Entretien martial

13 mars 2011

fcys14-tux-militaire-1696.pngLes sites de recrutement regorgent souvent de conseils pour bien préparer son entretien, mais la spontanéité et l’expérience de ce genre de sauterie pas du tout stressante sont également importants. A force de multiplier les entretiens (c’est pas parce qu’on ne m’embauche pas que je ne suis pas très demandée…seulement pas retenue !), je me suis parfois demandée si certains recruteurs recherchaient vraiment quelqu’un ou cherchaient à pimenter leur quotidien au final bien morne.

 

Bien sûr, il y a les questions récurrentes : quelles sont vos qualités et vos défauts (alors en qualité : je suis assez patiente et sympa pour répondre à cette question éculée : en défaut : je suis suffisamment désespérée pour venir bosser chez toi si tu m’embauches), quels sont vos atouts pour ce poste (t’as lu mon CV, y a toutes mes compétences dedans classées par genre, mais ok je vais jouer le jeu pour te faire plaisir), où vous voyez-vous dans 5 ans (avant tout j’aimerais savoir si vous me voyez chez vous le mois prochain !), quels sont vos projets sur le long terme (euh…bosser avant de mourir ?), que pourriez-vous me dire pour me convaincre de vous embaucher (regarde mes seins ?), vous seriez d’accord pour passer un petit test ? (parce que j’ai le choix en plus ?), vous avez l’intention d’avoir des enfants ? (non je me suis fait ligaturer les trompes juste avant l’entretien), etc.

 

Non tout ça, c’est du menu fretin. C’est pénible, certes, car on sait bien qu’on peut développer des automatismes face à ce genre de questions vieilles comme l’ANPE et que ça ne traduira pas vraiment ce que l’on est et ce que l’on vaut. Pire, ça motive moyennement de bosser pour des personnes qui les posent encore. L’art réside justement à afficher sa personnalité, son dynamisme et sa plus-value entre deux questions débiles, notamment lors de la présentation ou en rebondissant sur les propos de son interlocuteur. D’ailleurs, il faut l’avouer, personne n’est dupe, c’est surtout ça que recherchent les recruteurs.

 

Là, j’en viens aux tordus (il y en a), je pense surtout à mon antépénultième entretien (oui je me la raconte un peu).

Pas de nom, bien entendu, il s’agissait d’une fédération professionnelle qui apparemment cherchait une responsable communication. Au début, normal, on me présente la boite (dont je n’avais jamais entendu parlé mais Google m’a bien aidée pour ma préparation). Ensuite, c’est mon tour, et autant le dire, je suis bien rôdée à cet exercice (à force je connais ma vie par coeur). Premier couac, quand j’explique les missions précises qui m’étaient confiées (bizarrement on ne m’a jamais payée à ne rien faire), je suis sans cesse interrompue : « Comment ??? vous faisiez des voyages de presse ? Mais c’est tellement ringard, les journalistes n’y vont même plus ! Jamais vous n’en ferez ici ! » (euh…c’était top tendance en 2004 et c’est pas non plus mon objectif de vie) ; « Quoi mais vous voulez être autonome ? Mais ici la communication est au service de tous les autres services ! C’est vous qui travaillez pour nous, pas l’inverse ! Vous ferez tout valider et surtout vous serez force de proposition, ça sera votre seule autonomie ! Si vous voulez de la matière pour vos articles, c’est à vous de vous renseigner sur ce que vous ne connaissez pas, d’écrire un texte et après on vous expliquera si vous avez raison ou si vous n’avez rien compris » (j’ai pas dit que je voulais diriger la boite… j’ai simplement dit que j’étais une chargée de communication habituée à coordonner les différents services), …

 

Le ton était donné et je commençais à me sentir assez mal à l’aise. Je suis restée très zen en me disant que le recruteur voulait me destabiliser (ça arrive, j’ai l’habitude). Néanmoins, je le trouvais quand même un poil agressif (mauvaise journée ?)

 

L’entretien se poursuit sur le même ton et j’ai l’impression d’être sur un ring. Sauf que je ne peux pas porter de coups !! On ne boxe pas son recruteur, ce sont des choses qui ne se font pas. Je reste donc un peu sur la réserve, avec le sentiment de devoir me défendre à chaque question. Après « Je cherche du boulot », « Faites Entrer l’Accusé » ! Les choses commencent sérieusement à me gonfler quand le type décide de dégommer littéralement la personne qui quitte la société, une « espèce d’incapable égocentrique » qui « ne savait même pas écrire » et « voulait que les autres travaillent à sa place comme toutes les communicantes ». Honnêtement, je connais ce genre de boss, j’ai déjà travaillé avec des sociopathes et des bipolaires (si vous saviez comme je me suis marrée dans ma carrière…enfin ce n’est pas le propos). Bref, je suis en train de me demander ce que je fais là et si je me vois vraiment bosser pour ce mec (cherchez pas, la réponse est non). Enfin on attaque les questions. Je n’ai retenu que la dernière qui était assez…comment dire…flippante ! Comme je vous aime bien (enfin les rares à me lire), je vous la livre, cadeau : « vous faites un communiqué de presse et je vous le balance en vous disant que c’est de la merde, vous allez m’en vouloir après ? ». Je me suis retenue de lui répondre qu’en fait ça m’excitait, mais je doutais un peu de son sens de l’humour. Je suis alors restée très pro en répondant que je n’allais pas être enchantée mais que bien sûr tout écrit est perfectible et que je demanderais ce qu’il y a à améliorer.

 

Au moment de partir, il m’a donné un document, le plan d’action 2010, en me demandant de travailler un plan d’action pour 2011 (et 100 balles et un Mars aussi). A ce jour, ils n’ont pas rappelé…j’ai eu chaud !

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