De la virulence sur Internet ? Faites des bébés.

11 octobre 2011

ChandailMaternite-copie-1.jpgJe m’en étais déjà aperçue, j’ai eu la confirmation tout à l’heure. L’univers des blogs « maman » est impitoyable. Nombre de mes copines et de copinautes sont mamans et je suis leurs aventures et leurs conseils avec l’humilité qu’il sied à une nullipare. Parfois, je m’émerveille, parfois j’envie, parfois je souris et parfois…je suis dubitative.

 

Toutefois, qui pourrait croire que ce milieu est aussi miné que l’Afghanistan, susceptible que Sarkozy et peut devenir facilement zone nucléaire (non, trop facile, je ne vais pas la faire) ?

 

C’est vrai quoi ! Quand on a pas d’enfant (qu’on l’envisage dans un futur plus ou moins lointain), on a en tête l’image d’épinal de la mère épanouie qui tient un enfant endormi dans ses bras. Une mère qui regarde le monde avec amour, bienveillance, qui a atteint la sérénité suprême. Bon, déjà, il suffit d’avoir été dans l’entourage immédiat d’un bébé pour comprendre que tout ça c’est du vent. Adieu sérénité, épanouissement et calme. Bonjour cheveux ternes, cernes et envie de craquer. Mais là, avec l’âge, ce n’est un mystère pour personne (surtout pour les nullipares qui ont eu le temps de se documenter et de voir la vie de leurs copines).

 

En revanche ce qui peut surprendre, c’est de voir l’espèce de champ de bataille qui se dresse entre les « mères parfaites qui te donneront de toute façon des leçons », les « working mum, je vais faire tout le contraire de la mère parfaite » et celles qui, au milieu, font ce qu’elles peuvent (et le fait que leurs enfants survivent prouvent qu’elles n’ont peut-être de leçon à recevoir de personne). Bien sûr je grossis le trait (en fait non, mais ça fait sympa de dire ça).

 

Hier, une copinaute a publié un excellent article sur le fait qu’elle n’était une maternante (et j’ai vérifié, à cette heure sa fille respire encore et n’a pas de tendances suicidaires). Pourquoi pas, c’est son droit, après tout chacun élève son mouflet comme il l’entend, non ? Ca, c’est ma façon polie de dire que dans le fond, on s’en tape (comme de mes articles, c’est dire). Ce n’est pas parce qu’elle n’est pas collée à sa fille et ne vit pas que pour elle que c’est une mauvaise mère. Au contraire, elle s’écoute, écoute sa fille et vit SA maternité à SA façon (jusqu’ici les services sociaux n’ont pas réagit).

 

J’étais quand même bien naïve…En un jour, cet article a suscité plus d’injures que Berlusconi dans une convention féministe. Alors sans doute que lorsqu’on devient maman on perd son sens de la tolérance, je ne sais pas, peut-être que dès l’accouchement on se prépare à une lutte armée selon le camp dans lequel on se range (la mère géniale et intégriste, la mère normale lambda, celle qui est prête à congeler son nourrisson…), mais vu de l’extérieur, vu par celles qui n’ont que des chats (j’imagine déjà les commentaires de type « quand on a pas d’enfant on se tait »…je préviens à l’avance qu’il s’agit d’une mauvaise idée), c’est en fait un peu flippant (et ridicule aussi un peu, il faut l’avouer).

 

Bref, l’incompréhension règne au pays des « quelle est la différence entre un bébé et un hamster ? ». C’est vrai ça, après tout, la maternité reste quand même quelque chose de l’ordre de l’intime, on élève un enfant en fonction de soi, ses convictions, son bon sens, ses rêves mais aussi ses peurs et ses interrogations. Comment peut-on se juger entre mères au point d’insulter l’autre qui avoue honnêtement qu’elle n’est « qu’une mère moyenne » ? Il y a des lois pour être la mère idéale ? Un code à suivre absolument ? un concours international ? Tous les coups bas sont permis pour gagner ?

 

Il fut un temps (je sais, j’étais ignorante) où je pensais découvrir un univers doux, honnête surtout axé dans le partage d’une expérience de mère, qu’elle soit bonne ou moins bonne. Un partage qui peut-être me motiverait…Là, j’aurais plutôt envie de balancer du napalm histoire que le calme revienne.

 

Autant le dire, à force de lire des blogs des mamans, je me représente déjà la maman que je serais. Une maman assez basique, qui allaitera si c’est possible (mais moins d’un an parce que c’est mon choix), qui ne pratiquera pas le cododo, qui pensera beaucoup à elle en premier (parce que je suis égocentrique et j’assume) et qui fera en sorte que l’enfant ne manque de rien. La maternité venant, ça peut changer, mais pour l’instant c’est ma vision à moi et je ne laisserai personne me dire qu’elle est bonne ou mauvaise (je mène ma vie comme je l’entends, bébé ou pas bébé, critique ou pas critique).

 

Alors pourquoi celles qui montent au front à chaque fois qu’une maman élève leur enfant différemment d’elles-mêmes (sans les critiquer en plus ! C’est ça le drame), ne peuvent-elles tout simplement pas passer leur chemin. Après tout il n’y a pas de menace ! Bref, un vrai mystère. Donc si quelqu’un a la gentillesse de m’expliquer tant de haine, il est le bienvenu.

 

Cette expérience m’a tout de même appris quelque chose : reconnaître la mère parfaite  c’est facile, c’est celle qui tient la batte cloutée !

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