C’était mieux avant !

10 décembre 2012

c-etaitmieuxavant-copie-1.pngNon, je ne vais pas vous la jouer Cabrel, des abeilles qui ne sont plus les pots de confitures et des méfaits de la civilisation moderne. En fait…je vais vous parler recherche d’emploi (je sais, celle-là, personne ne la vue venir) !

 

Si vous vous dites que je vais opposer la recherche de taf avant la crise et après, combien c’était plus simple et plus rapide quand les annonces couraient les rues, là encore c’est perdu.

 

Comme vous le savez, je suis devenue une pro de la recherche d’emploi (beaucoup moins de la prise de fonction et de l’obtention du taf mais c’est un autre sujet). Des entretiens, j’ai probablement dû en faire entre 50 et 100 depuis que j’ai commencé ma carrière et je pèse mes mots. Bon, on est bien d’accord, je détiens sans doute la palme des entretiens les plus tordus ! Heureusement, j’en passe aussi des normaux, n’exagérons pas. Toutefois, plans foireux ou entretiens sympas, j’ai quand même une réelle expertise, un argumentaire bien rôdé, une attitude définie et une routine bien en place. Mais ça c’était avant…

 

Lors de mon dernier emploi (qui mériterait un livre à lui tout seul), j’avais également pour tâche de recruter les gens de mon service. Je dois dire que le challenge me plaisait, l’idée de passer de l’autre côté (devenir Responsable com a ses avantages) n’était pas dépourvue d’intérêt. Evidemment, je ne savais pas encore que je bossais dans une société très…spéciale et qu’en fait je choisissais les CV de ceux qui pourraient me remplacer. Mais bon, ne tirons pas sur l’ambulance (même si on achève bien les chevaux) et revenons au propos initial : Pasd’Bol recruteuse.

 

Pour avoir longtemps cherché et passé pas mal d’entretiens, j’avais une petite idée de mes attentes, de la conduite à tenir et des questions à poser. Et comme je suis aussi sympa que compatissante, j’ai évité les trucs bateau « citez-moi vos qualités et vos défauts » « Qu’est-ce que vos amis pensent de vous ? » et autres « où vous voyez-vous dans 10 ans ? ». Bon, le hic c’est quand tu fais passer l’entretien avec un chef qui n’est clairement pas taillé pour ça, ne connaît rien à la com et souhaite juste quelqu’un de sympa prêt à bosser toute la nuit (demandez à Super CV, elle s’en rappelle encore). C’est encore pire quand il souhaite avoir la vedette et ne te laisse pas vraiment en placer une (surtout quand tu essayes de recadrer la discussion sur l’essentiel plutôt que sur des points de détails aussi essentiels que « Sinon, tu fumes ? »). Néanmoins, j’ai fait passer des entretiens…

 

C’est très bizarre d’être à la place de celui qui décide, quelque part ça te donne une sorte de toute puissance (et une pression aussi car tu es celle qui devra faire un choix et dire non à des gens qui ont vraiment besoin de bosser). Ce qui l’est plus et m’a beaucoup surprise, ce sont les candidats eux-mêmes. Un truc important en entretien, c’est de savoir gérer son stress, de se montrer sûr de soi, confiant, pour justifier que tu es la bonne personne à la bonne place. Pas facile, j’en conviens, mais c’est quand même ce qui fait la différence. En entretien, je suis aussi stressée que n’importe qui (surtout quand la période est critique), mais j’évite de le montrer, j’essaye d’être naturelle, sympa, positive et ayant foi en mes propres capacités (c’est sans doute pour ça que j’arrive tout le temps deuxième).

 

Mais là, c’était le contraire. Hormis Super CV (que je n’ai pas eu le droit de rencontrer, et pour cause !), je me suis retrouvée à mettre sur la sellette des candidats hyper anxieux, transpirants, bredouillants, cherchant désespérement à convaincre comme si leur vie en dépendait (ce qui pouvait être le cas). Pas facile de les écouter ressasser leur argumentaire manifestement appris par coeur comme la scène 2 de l’acte 5, ne jamais dévier pour rendre la conversation spontanée, ou de les voir s’éponger le front à chaque seconde.

 

Non que je me moque, je me mets très facilement à leur place (place que je connais mieux que personne), mais justement, j’étais extrêmement mal pour eux et mal à l’aise de fait. Et je les plaignais d’être aussi flippés passé 30 ans sachant que ça les desservait forcément. En tout cas, à mes yeux, ça les desservait. Comment se projeter avec un candidat ne sachant gérer son stress malgré son expérience professionnelle, surtout dans la communication où le but est de savoir vendre et se vendre ? Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que mon chef a finalement embauché le plus pathétique de tous parce qu’il trouvait normal de bégayer de peur en entretien (je doute qu’il finisse DRH un jour). Sans doute le côté desespéré prêt à tout a joué (bon ses comptences aussi, je n’avais pas sélectionné son CV par hasard).

 

Mais quel rapport avec mon titre me direz-vous ? C’est simple ! Depuis que j’ai quitté mon poste et repris ma recherche, je ne suis plus capable d’avoir le même état d’esprit d’avant cette expérience. Dès que j’ai un entretien, je me rappelle de ces candidats désespérés et, d’un coup, je sens le stress m’envahir et mes mains devenir moites. Mon rythme cardiaque s’accélère, mon débit de paroles aussi, je peine à trouver mes mots…Bref, ils m’ont contaminée !

 

C’est comme lorsque tu as une (petite) culotte de cheval (ça parlera à ces dames). Tu sais que tu en as une, comme tout le monde, tu t’en fous et tu vis avec sans te prendre la tête. Puis, un jour, tu rencontres des nanas hyper mal dans leur peau et complexées, tu entends certaines remarques dans la rue et tu commences à te demander « Chez moi aussi c’est moche ? ». Là, c’est la dégringolade, tu commences à te scruter dans le miroir, porter des pulls longs et larges, à faire attention au regard des gens, jusqu’au jour où ça t’obsède véritablement.  Ben, dans ce cas, c’est pareil ! En entretien, maintenant, je panique (« et si j’étais comme eux ? », « et si je me mettais à transpirer ? », « mais quelle image je renvoie au recruteur ? »).

 

Je vous rassure, je me soigne pour revenir à l’état initial : la win attitude. Mais ce n’est pas évident.

 

En tout cas la recherche d’emploi, c’était mieux avant…quand j’avais un job !

 

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