En route vers la bouddhitude ?

30 avril 2013

bouddhaOn pourrait croire au titre que mes dernières agapes ont conduit à la mise à mal de ma silhouette nouvellement retrouvée. Non, j’aime mon 36, je compte bien m’y tenir (et arrêter de me lâcher de ce côté-là). De fait, je suis en train de revoir ma philosophie de vie après moult questionnements. Adieu la positittude ? Pas loin. Direction le Nirvana, ce qui dans mon langage top moumoute tendance donne le nirvanatude (promis, en 2014, je collerai des « x » partout ou je m’essayerai au latin/grec pasd’bolien).

A quoi bon s’accrocher vaille que vaille, coûte que coûte en dépit du bon sens ? Pourquoi se fixer des buts irréalistes tant qu’on a pas réglé le problème de fond ? D’autant que, lorsque rien ne marche, on a souvent le réflexe vain de blâmer la terre entière au lieu d’affronter la triste réalité. Vanité des vanités, tout est vanité (je connais mes classiques), parfois le souci vient de soi, de ce que l’on est et qu’on ne peut pas vraiment changer. Ne pas le voir est, bien souvent, une question d’ego.

C’est d’ailleurs l’ego qui nous pousse la plupart du temps à avancer sur des chemins pas forcément faits pour nous mais qui nous flattent. Perso, je m’acharne à chercher du travail dans la communication et à enchaîner les jobs tordus (je pourrais dire la même chose des entretiens). A force de crier à la malchance (d’un autre côté, j’attends encore de gagner au loto), n’est-ce pas se voiler la face que de refuser de voir que finalement je ne suis peut-être pas bonne dans mon taf (sinon, j’en aurais un non depuis le temps ? un qui dure je veux dire) ? Que mes nombreuses désillusions sont principalement dues à moi-même et mon incompétence et non à un karma pourri ? Que finalement, je serais peut-être un excellent balayeur ou la reine de la frite et du burger ? Vanité des vanités…

De même concernant l’amour. Ok, si je m’obstine à maigrir, c’est avant tout pour me retrouver moi. Il n’empêche que, pendant longtemps, j’étais convaincue que mon apparence était le vrai souci de mon célibat (bon, ça et les problèmes de santé, le fait de ne pas être prête ou de cohabiter avec 4 chats ce qui me place directement dans la catégorie « cinglée »). Mais tout ceci reste superficiel non ? Si tel était le cas, tous les laiderons de l’univers vivraient seuls dans une cave en attendant la possibilité de repeupler le monde postapocalypse. Donc c’est qu’il y a autre chose, notamment le fait que je parle ! Passée la première minute de rencontre, hop, je l’ouvre (il paraît que ça marche comme ça la vie en société) et je me montre telle que je suis (j’avoue ne pas être capable de faire autrement). Affirmation trop ouverte de l’ego, je m’aime sans doute trop pour que quelqu’un le fasse à ma place. Il est là le vrai problème, pas ailleurs. Verdict, je suis un animal social mais définitivement pas un animal amoureux ou aimable. Et comme je ne compte pas changer ce que je suis… Vanité, tout ça (c’est mon nouveau gimmick).

Il y a aussi les envies de conquêtes du monde, le besoin de se montrer, d’être au taquet sur tous les réseaux sociaux de la planète. Au final, qu’est-ce que ça apporte à part une satisfaction illusoire et éphémère de son ego ? Récemment, je lisais pas mal de trucs sur le bouddhisme (comme ça, pour m’occuper) qui expliquaient que le vrai problème de l’Homme est qu’il vivait sans cesse dans le désir, ce qui créé en permanence l’attachement et la souffrance. Or, la solution pour sortir de ce cercle vicieux (plus d’insatisfaction des désirs entraîne forcément plus de souffrance) serait le renoncement (je n’en suis pas à chercher une grotte tout confort mais pas loin) : « Quand nous acceptons ce qui est, nous sommes heureux ». En effet, le renoncement passe d’abord par l’acceptation de ce qui est et non ce qui devrait être dans nos fantasmes. Car tout vient, tout part sans que l’on ait de réelle prise dessus.

Bref, accepter pour mieux renoncer et enfin parvenir à une certaine paix intérieure et peut-être la sagesse (si j’étais moins barrée dans ma tête, je suis sûre que ça serait jouable). Pas facile de chasser de son esprit tous les trucs vains et superficiels qui nous encombrent pour apprendre à vivre dans le lâcher-prise sans rien attendre de particulier : ambition, amour, gloire, réseaux sociaux, vie sociale, blog, consommation, régime… Au final est-ce bien si important si l’on est en permanence dans la peine ? Pas dit (ce qui ne m’empêche pas de me réjouir pour tout ceux qui réussissent tout ça, j’ai bien des défauts mais je ne suis pas envieuse). Parce que, mine de rien, combattre inutilement sur tous les terrains, c’est vraiment crevant à tout point de vue, autant laisser tomber (pour passer des nuits enfin paisibles ?)

Bon, j’ai encore du taf pour réussir la position du lotus (je n’ai plus la souplesse de mes deux ans et demi) mais j’essaye de bosser là-dessus. Ne vouloir rien pour probablement n’obtenir rien (le résultat étant le même que lorsque je veux quelque chose, pourquoi se fatiguer ?). Renoncer à tout pour éviter de se faire plus de mal. Pour le moment, je blogue encore vous me direz, ce qui montre bien que je ne suis pas encore hyper au point (vanité, bla bla bla) mais pour combien de temps, c’est la question. Depuis ce matin, j’ai même le doigt qui me démange de supprimer Facebook et Twitter (parce que honnêtement, ça m’apporte quoi à part une vie virtuelle totalement superficielle et montrer que, des fois, je suis drôle ?)

Remarquez, si jamais j’atteins le Nirvana avec tout ça, je pourrai toujours me vanter d’être une déesse, ce qui serait un sacré bond pour mon ego. En plus, pour ce qui est d’abandonner les richesses et son statut social, j’ai déjà un sacré coup d’avance !

Désormais mon nom est Bouddha, DarkBouddha !

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