Comment poussent vos fleurs ?

21 décembre 2013

inspirationA première vue, mon titre indique que je vais parler jardinage. Hélas pour toi Lecteur (ou heureusement), j’ai le regret de t’annoncer que je suis loin d’avoir la main verte. Même plutôt le contraire, ça serait plus la main de la mort (je tue même les cactus). Bien sûr, je pourrais vous parler de mes fleurs préférées (les lys Casablanca, ou Casa, pour info), ou de celles que je déteste le plus (les chrysanthèmes et plus encore les géraniums, je les hais d’une telle force que j’aimerais les faire disparaître de la nature). Mais au final, ce n’est pas très palpitant comme sujet…

Certains fans (pas les miens), auront reconnu dans ce titre un discret hommage à la reine du crime, Agatha Christie, dont je connais l’œuvre par cœur. Pourquoi cette référence ? Parce que je m’apprête à répondre à une question qu’on me pose souvent « Mais d’où tires-tu l’inspiration pour tes articles ? »

En effet, Agatha y répond souvent dans son autobiographie Dîtes-moi comment vous vivez ou dans ses romans par la voix de son alias Ariadne Oliver. Non que je me compare à cette grande dame, mais remarquez les similitudes, dans mes articles aussi on retrouve un personnage charismatique (et égocentrique), une intrigue haletante, un suspense, un dénouement (ok, il y a peu de happy ends dans VMG), de l’humour…

En fait, d’où viennent mes articles ? La réponse est simple, de moi (tout ça pour ça) ! D’accord, elle n’est pas aussi simple qu’elle y paraît. Tout d’abord à ceux qui loue mon imagination débordante, je dois avouer une chose essentielle, tout est vrai (malheureusement pour moi). C’est ma nature d’historienne qui parle, je déteste inventer des faits. Donc les moindres détails qui peuvent sembler énormes sont forcément véridiques. Pas besoin d’avoir d’inspiration pour ça, vu que les événements arrivent dans la réalité (je suis d’un pragmatisme qui fait peur). Toutefois, là où je me dois d’être inspirée, c’est dans le traitement des faits, pour les rendre drôles, accessibles à tous (il est difficile de se retrouver dans la vie d’autrui, surtout quand on ne connaît pas la personne) et identifiables. Un des plus beaux compliments que l’on puisse me faire c’est « Sacrée Pasd’Bol, c’est tout toi ! » ou « Si ce n’était pas toi, je ne le croirais pas ». Ce qui a quelque chose de triste à bien y penser puisqu’en règle générale les pires galères n’arrivent qu’à moi. Mais enfin, cela veut dire que le traitement de l’article est réussi, que le message est passé, que j’ai réussi à faire rire un peu (ok, un peu à mon détriment c’est certain) et apporter un peu de folie à ce monde triste et difficile. Mais surtout montrer que rien n’est insurmontable tant qu’on prend les choses avec le sourire.

Maintenant, il ne m’arrive pas que des galères (enfin, pas tous les jours) et il faut bien alimenter le blog. C’est souvent là que je ponds des articles « généralistes » dans lesquels tout le monde (je l’espère) arrive à se retrouver, qui, malgré un certain délire, posent quelques questions de fond. Là, oui, il faut trouver l’inspiration. Parfois, une idée ou un bon jeu de mot traverse ma tête, comme ça, sous la douche, quand je dors, dans le métro. Et un article se dessine autour de ça (assez rapidement du reste). Contrairement à beaucoup de blogueuses, je n’ai pas de petit carnet où je prends des notes dès que j’ai une idée. Mon truc à moi, c’est la mémoire (elle est un peu flippante dixit les gens qui me connaissent). Je me souviens de tout (je ne prends même pas de notes en réunion, en général je fais semblant pour rassurer mon employeur), quitte à développer mon article des mois plus tard. Eh oui, il m’arrive de sortir un texte qui va traiter d’une déception, d’un coup de cœur, d’une anecdote des siècles après (ce qui peut entraîner certaines confusions pour ceux qui lisent).

Parfois, ce sont les autres qui alimentent ma plume (souris). Des mots pris à la volée au détour d’une conversation (dont je ne fais pas forcément partie), l’histoire de quelqu’un d’autre, une affiche dans le métro, un statut Facebook, ou un délire entre copines lors d’une soirée filles. Il arrive même qu’on me dise spontanément « T’es trop forte, tu devrais écrire là-dessus ! » quand j’ai sorti un trait d’esprit (parfois fortement avinée). Et, rarement, mais ça arrive, il se peut que j’écrive à la suite d’une vraie demande car cela semble important pour quelqu’un que j’apprécie.

Évidemment, vous l’aurez compris, je suis ma propre ligne éditoriale et ne parle que de ce que je connais. Mais que l’on ne s’y trompe pas, VMG ne reflète qu’une partie de ce que je suis (idem pour ma page Facebook, même la perso), l’humour reste mon meilleur masque, la connerie aussi. Super CV m’a dit un jour « C’est dingue, on a l’impression que tu racontes toute ta vie, mais en fait tu ne dis rien de toi », ce que j’ai trouvé très surprenant de la part de quelqu’un que je connais depuis peu (‘fin, ça fait plus d’un an maintenant) car on me perce assez difficilement à jour (vous dire combien cette fille est géniale et pourquoi je l’aime autant). Néanmoins, les articles vraiment personnels sont assez rares ici. Il est exceptionnel que je parle d’une personne en particulier (pour la fête des mères, la naissance de ma jolie nièce, le décès de mon amie, ma colère contre mon père, les facéties de M. Pasd’Bol…) et plus encore que je règle mes comptes (la minaudière). Parce qu’il y a un côté indécent à trop se révéler, à trop donner de soi en public, ou s’en prendre à quelqu’un sans lui donner de droit de réponse direct. Je suis plutôt du genre à dire les choses de vive-voix, mes sentiments ou ma colère. Chacun sa pudeur, je garde l’essence de mon âme au secret quitte à en faire des tonnes pour tout cacher. Mes émotions, mes sentiments, mes pensées, ma tristesse, n’ont pas vocation à être exprimés, mais cela arrive. Dans ce cas je généralise et, même là, je ne mets qu’un peu de moi, un peu de ma propre vérité dans le texte publié. Je dois avouer que je fais la même chose dans la vie…

Cependant, il m’est arrivé de rédiger des textes (ils se comptent sur les doigts d’une main) réellement personnels. Intimes même. Fort heureusement, ce sont ceux qui marchent le moins. Ce qui est une bonne chose pour moi car j’ai l’occasion d’exprimer (exorciser) quelque chose qui me tracasse ou me peine, mais ce sera peu lu et vite oublié. Je pourrais être déçue que mes textes les plus sincères soient jugés moins intéressants, mais en fait je suis soulagée (je suis une fille très paradoxale, il faut le savoir).

En fait l’inspiration, c’est aussi simple qu’un éclat de rire ou une larme qui coule, le tout c’est de savoir comment on a envie de le communiquer. Et ça, ma brave Lucette, ça s’appelle le talent !

Tout est dit…ô Lecteur qui me lis…Lecteur qui me manques…

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