Être une femme libérée tu sais c’est pas si facile

27 décembre 2013

Bridget-JonesPromis, juré, j’arrête la variété…Je ferai mieux la prochaine fois ! Bon, maintenant que c’est fait, c’est fait, avançons. Bref, tout ça pour dire qu’être une nana dans les années 2000, ce n’est pas de la tarte. Non, je n’ai pas l’intention de me lancer dans le vieux débat des inégalités hommes-femmes, du fait qu’une paire de seins est censé nous transformer en Wonder Woman qui combat sur tous les fronts ou la place de la femme, passée, présente et à venir dans la société. En fait, je vais parler sentiments, mais pas que (vous allez comprendre).

J’ai réalisé une chose cette semaine, il y a une vraie dualité sur ce qu’on attend des femmes (et je ne parle pas de la madone et de la putain) quant à ce qu’elles peuvent ou doivent dire et faire, s’imposer en somme. C’est un fait, les études montrent que si les femmes gagnent moins que les hommes, ont des postes subalternes, c’est parce que, souvent, elles n’osent pas taper du poing sur la table et imposer leur volonté (augmentation, carrière, évolution). Qu’elles se font bouffer à trop rester attentistes et douces (évidemment, ce n’est qu’une généralité mais force est de constater que ce n’est pas totalement faux). D’où les nombreux articles pour nous dire de prendre confiance en nous professionnellement, de ne pas hésiter à mettre nos compétences et nos résultats en valeur, de faire notre auto-marketing. Les hommes sont même les premiers à nous le conseiller.

Mais, et c’est là que la dualité intervient, dans la vie, sentimentale du moins, c’est tout le contraire. Là, quand tu es une fille, on te recommande chaudement de te taire quand un mec te plaît, en tout cas vraiment avec les tralalas et tout, de ne pas dévoiler tes sentiments et surtout de rester passive (mais en montrant des ouvertures). Pourquoi ? Parce que, paraît-il, les hommes ont gardé un soi-disant instinct de chasseur (femme, Bambi, même combat). J’entends d’ici mes copines célib’ bondir « Chasseur mon oeil ! Au contraire, quand tu en approches un, son premier réflexe est de fuir comme une vierge effarouchée, c’est pour ça qu’il ne faut rien dire ! Sinon, il a peur ! ». C’est une autre réalité…Il règne une telle confusion dans la tête de ces messieurs sur leur place réelle dans la société qu’ils veulent tout autant être le chasseur qui a le contrôle des opération (ils tiennent le gros fusil que diable !) que laisser libre court à leur part féminine…enfin la pire, celle de la princesse chieuse. Ce qui nous amène à plusieurs cas de figures que nous avons toutes rencontrées plusieurs fois : le séducteur, l’allumeur, le lâche, le flippé de l’engagement ou le mec perdu dans sa vie qui ne sait plus trop ce qu’il veut. Néanmoins, mon sujet n’est pas la psychologie masculine (mon article tiendrait en une ligne « J’ai toujours pas compris comment ça marche ! »)

Toutefois, le conseil donné aux nanas reste le même : ne jamais rien dire ! Enfin si, une fois que tu es sûre que le mec veut rester pour de bon avec toi (au bout de 5 ou 10 ans donc…) Ce n’est pas de moi, regardez autour de vous, prenez tous les guides pour célibattantes, l’opinion de vos amis masculins, votre grand-père, que sais-je, c’est vraiment le mot d’ordre « Si tu es amoureuse, surtout tais-toi . » Pas tout le monde allez-vous me répondre, beaucoup de garçons disent eux-mêmes qu’ils aiment que la fille prenne les initiatives de la séduction, qu’on leur manifeste une réel intérêt, voire un attachement sincère pour envisager se laisser tenter…Mouais, dans les faits ? Bien souvent, ce sont les mêmes qui prennent la tangente quand cela se produit.

Ce qui nous ramène à la dualité du début. L’éducation. Si on y réfléchit bien, elle est en totale contradiction sur les deux choses qu’on attend de nous, professionnellement et sentimentalement (on range les fourches, je préviens, je vais généraliser). Bien sûr, un grand nombre de parents laisse les petites filles s’épanouir, exprimer leur personnalité et essaye de leur apprendre d’être l’égale de l’homme (playmobils et billes pour tout le monde sans distinction de sexe). Moi la première, en tant qu’enfant unique j’étais la star de la maison et je ne m’en laissais pas conter. Mais qui n’a jamais entendu « Dire ça ou faire ça c’est pas beau pour une petite fille », « Toi c’est pas pareil, t’es une fille », « Oui, mais les garçons c’est différent, c’est normal pour eux de se mettre en avant en faisant le clown », « Les filles ça doit être plus calme et plus sage », « Une petite fille ça ne réclame pas »… ? Forcément, va t’imposer à ton patron quand on t’a appris à ne pas faire de vagues en public ? On n’a pas eu les mêmes règles du jeu. Et, a contrario, vu qu’une fille c’est forcément plus émotif ou affectueux, on nous fait comprendre dès l’enfance qu’il nous faut manifester notre douceur, nos sentiments, être câline et tendre… Bref, tout le contraire de ce que l’on devrait faire une fois qu’on a dépassé 25 ans et qu’on est célibataire avec une carrière à construire ! (Je sais, je sais, toutes les filles ne sont pas comme ça, tous les parents n’éduquent pas comme ça, et patati et patata, j’avais prévenu plus haut).

Bonne chance avec tout ça ! Et sinon, qu’est-ce qu’on fait ? Perso, j’ai bien essayé de faire les choses comme on m’avait appris. Rester douce au boulot en espérant que la récompense vienne d’elle-même, et exprimer sincèrement mes sentiments (la sincérité étant de loin mon pire défaut) dès que j’en ressentais. Et ça a marché ? Euh…j’ai attendu longtemps une promotion ou la moindre reconnaissance pour la première partie. Et pour la deuxième, les mecs ont fui (ou en ont profité selon les cas). Alors j’ai essayé de faire le contraire et suivre les conseils appliqués à la célibattante. J’ai tapé du poing sur la table et j’ai caché ce que je ressentais (du moins, tant que je n’étais pas en couple). Ok, il y a eu une évolution. J’ai parfois obtenu ce que je demandais au travail…souvent avant de perdre mon job, et les mecs ont fini par se caser avec une autre. Retour à la case départ, joue encore.

Alors dire, pas dire, taire, pas taire, je n’en sais fichtre rien, tout ce que je sais c’est que c’est un peu le bordel (hommes, femmes, c’est la lose pour tout le monde, y a plus beaucoup de gagnants à ces jeux-là). On en est réduites à monter des stratégies, à se prendre la tête sur ce qu’on doit faire ou ne pas faire, à essayer de penser à la place des autres sur ce qu’on attend de nous en vrai (bizarrement, personne ne te dira concrètement ce qu’on attend de toi, ça serait trop simple), à interroger les astres des fois qu’on y trouve une piste (« Mars est en Sagittaire, aujourd’hui il est dit que je dois gagner une promotion et que le bel inconnu de ma vie va venir me parler de lui-même »). Tout ça manque cruellement de naturel et de simplicité et c’est presque le mal du siècle. Plus personne ne sait faire ! Du coup, on reste seul. On devrait pouvoir dire les choses, au travail ou dans la vie, comme ça se présente. Expliquer à son boss qu’on mérite mieux au vu de nos résultats sans avoir peur de se faire saquer, et au mec que l’on vient de rencontrer ou que l’on a vu quelques fois qu’on ressent des choses et qu’on voudrait plus (comme oser se lancer dans une histoire vu qu’apparemment, désormais, c’est la femme qui propose et l’homme qui dispose) sans qu’il se barre en courant sans même y réfléchir 2mn. Il est vrai, ce n’est pas forcément plus simple pour les hommes, vu tout ce qu’on attend d’eux. Mais on va dire, qu’aujourd’hui, je ne me concentre que sur ce que je connais et comme je ne suis pas experte ès pénis…

Suivre son instinct ? Suivre son cœur ? Suivre l’opinion ambiante ? Si seulement je le savais.

C’est peut-être juste une question de feeling ?

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • femme libéré professionnellement