De la faiblesse humaine…

3 février 2014

lachetéIl y a quelques jours, j’expliquais les dessous de la fameuse étincelle (qui est portée disparue à Paris, tout le monde la cherche, plus personne ne la trouve) et surtout le fait qu’il y a une forme de lâcheté intellectuelle à se complaire dans cette quête. Une façon de ne pas grandir, de ne pas affronter l’amour avec un A, de ne pas se remettre en question…bref, de repousser le monde réel (bien qu’il faille garder du rêve et de la magie nous sommes d’accord).

Parce qu’il faut admettre un fait, l’homme est naturellement lâche. Et quand je dis homme, je veux dire Homme (la femme est un homme comme un autre). Il va de soi qu’on le vérifie puissance 1 000 sur les sites de rencontres, mais en vrai c’est tout pareil, quoique plus dilué.

Alors, comment faire face à soi-même et à l’autre ? Inutile de vous dire que j’ai des idées…

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Ce que l’on fait : Plutôt que de dire à l’autre qu’il ne nous plaît pas, que beurk mais jamais quoi, on fait le mort.

Ce qu’il faudrait faire : Ok, on pourrait être totalement honnête mais c’est drôlement dur. Autant biaiser, un simple « Le courant ne passe pas avec mes chats et ils sont ma priorité » fera l’affaire. NB : on peut remplacer par sa mère, ou son voisin de palier.

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Ce que l’on fait : Rompre c’est dur, surtout quand on n’a pas grand chose à reprocher à l’autre. En général (et au choix) on devient détestable pour que l’autre mette fin à la relation, on envoie un texto ou on colle un post it, on invente une histoire de break pour réfléchir (ce qui laisse un mince espoir) ou on fait le mort (marche dans tous les cas).

Ce qu’il faudrait faire : C’est comme un pansement, faut le retirer vite. L’idéal est donc de tromper son conjoint dans son lit à l’heure où il est supposer rentrer.

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Ce que l’on fait : Il, elle nous manque, ces adieux doivent-ils être fermes et définitifs alors qu’on en a jamais été bien sûr ? Mais on n’ose pas le lui dire de peur de se faire envoyer bouler… Du coup, on prend des nouvelles de manière détournée. On va tous les jours sur sa page Facebook via le compte des amis communs, on pose des questions, on pirate sa messagerie ou l’on va sur son blog. C’est un peu nul et on se prive d’une vraie chance de revoir la personne.

Ce qu’il faudrait faire : M.Pasd’Bol m’a fait le coup du « Je passais dans le quartier avec des bières » quand j’ai ouvert ma porte. Ok, je me suis moquée mais j’ai trouvé ça courageux. On n’est pas obligé d’aller aussi loin. Un texto ou un mail avec « Salut, tu vas bien ? », « Je pense à toi, que deviens-tu ? », « Tu me manques, on se voit cette semaine ? » ou, mieux, un coup de fil, gratuit, comme ça, parce qu’on y pense, fera toujours plaisir. Mon rêve : recevoir un message contenant le mp3 de Lettre à France de Polnareff, ce qui me rendrait douce comme du cashmere 6 fils.

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Ce que l’on fait : Pas facile de dire à quelqu’un qu’on s’est servi de son corps juste pour combler une pulsion, mais que lui, ou elle, on s’en tamponne le coquillard (d’ailleurs, on ne lui a jamais demandé de parler). Seulement voilà, on ne se tape pas une poupée gonflable ou un lapin (enfin, ça se discute, parfois) mais une personne qui mérite un poil de respect. En général, on fait le mort (ce truc cartonne partout), du moins jusqu’à la prochaine envie, on ne dit rien (pour se garder un match retour en réserve des fois que le Prince ou la Princesse Charmante dont on rêve n’arrive pas), ou on laisse une porte ouverte.

Ce qu’il faudrait faire : Un de mes potes a été cash dans sa prime jeunesse et avait balancé à la nana que c’était juste pour la nuit. C’est honnête certes, mais ça ne se fait pas en plein coït, c’est un peu indélicat. Que faire si on n’ose pas être honnête ? Facile, « Grâce à cette nuit, j’ai enfin réalisé que j’étais gay, merci ! », « Grâce à toi, j’ai compris combien j’aimais ma femme/mon ex » et on claque la bise et la porte. Simple, je vous le disais.

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Ce que l’on fait : Cette personne nous plaisait, on le lui a dit…dommage, maintenant que c’est réciproque on a changé d’avis. Du coup, on fait le mort.

Ce qu’il faudrait faire : Pas le mort. A défaut de prendre son courage à deux mains et d’envoyer un mail long comme le bras qui se termine par « A bientôt, peut-être, je ne sais pas », on peut très bien s’inventer un drama familial ou juridique qui risque de durer des mois et l’on rend sa liberté émotionnelle à l’autre.

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Ce que l’on fait : On l’aime mais parfois l’autre nous saoule grave à nous raconter sa vie en boucle. En général, on hoche la tête en faisant « Oh ? » ou « Ah ? »

Ce qu’il faudrait faire : On hoche la tête en faisant « Oh ? » et « Ah ? ». Parce qu’on ne peut décemment pas dire à l’autre « T’es sympa, mais tu la fermes quand ? ». Et qu’il faut être honnête : l’autre en a sans doute autant à notre service.

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Ce que l’on fait : Il ou elle nous plaît mais on ne sait pas comment le lui dire. Du coup on envoie un tas de signes qui ne sont clairs que pour nous.

Ce qu’il faudrait faire : Pas évident de se lancer dans une grande déclaration même si se manger un mur n’a jamais tué personne. Mais on peut être clair (surtout si l’on a de bonnes jambes) : le baiser qui dérape ou chat-bite marchent très bien (et une fois fait, c’est à l’autre de gérer sa lâcheté pour nous envoyer promener, tout bénéf).

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Ce que l’on fait : On souhaite avoir un premier RDV, ou un deuxième, mais on n’ose pas demander. Pourtant qui ne tente rien…Ben, justement, on ne tente rien !

Ce qu’il faudrait faire : Soit on se lance comme au plongeoir du grand bain, soit on se démerde pour avoir des amis en commun qui organisent quelque chose. Au bout d’un moment, on en viendra au paragraphe ci-dessus.

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Ce que l’on fait : On déteste sa mère, sœur, son chat…Mais le lui dire est source probable de conflit. Du coup, on ronge notre frein (ce qui est toujours mieux que de le rompre) en attendant l’explosion qui ne manquera pas d’arriver (comme la rupture).

Ce qu’il faudrait faire : On peut fréquenter un orphelin allergique aux chats. Ou n’accepter que deux visites par an à la famille et ne se voir que dans un appart sans boules de poils (le vôtre, donc).

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Ce que l’on fait : C’est notre meilleur ami, notre copine pour la vie, mais, manque de chance, il ou elle s’imagine bien dans notre lit. Comment ne pas gâcher une si belle amitié ? Souvent, on finit par faire le mort…Ou pire ! On couche !

Ce qu’il faudrait faire : Toujours lui raconter nos aventures avec d’autres, nos multiples coups de cœur, lui montrer que notre type physique est à l’opposé du sien, ou rouler des pelles à sa pire ennemie ou à son frère. Si avec ça c’est pas clair (au pire, il ou elle fera le mort).

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Évidemment, il y en a d’autres mais je n’ai pas le courage de continuer (je suis faible). Pas dit que je ne vous la refasse pas version « Travail » un jour.

En attendant comme disait mon père spirituel :

May the Force be with you !

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