Et si c’était vrai ?

15 juillet 2013

gaston lagaffeNon non non Lecteur, je ne viens pas te narrer mon amour inconditionnel pour ce qui semble être l’auteur préféré des habitués d’Adopteunmec (et ceux qui me connaissent doivent doucement se marrer à l’idée que j’ai même pu évoquer Marc Levy tant il représente pour moi tout ce que je déteste en littérature). Pas plus que je ne vais parler de situations dont la finalité m’aurait échappée à force de doutes et de scepticisme. En fait, il s’agit simplement de ces moments bien connus où tout bascule en quelques secondes et où l’on se demande ce qui se serait passé si on avait eu un tant soit peu de jugeote au cœur de l’action.

Exemple, lorsqu’on tombe devant tout le monde (euphémisme, en fait on se viande lamentablement, on se fait mal au corps et à l’ego). Tu sens sur le coup que tu poses mal ton pied sur le trottoir, mieux, tu sens qu’il n’y a pas de trottoir. Le temps que l’info monte dans ton cerveau embrumé, tu te vois tomber au ralenti, dans les positions les plus ridicules, tu te dis encore que ta dignité va s’en sortir, vu que l’action est étonnamment lente, ta petite voix intérieure imite celle du méchant juge dans Qui Veut la Peau de Roger Rabbit quand il fond, et en moins de temps qu’il n’en faut pour crier « De là haut je vois ma maison ! », tu te retrouves par terre provoquant l’hilarité générale. C’est à ce moment-là que tu te dis, pleine de honte, « Mais si j’avais posé mon pied là où il fallait, cela ne serait jamais arrivé ». Sauf que c’est arrivé (pour de vrai).

Nous sommes d’accord, des moments comme ça, nous en vivons plusieurs fois par mois (par an pour les plus chanceux) et c’est assez rageant de se dire qu’il est impossible de faire « ctrl z » dans la vraie vie (à force de vivre collée à un ordinateur, j’ai le retour à la réalité brutal). On se dit régulièrement « Mais pourquoi je n’ai pas répondu ça ? » une fois que la répartie nous a fait défaut, ou, au contraire « Mais pourquoi je l’ai ouvert moi ? » quand on a été très maladroite à un moment inopportun, « Qu’est-ce qui m’a pris ? » quand on a ri bêtement, fait un geste inapproprié ou oublié d’en faire un essentiel qui aurait tout changé, « Pourquoi j’ai pris ce dernier verre » quand on a déjà atteint ses limites, ou même, enfin, « Mais je le savais que je devais me lever tôt, pourquoi donc lire ce dernier chapitre ? ». Cela marche aussi avec « Mais pourquoi je me suis sauvée par les escaliers au lieu d’ouvrir la porte d’entrée » et l’on sait comment cela se termine dans les films d’horreur (un indice : rarement bien).

Avec des si, on mettrait Paris en bouteille. Mais je vous le demande, quel intérêt d’avoir la capitale en bouteille (je n’ai jamais bien perçu le bien fondé de ce dicton) ? Cela intéresse qui de boire la Seine (surtout quand on boit déjà la tasse) ? Vivre de regrets, c’est nul, on le sait. Mais en général, on pense à de grosses choses, des ruptures, des grandes erreurs qui font mal, des histoires de carrière… Mine de rien, les micro regrets, ceux de quelques secondes font bien plus mal. D’une part, parce qu’ils arrivent souvent, de l’autre, parce qu’ils sont tellement nombreux qu’ils deviennent indénombrables. Même si, au final, ils ne sont pas censés changer le cours de notre vie. De l’instantané de destin en somme. Ce qui ne les empêche pas d’être très contrariants. Après, on apprend très bien à vivre avec, la prochaine bourde n’étant jamais très loin…

Il est également possible que ce dixième de seconde où tout bascule pour vous, change à jamais le regard de la personne en face sur vous. Jamais des gens qui vous connaissent de longue date (ils ne font même plus attention) notez bien. Mais si cela arrive alors que nous sommes tous égaux face à la gaffe, ce n’est pas si grave car cela permet de faire le tri dans son carnet d’adresse (on en revient au destin). Ok, on ne juge pas les gens (tout court), sur ce qu’ils disent, mais sur leurs actes. Mais ceux qui se basent sur ces fameuses micro-erreurs sont-ils tellement intéressants dans le fond ? A mes yeux, c’est loin d’être certain…

Sur ce, je vous laisse, j’ai une cheville et un ego à réparer !

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