Des poches et moi !

26 juin 2011

kangourou-avec-son-jeune-p7279.jpgC’est avec ce jeu de mot pitoyable (« dépochez-moi », je sais, je sais, le jeu de mot n’est pas mon fort) que je vais vous parler de ma pire galère : la poche digestive (non, petits naïfs, je n’allais pas vous conter ma relation avec un type de livres célèbre qui encombre ma bibliothèque).

Qu’est-ce qu’une poche digestive vous demandez-vous ? C’est simple : l’intestin grêle a été dévié sur le ventre (sous le nombril) afin d’évacuer les selles par cette voie et laisser le côlon tranquille. La poche est clipée autour de l’intestin (qui sort, un peu comme s’il me disait coucou tous les jours) afin de recueillir tout ça. En gros, je fais popo par le ventre et ça tombe dans un sac.

La bonne nouvelle, c’est que c’est temporaire. La mauvaise c’est que j’avais 30% de chances d’éviter la poche, mais bon, moi et les statistiques…

Le hic, c’est que cette histoire de poche est assez gênante. Ça fait mal, le temps de la cicatrisation, la poche empêche de dormir sur le ventre, cela demande des soins très contraignants, il faut faire attention à ce que la poche ne gonfle pas trop du fait des gaz, il faut la vider, on ne peut plus se baigner, on ne mange plus rien et surtout…c’est une véritable infection. En ce qui me concerne, cette odeur ne ressemble à rien de connu mais s’approche de l’idée que je me fais d’un cadavre en décomposition. Une horreur ! En plus, ça tâche !

A quoi ressemble une poche ? Allez, je vais être sympa, voici les photos !

Poche + support

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Poche montée sur support

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Poche vue de face

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Glamour non ? Et encore, ça c’est ma poche individuelle, je vous ai épargné la poche médicale des débuts.

Comme je vous l’ai dit, j’avais 30% de chances d’éviter la poche. Ainsi, au réveil, après l’opération, j’ai vaguement tâté mon corps sous les draps, sans oser vérifier. J’ai pensé que j’avais beaucoup de pansements et qu’il serait bientôt temps de vérifier la présence d’une poche. J’ai mis 3 jours à émerger et à vérifier. J’avoue, entre temps j’avais fait un véritable déni de poche. Mais un jour, j’ai pris mon courage -et mon drap – à deux mains et j’ai regardé la vérité en face. La poche était là.

Au début, j’arrivais, plus ou moins, à vivre avec elle car je n’avais pas à la vider. Les choses se sont compliquées quand j’ai pu – et dû – me lever. J’avais des tubes et tuyaux de partout et je devais porter ma poche en plus du reste. Pas facile d’aller se laver.

Cette poche est, d’ailleurs liée à l’une des pires galères arrivées à l’hôpital. On m’a assise sur le fauteuil à côté du lit, juste après ma toilette. Un véritable effort, croyez-m’en.

Lasse d’être assise, je décide de retourner dans mon lit comme une grande, sans appeler l’infirmière (déjà très occupée). Je me débrouille, le plus dur étant avec la poche, les tubes, la sonde. Bref je me recouche. Oui mais ! Je me sens étrangement humide. Et puante !! Avec ma douceur légendaire, j’avais éclatée la poche en me mettant sur le lit et je m’étais vautrée dedans ! Si c’est pas de la galère puissance 1000 ça ? J’en avais des pieds jusqu’à la taille.

Heureusement, l’infirmière est arrivée, a changé les draps (sans me sortir du lit), m’a lavée et m’a apporté une nouvelle chemise de nuit.

Autre anecdote dans le genre. Plusieurs jours plus tard, on m’a retiré la plupart des tubes, il ne me reste que la poche digestive qui traîne par terre. Je me lève pour aller de l’autre côté du lit chercher le téléphone. Puis je retourne me coucher. L’infirmière rentre peu après et me dit « ah, bah vous vous êtes promenée aujourd’hui ». Je lui demande comment elle le sait et elle me suggère de regarder le sol. Le bouchon de la poche s’était enlevé et l’on pouvait donc me suivre à la trace comme un escargot pas vraiment comestible. La honte !

Finalement, je suis passée à la poche individuelle et les derniers à l’hôpital se sont déroulés à apprendre à vivre avec, la vider, et surtout quantifier le popo qui sortait (miam). J’ai d’ailleurs appris une bonne leçon à cette occasion : ne jamais vider sa poche juste après le petit déjeuner, au risque de le vider par un autre endroit.

Je devrais être habituée depuis le temps, mais justement, le temps passe trop lentement à mon goût. C’est contraignant, ça fait mal, c’est beurk et, même si l’on s’habitue à l’odeur, elle reste irrespirable.

Il y a quand même une chose positive avec la poche :

désormais je peux menacer qui je veux,

j’ai une arme redoutable entre les mains !

 

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