Fail art

24 novembre 2012

nail-art.jpgJe ne suis toujours pas une blogueuse beauté. Néanmoins, quand je lis des blogs avec des réalisations nailesques dignes de Picasso, je bave d’envie et je dégaine ma lime à ongles par réflexe. Ce n’est pas une blague, je suis très sérieuse, moi aussi je veux des jolis motifs sur mes ongles afin d’avoir des mains uniques que tous admireront. Surtout que mes mains sont, dixit à peu près tout le monde, mon plus grand atout séduction.

 

J’ai de très belles mains, héritage de Maman Pasd’Bol, petites mais fines, avec de longs ongles blancs savamment limés en amande. J’aurais pu avoir un corps de déesse, des seins ronds comme des pommes tournés vers le ciel, une chevelure flamboyante, une dentition parfaite, des yeux bleus comme un lac de montagne, un petit nez mignon, une bouche sensuelle…non, moi j’ai de jolies mains et c’est à peu près tout  (on m’a aussi dit que j’avais de chouettes oreilles, Cindy Crawford n’est pas loin). Si un jour vous croisez une naine obèse à forte poitrine qui marche avec les doigts devant son visage, ne cherchez pas plus loin, c’est moi qui essaye de pécho (je parle le djeuns aussi à l’occasion, wesh wesh).

 

Je rêve donc de devenir un jour une pro du nail art. De mettre de jolies arabesques tricolores sur mes ongles, ou des papillons, ou même de me la jouer Mondrian. Je sais que les blogueuses beauté ont leurs trucs et leurs fournisseurs, que leur mallette à vernis est aussi chargée que Lance Armstrong lors du Tour de France et qu’elles sont équipées d’un tas d’outils dont je ne saurais dire le nom. Bien sûr, il ne doit pas être trop difficile d’acheter ce dont j’ai besoin pour faire ma belle à Pôle Emploi, mais à quoi bon investir dans un produit dont on ne sait se servir ?

 

Néanmoins hier, j’étais inspirée… J’ai décidé de me lancer dans un motif simple en utilisant les moyens du bord. J’avais oublié un problème de taille : je suis astigmate. Bon, ça c’est une excuse. La vérité est plus cruelle : je ne suis pas douée de nature ! Je suis de celles qui ne peuvent tracer un trait à main levée. Déjà, en primaire, j’ai été privée d’atelier gommettes au motif d’oeuvres personnelles très laides (je continue de penser que c’était conceptuel). Ca aurait pu s’améliorer, pensez-vous, mais non, au contraire. J’ai souvenir de mon partiel de climatologie (j’ai fait de ces trucs de ouf à la fac…si vous êtes sages, un jour je vous raconterai comment j’ai pris hébreux biblique en licence) où le prof m’interrogeait sur le fonctionnement des alyzées. Pour illustrer mon propos, il me demanda de dessiner la Terre. J’ai mis 5mn pour prendre le temps de m’appliquer (c’était coeff 2 cette connerie) et une fois fini, le prof a failli tomber de sa chaise tellement il était plié de rire. Son « Félicitations Mademoiselle, vous venez de dessiner la patate terre » aurait dû résonner en moi au moment où je me suis emparée de mon vernis et de mes accessoires, mais j’imagine que mon ego a la mémoire sélective quand ça l’arrange.

 

Ayant déjà appliqué un magnifique bleu étoilé sur mes mimines, j’ai donc décidé de tracer un trait pailleté. Un dessin facile, simple, élégant et largement suffisant pour une première fois. Comment font les blogueuses beauté ? Je ne sais pas, mais à défaut j’ai sorti le scotch et les ciseaux.

 

Pour ma réalisation (si jamais tu te sens inspirée, Lectrice – oui chez un homme ça ne va pas le faire), il suffit de :

 

outils.jpg

 

1 – un vieux rouleau de scotch si possible sans poils de chats collés dessus

2 – une paire de ciseaux

3 – du vernis pailleté qui sèche vite

 

J’aurais dû comprendre ce qui m’attendait dès la première difficulté : le scotch. Dans mon idée c’était : tu coupes un petit morceau de scotch, tu le coupes (droit) en deux, tu disposes (droit) les deux morceaux sur ton ongle en laissant un petit espace entre, tu appliques le vernis, et hop, tralala lala, tu as un trait qui fera jaser toutes les grands-mères du bus.

 

Dans les faits : je coupe un petit morceau de scotch, je retire les poils de chats, je coupe le morceau en deux, ça fait une vague, je recoupe un morceau de scotch, je retire les poils de chats, je coupe en deux, ça fera l’affaire, je dispose sur l’ongle en me servant de la lunule comme niveau à bulle, je redispose quand je réalise que c’est de traviole, je fais pareil avec le deuxième morceau, et enfin je mets 1h à faire ça pour tous les doigts.

 

En vrai, je t’ai fait le remake d’Edward aux mains d’argent… Le scotch c’est traître.

 

Une fois retiré, le résultat m’a laissée songeuse… Il est à mon image : totalement bancal. Il s’avère que j’ai une vision toute personnelle de ce qui est droit ou pas, qu’un vernis à paillettes, ça bave (et qu’essuyer les bavures au doigt n’arrange rien) et que pour obtenir un joli motif, c’est plus intéressant de le disposer à la même place sur chaque ongle plutôt que d’appliquer la philosophie du « là, ça devrait le faire ».

 

Evidemment, le fait de ne pas être née ambid
extre n’arrange rien… La main droite est plus proche du ratage total que de l’oeuvre d’art.

 

Voici le résultat sur main gauche (ne vous leurrez pas, j’ai photographié de loin en tournant légèrement la main pour faire joli).

 

main-droite.jpg

 

C’est d’ailleurs au moment où j’ai saisi Samy pour faire la photo que mon pouce droit a tenté de se suicider en jouant les kamikazes sur l’écran (un vrai massacre). C’est sans doute le désespoir qui m’a poussée à lécher l’écran de mon smartphone espérant le sauver d’une fin cruelle…

 

Voici donc le récit lamentable de mon premier essai en nail art homemade…

 

Allez, c’est dit, je vais me mettre au tricot : maintenant j’ai besoin de moufles !

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