Dans le doute, raccroche !

19 décembre 2012

raccrocher.jpgParfois, tu te lèves et là, tu le sais, tu le sens. Tu aurais mieux fait de rester couchée. Bon, déjà parce que tu t’es fait opérer 48h avant et que tu sens encore les effets de l’anesthésie générale. Mais aussi par instinct. Tu l’as deviné, ta journée sera pourrie de A à Z.

 

Aujourd’hui, j’avais décidé de relancer le recruteur qui m’avait confirmé deux fois qu’il m’appellerait vendredi dernier. Et que j’étais dans son top 2 (youhou). Nous sommes mercredi, je le sentais mal. De fait (et vous vous doutez de la suite), je n’ai pas eu le poste mais je suis géniale, tellement qu’il a été frappé par ma personnalité (ça me fait une belle jambe). Passer de top 2 à top lose, ça commence mal la semaine !

 

Puis, le miracle s’est produit. Un coup de fil d’un numéro inconu ! L’espoir renaît, c’est un recruteur !! Ouais, ben si j’avais su, je n’aurais pas décroché…

 

Tout d’abord il me rappelle le nom de sa société puis me pose des questions sur l’annonce. Euh…comment te dire recruteur que sur la centaine d’annonces que je lis, j’ai dû mal à les retenir par coeur (même si je les stocke dans un coin, mais il faut me laisser le temps de les trouver). Déjà, ça démarre mal. Ensuite il m’explique qu’il a retenu 8 CV sur les 450 reçus, dont le mien. Je recommence à être optimiste : après tout si on garde ton CV sur 450 c’est qu’il y a des raisons ! Après cet entretien téléphonique, je me suis demandé lesquelles…

 

Il faut savoir que j’avais affaire à Big Boss de Big Société himself et qu’il était comme tous les hommes d’affaires qui ont réussi, pressé et arrogant. Ca te pose l’entretien, Lecteur. Donc ses premières paroles ont porté sur mon âge. Apparemment ma grande jeunesse ne lui inspirait pas confiance. Ce que je peux comprendre, mais pourquoi m’appeler dans ce cas ? D’autant que l’annonce (j’ai fini par remettre la main dessus) précisait qu’il fallait au moins 15 ans d’expérience, je n’en ai que 10 (j’avais tenté au cas où) et n’avais pas menti sur ce point. Comme il me l’a gentiment dit, il est hors de question de confier sa communication à n’importe qui. Euh ok (là t’avais du temps à tuer, tu voulais prendre de mes nouvelles ?)

 

Autre point sur lequel il m’a taclée : les résultats. Moi naïvement, je pensais qu’on allait aborder les points de mon CV. Point du tout, Big Boss voulait du chiffre, du concret. Comme il l’a si bien expliqué « Moi si je paye, j’en veux pour mon argent » (la classe). Il a même ajouté élégamment « Vous avez beaucoup de compétences sur votre CV, moi je m’en fous, je ne veux pas des gens compétents mais des gens qui me rapportent des résultats positifs ». J’aurais dû me douter, ceci dit, une annonce qui demande 15 ans d’expérience en communication mais précise que tu seras payée en fixe + commission est un bon indice sur la mentalité de l’entreprise (business avant tout) et sur ce qu’on risque de t’imposer.

 

Il s’est donc chargé de m’expliquer ce qu’il entendait par résultats (+30% de chiffre d’affaires, +50% de notoriété), ce qui est très gentil car apparemment je l’ignorais (et vu qu’il ne m’a pas laissé en placer une, une seule fois, j’ai eu du mal à le détromper). Mon erreur, avant de rentrer de suite dans le vif du sujet a été de lui dire que tous mes résultats ne sont pas chiffrés et surtout rarement lié au chiffre d’affaires final de l’entreprise (ça arrive, mais on ne juge pas forcément la communication par rapport au commercial). Là, j’ai senti que je l’avais énervé. J’ai donc dû le couper (quand je vous dis qu’il ne me laissait pas parler) et lui donner un exemple concret, tangible. Il était déjà plus content et en a profité pour me reprocher de ne pas l’avoir mis sur mon CV (qui fait déjà 2 pages).

 

Là, fière de moi, j’en profite pour en placer un deuxième (car, oui Lecteur, j’ai eu des tas de résultats dans ma vie). Et comme je ne suis pas la moitié d’une imbécile, je lui case un exemple réussi dans une boite qu’il connaît bien et avec qui il travaille ! Malin non ? Ben pas tant que ça, finalement. A peine commencé qu’il m’a coupée pour me balancer les derniers potins sur la boite (euh…chouette ?) et ne m’a pas rendu la parole. C’est là qu’il termine par « Bon, j’ai eu ce que je voulais, merci de m’avoir consacré du temps, on va en rester là ». J’essaye quand même de lui donner mon avis : pas eu le temps de dire quoi que ce soit, de justifier mon expérience par des résultats ou même eu la chance de me vendre. Sa réponse « Ca me suffit, j’ai l’habitude d’aller vite, de toute façon vous ne conveniez pas ».

 

Parfois je m’interroge vraiment sur la santé mentale des gens qui cherchent des employés. Pourquoi retenir un CV qui ne correspond pas et sur lequel on a des doutes ? Pourquoi perdre son temps à appeler la personne ? Et surtout, pourquoi l’appeler sans lui laisser le temps de parler ou même  répondre aux questions qu’on lui a posé ? Sadisme ? Ennui ? Mauvaise matinée ? Mystère…

 

Bon, je vous rassure, dès les premières secondes, je m’étais déjà fait une bonne idée du personnage pour avoir déjà eu un boss similaire : control freak, prétentieux, lunatique, méprisant et capable de t’humilier en public (bon, je vous passe tous les détails de l’entretien, mais il y a eu 5 bonnes minutes de « moi moi moi, je je je »). Ca se sentait et la suite de l’entretien a renforcé cette impression, surtout quand il m’a dit
que la communication n’était pas son métier mais que, comme c’était lui le grand patron, il gardait la main dessus et il fallait faire ce qu’il décidait (pourquoi chercher un responsable com ? Je ne sais). Toutefois, si j’avais eu le poste, j’y serais allée (je fais dans la prostipute intellectuelle). D’où ma frustration, j’ai perdu du temps, de l’énergie (j’ai eu l’impression de sortir d’un match de boxe, vous dire l’échange) et surtout, ça m’a inutilement cassé le moral.

 

Avis à tous les recruteurs : si un jour vous tombez sur mon CV, qu’il ne vous convient pas et que vous avez 5mn à perdre, au lieu de m’appeler je vous suggère d’en faire de l’origami. C’est joli, ça décore et ça détend.

 

origami.JPG

 

Je retourne me coucher maintenant, j’attends jeudi…

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • le recruteur m\a dit qu\il m\appellerait pour un 2eme entretien mais je n\ai pas de nouvelles