C’est pas du tout ça !

19 septembre 2011

C-est-pas-du-tout-c-a.jpgLes semaines s’enchaînent et sont de plus en plus difficiles…le boulot ? les galères ? le temps ? Non, je parle du rendez-vous de la Fée Passie, C’est pas du tout ça, qui met notre imagination à rude épreuve. Les expressions sont de plus en plus dures, si ça continue, je vais finir par vous en donner la vraie définition ! Enfin, je suis une femme de défi…

 

Cette semaine, j’ai dû me pencher sur l’expression « faire vibrer la corde sensible » et j’ai encore dû faire appel à ma grande connaissance de l’Histoire de l’Humanité.

 

On a tendance à l’oublier à cause de nos modes de vie modernes où chacun à accès a son voisin, mais le Moyen Age était une époque très cloisonnée où les communautés ne se mélangeaient pas entre elles. Certaines communautés étaient d’ailleurs rejetées (malgré une légère tolérance liée à des événements exceptionnels) et confinées entre elles. C’était le cas des gens du cirque ! Bien sûr, ils pouvaient se produire dans les villes et villages lors d’occasions données et circuler dans les royaumes, mais ils ne pouvaient rester trop longtemps sur un même territoire ou se mélanger aux habitants car cela était mal vu par l’Eglise. En effet, si l’Eglise pouvait accepter que le peuple s’amuse lors de circonstances festives, ceux dont c’était le métier étaient forcément de mauvais chrétiens, se moquant de tout (y compris du clergé), vivant de manière obscène (les trapézistes étaient légèrement vêtus) et donnaient un mauvais exemple aux travailleurs.

 

Mais il serait faux de croire que les gens du cirque étaient condamnés à une vie d’errance et restaient nomades. Car ils possédaient leur nation sur l’Ile Bozo ! Tous les gens du cirque du monde vivaient sur cette grande île et ils possédaient leurs coutumes, leurs villes, leurs familles, tout ça en toute liberté. C’est aussi là-bas qu’ils se mariaient, fondaient un foyer et élevaient leurs enfants. C’est de là que nous vient l’expression « le cirque est une grande famille » !

 

Parmi les coutumes particulières existant sur l’Ile Bozo, propres à cette communauté, il en est une qui avait retenu toute l’attention des contemporains, ceux-ci l’ayant largement commentée : la cérémonie de la corde !

 

En effet, en général au Moyen Age, les parents décidaient du mariage de leurs enfants dès leur plus jeune âge, ou il restait la possibilité du mariage d’amour (rare). Au contraire, sur l’Ile Bozo, on croyait au mariage décidé par le destin ! Et c’était au prétendant d’être acteur de son destin.

 

Aussi, lorsqu’un Bozo (les habitants de l’Ile Bozo s’appelaient…les Bozos !) était en âge de prendre femme, ses parents organisaient, dans le plus grand secret, la cérémonie de la corde.

 

Ainsi, sans y être préparé à l’avance, le jeune homme était convié à rejoindre sa communauté sous un grand chapiteau. En effet, on ne prevenait jamais le promis de la date fixé pour éviter de fausser le destin…

 

Arrivé sous le chapiteau, devant des centaines de spectateurs, le promis se retrouvaient devant plusieurs dizaines de cordes pendant devant lui, mais le chapiteau était si haut que le jeune homme n’avait aucun moyen de voir ce qu’il y avait tout en haut.

 

La cérémonie pouvait commencer. Le jeune homme était donc tenu de secouer une corde au hasard et de voir ce qui tomberait. Car, en haut de chaque corde, il y avait plusieurs jeunes filles en âge de se marier, mais aussi des objets, des confettis…D’où l’importance du secret, afin que le jeune homme secoue les cordes au hasard !

 

En faisant vibrer une corde, le Bozo pouvait voir tomber un pot de fleur, un piano (d’où l’intérêt d’être agile et rapide au risque de ne jamais se remettre de la cérémonie, mais bon, c’était le destin), des fleurs, des seaux d’eau…ou une jolie jeune fille avec qui bâtir sa vie.

 

Bien sûr, toutes les jeunes filles ne tombaient pas, certaines étant bien accrochées, mais le destin décidait tôt ou tard d’en faire tomber une dans les bras du Bozo. Si le destin l’avait décidé, c’est qu’il s’agissait forcément de la femme de sa vie.

 

Normalement, aucune des jeunes filles ne savaient qui étaient le Bozo secouant la corde (il était bien trop bas pour le reconnaître), mais parfois, certaines, avec la complicité des organisateurs, avait connaissance du promis et se laissait tomber dès la première vibration de leur corde. Mais ce genre de tricherie était assez rare, on respectait le destin sur l’Ile Bozo.

 

Pour avoir fait « vibrer la corde sensible » (donc la bonne corde) et obtenu sa future femme, le Bozo avait la garantie d’une union bénie et destinée à connaître joie et bonheur. Ce qu’il avait bien mérité, après avoir fait tomber un tas d’objets dangereux en secouant toutes les cordes, risqué sa peau en quête d’amour et souvent n’espérant pl
us, ne voyant aucune jolie jeune fille tomber.

 

C’est de là qu’est née l’idée que c’est lorqu’on s’y attend le moins que l’amour finit toujours par vous tomber au coin de la g…du museau !

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