait, je l’ai même ressenti il y a peu (d’où l’article). Ce qui est bien la preuve qu’on se focalise souvent sur quelqu’un qui n’en valait pas la peine et nous a rendu, au final, un fier service. Le truc quand on vient de se ramasser est donc vraiment de se demander pour quelle raison on s’accroche autant, et si l’on a pas un truc à résoudre avec nous-même avant tout. Et de réaliser que le temps est notre meilleur ami (c’est également le seul à pouvoir transformer une relation en devenir en véritable histoire d’amour, plutôt qu’un coup de foudre illusoire ou une étincelle immature). Quelque part, Bridget Jones ne dit pas mieux quand elle réalise enfin qu’elle a couru pour rien après ce gros nul de Daniel Cleaver. Attendre sans se prendre la tête est donc la meilleure façon de se remettre d’une peine de cœur…

D’un autre côté, j’enfonce une porte ouverte là. Parce qu’on sait tous au fond que ça passera, que c’est un peu ridicule, que l’autre n’en vaut pas la peine, que la vie continue…ce qui ne nous empêchera pas de replonger dans la Ben&Jerry’s au prochain coup.

Le tout c’est de ne pas perdre l’essentiel de vue : les kilos en trop…ou nous-mêmes, je sais plus !

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