Galère du matin, chagrin (ou pomme-raisin)

22 juin 2011

araignee.jpgCette nuit, ma cicatrice me faisait mal. D’un autre côté, une cicatrisation n’est jamais agréable. La preuve, plus les jours passent, et plus j’ai du mal à tenir droite. Mais cette nuit, ça brûlait et tirait beaucoup. A 5h, M.Pasd’Bol se réveille, je lutte pour me rendormir. La poche est pleine, ma vessie aussi, je ne lutte pas longtemps.

 

Je fais tout ce qu’il faut, j’entends M.Pasd’Bol partir au travail (réunion très importante) et je retourne me coucher comme je peux. Je me tourne. Au bout de 10mn, c’est bizarre, je sens ! Je sens quoi ? Ben, un truc qui sent, un truc qui pue (je hais ce mot, il y a des choses comme ça qui me répugnent, mon côté chochotte j’imagine). Je commence à avoir peur…et si ma poche fuyait ? Horreur. Je renifle et c’est vrai que ça sent fort ! Je tâte mon ventre…c’est trempé ! Mon drap, ma chemise de nuit, ma poche !

 

Je me lève (dans la joie et la douleur) pour me précipiter chercher des lingettes. Mais c’est fou comme ça fuit, je n’ai jamais vu ça. La poche fait du goutte à goutte, ce que je trouve étonnant. Bref, j’essaie de nettoyer tout ça, je prends tout mon matériel, et je décide de changer ma poche et son support en urgence.

 

Je ne m’en sors pas trop mal et je suis toute sèche.

 

Je me lève…et une flaque entière sort de mon corps, je suis en panique, je ne comprends plus rien, la tête me tourne. Je regarde dans le miroir…horreur, cela vient de ma cicatrice au niveau pubien ! Ca ne suinte pas, ça coule à flots ! C’est jaunâtre/laiteux et un peu rose, et ça laisse des flaques sur le sol (je ne parle pas de 3 gouttes mais de vraies flaques sur le sol).

 

Je me précipite dans le salon pour chercher mon téléphone. Je retourne dans le lit avec des compresses et un drap de bain afin d’endiguer le flot puis j’appelle M.Pasd’Bol qui était sur le point de prendre son train.

 

Je sais que j’ai été assez dure avec M.Pasd’Bol ces derniers jours (mais bon, on va dire que c’était en réponse à ma déception donc nous sommes quittes), mais là, je dois lui rendre hommage. Il n’a pas hésité à tout quitter séance tenante pour se précipiter à mon chevet et prendre les choses en main. Toute cette journée, il a été un soutien sans faille et indispensable.

 

Je sais râler, mais je sais aussi saluer les bonnes choses de mon homme blonde !

 

Sur ce, il appelle le service qui s’est occupé de moi à l’hôpital. C’est le service de nuit, on lui suggère de rappeler à 8h. Entre temps, je contacte une amie infirmière qui sait trouver les mots pour me calmer.

 

Soyons honnêtes, j’étais morte de trouille…

 

A 8h, M.Pasd’Bol rappelle, on nous conseille d’aller directement aux urgences. OK. Mon homme appelle donc un taxi. Je précise que j’habite une grande ville super fréquentée, près d’axes routiers et tous les transports possibles, et pas dans un village paumé de la Creuse.

 

Ce matin, M.Pasd’Bol et moi avons découvert que taxi était un métier en voie d’extinction ! Impossible d’en trouver un ! Nous les avons tous appelés, tous ! Ils ne répondaient pas, n’étaient pas dispo ou trop loin.

 

A 11h18, enfin, je montais dans mon taxi (oui, vous avez bien lu).

 

J’arrive aux urgences vers 11h35. J’explique ma situation (pas anodine quand même) et j’attends…j’attends, j’attends…

 

12h, une infirmière s’occupe de moi et me fait patienter dans une autre salle d’attente pour attendre le médecin cette fois (victoire ?)

 

Leçon du jour : ne jamais fonder le moindre espoir sur ce qu’on vous dit !

 

Pourtant, je suis rassurée, il y a peu de personnes dans cette salle d’attente. Enfin, il y a quand même cette vieille dame riche de 90 ans, très sourde venue avec son fils (Gérard) et sa belle-fille, dans l’attente de sa fille chérie (Brigitte), elle-même au coeur d’un drame familial. Ca parlait tellement fort que je n’en ai pas perdu une miette. Jusqu’à l’arrivée de ladite Brigitte (préférée par sa mère à Gérard, ce qui explique la haine que lui voue sa belle-soeur qui lorgne sur l’héritage) qui a failli me faire tomber de sa chaise. Imaginez une bimbo de 60 ans, refaite, platine, Plateformes Louboutin, du strass, un jean slim et des UV à gogo. Moi aussi, Lecteur, j’ai eu peur !

 

En tout cas, ça m’a occupée, sauf quand Mamie Gaga a décidé de crier (elle est sourde) vers 13h « c’est l’antichambre de la mort, c’est l’antichambre de la mort ». Super…

 

A 14h, M.Pasd’Bol supp
lie l’infirmière qu’on me mette sur un brancard, car je ne me sens vraiment pas bien. On m’installe et Mamie Gaga s’exclame « regarde là, ça c’est parce qu’elle est enceinte » (dit deux fois). Si je n’avais pas eu si mal, Mamie Gaga n’aurait pas fini l’année et sa belle-fille m’enverrait des fleurs.

 

Je m’endors…

 

15h30, on vient me chercher. Là je réalise que j’étais mauvaise langue. On m’emmène dans un endroit rempli de malades. L’attente s’explique !

 

On me met dans une salle et j’attends l’interne. Pendant ce temps, un vieux se met à hurler « S’il vous plaît, s’il vous plaît, au secours ». Je suis choquée, personne ne bouge, pire il se fait enguirlander. Au bout de 10mn je comprends pourquoi, il est fou, ne cesse de vouloir sortir du lit ou pisser dedans bien qu’il soit au coeur de toutes les attentions.

 

A peine si je fais gaffe à la vieille qui fait « rhaaaa rhaaaa », et que l’on oblige à remettre son masque (là elle hurle « nooooon », du bonheur)

 

L’interne m’ausculte : mes points ont sauté mais ça ce n’est rien. Un abcès purulent s’est formé sous ma cicatrice et il faut le vider car c’est infecté (ma minette est violette). J’ai eu de la chance, je n’ai pas fait de fièvre.

 

On m’emmène en consultation de chirurgie digestive. Une super infirmière et un chirurgien me font des soins : ils font sauter toutes les coutures pour mettre le truc à vif, ils nettoient à coup de compresses et ils mettent une mèche dedans.

 

Car oui, sous ma cicatrice (ouverte), il y a une cavité très profonde qui était remplie de pus (ce qui explique les flaques). J’ai juste frôlé l’infection et la péritonite !

 

Et si vous pensez que ce genre de soin est une partie de plaisir, mettez-vous le doigt dans l’oeil, je vous promets que ça fera moins mal.

 

Mon chirurgien (celui qui est toujours occupé) finit par venir voir car on l’a prévenu et il m’engueule. Je n’avais qu’à venir directement en consultation plutôt que d’aller aux Urgences ! J’ai beau lui répondre que j’ai fait ce qu’on m’avait dit, il me rétorque que je dois vraiment n’avoir que ça à faire pour perdre 5h aux Urgences…et il part ! Il m’éneeeeeeeerve !

 

Ensuite je rentre. Aucun taxi disponible, je rampe jusqu’au bus où une folle qui vit en foyer et veut devenir aide-soignante me tient des discours hallucinants (pourquoi à moi ?) puis je me traîne jusqu’à chez moi. Il est 19h10.

 

Les prochains jours ? Du repos, un infirmière à domicile tous les jours pour changer la mèche et le pansement, une visite à l’hosto vendredi (comment, par quel miracle, je ne sais pas encore) et les doigts croisés pour que la galère s’arrête là.

 

Sinon, c’était sympa votre journée ?

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