Garçons, filles et la mixité à la poubelle

26 août 2011

bb lit1Pour ma nouvelle contribution aux vendredis intellos, j’ai décidé de vous parler du dernier dossier du Figaro Magazine.

Comment j’en suis tombée à lire un dossier du Figaro Mag ? C’est une bonne question (et je comprends que ça fasse un choc). En fait, mon œil a été attiré sur Yahoo Actu et je ne l’ai pas regretté.

Déjà, il faut vous dire que le dossier a été rédigé par la même journaliste qui affirmait que les Français étaient en transe joyeuse à l’idée que les gueux touchant le RSA fassent des travaux d’intérêt général (sans aucune preuve ou sondage…)

Ça vous dit donc la qualité du dossier…

Mais de quoi ça parle ? De la sortie du livre Cerveau rose, Cerveau bleu. Les neurones ont-ils un sexe ? de la neurobiologiste Lise Eliot, également mère d’une fille et deux garçons. L’objet du livre ? Démontrer s’il y a une différence entre le cerveau des garçons et celui des filles. Le verdict du Figaro Mag, je cite : « si les cerveaux des garçons et des filles ne sont pas identiques au départ, il existe peu de «preuves sérieuses», c’est-à-dire scientifiques, de ces différences entre les sexes. » Nous voilà bien avancés…

Le dossier qui se veut objectif et complet, nous offre des extraits exclusifs du livre tout en jugeant qu’il « décevra ceux qui y chercheront la preuve que l’orientation sexuelle est autant le produit de l’éducation que du sexe de naissance (…) et qu’il est avant tout un livre passionnant sur l’éducation des enfants, sur l’attitude des parents à l’égard de leur progéniture et sur les préjugés concernant les deux sexes. ». Tout un programme (ou pas). En outre, pour compléter les extraits de ce « livre passionnant », Le Figaro Mag nous fournit l’interview de Stéphane Clerget (mais si ! Vous savez ! Le pédopsychiatre qui intervenait chez Delarue, le mec là, avec le sourire de loup !), également auteur de Nos enfants aussi ont un sexe. Comment devient-on fille ou garçon ?

Si avec ça, je vous mets pas le feu…

Commençons donc avec les extraits du premier livre (il paraît que les féministes Outre-Atlantique ont adoré tant leur mouvement s’essouffle…ne me tapez pas, c’est dans l’article – sans preuve). Grâce à ça, désormais vous saurez comment élever vos enfants selon leur sexe (apparemment il faudrait…voilà qui va en ravir certaines).

Garçons

1. Parlez à vos bébés, surtout aux garçons. La quantité de paroles reçues au cours des premiers mois de la vie influe fortement sur le vocabulaire, la lecture et l’écriture plus tard. Or les garçons sont en retard sur les filles dans ces domaines. Très efficace aussi quand ils grandissent : lisez-leur des histoires. Des livres sur les voitures, les sports ou l’espace (les garçons aiment moins les contes). Moi qui comptait laisser mon gamin dans un coin sans jamais lui adresser la parole…Quelle bonne idée ! Et si c’est un garçon, je lui lirai Playboy (ma fille aura le droit à Cendrillon histoire de lui faire croire qu’elle rencontrera un prince charmant un jour, cette idiote). Au fait, vous connaissez un bon livre de mécanique pour les moins de 3 ans ?

2. Cessez de les «parquer». Ce n’est bon ni pour les garçons ni pour les filles. Mais c’est pire encore pour les garçons qui ont besoin de plus d’exercice, sont moins sociables, moins ouverts. Or, les poussettes, transats et autres sièges bébé favorisent l’isolement. Ouais !!!! Laissons bébé sur le toit de la voiture, comme ça il prendra l’air ! J’aime bien le cliché du garçon pas sociable ! Moi mon petit frère, à deux ans il embrassait les passants dans la rue…on aurait dû le parquer plus !

3. Choyez vos garçons. Ce n’est pas parce que c’est un garçon qu’il faut l’élever à la dure. Les garçons sont souvent des nourrissons plus nécessiteux que les filles. Ils sont moins mûrs sur le plan physique et il leur faut plus de temps pour développer les aptitudes qui leur permettent de se calmer. Alors, oui, prenez-les dans les bras ! Mince…ça veut dire pas de ceinturon ?? Merci le « livre passionnant ». Bizarrement, je me rappelle d’une expérience nazi (mon côté historienne tout ça), qui voulait qu’on ne parlait, ne câlinait ni ne touchait les nourrissons garçons histoire d’en faire des surhommes. Bon ils se sont tous laissés mourir en 15 jours, mais apparemment, Lise Eliot vient de découvrir que c’était une mauvaise méthode d’éducation !

4. Laissez-les bouger. Et se bagarrer ! Les garçons en ont besoin. On devrait même organiser des classes de lutte pour les garçons (et quelques filles) à l’école ! De telles séances rendraient peut-être l’école plus intéressante pour les garçons et les calmeraient pour les autres apprentissages. A tout le moins, il faudrait autoriser les enfants à bouger en classe, ménager plus de « récrés » et de cours d’éducation physique. Freefight pour tous !!!!!!! Oui pour les enfants qui bougent en classe (vive le bordel), il faudrait 8 récrés par jour…en tout cas seulement pour les garçons et certaines filles (lesquelles ? Les garçons manqués ? Celles qui ne rentrent pas dans les cases de ce joyeux cliché ?). Et les filles pendant ce temps ? Ben qu’elles bossent hein !

5. Cultivez leurs émotions. Il faut encourager les garçons à exprimer leurs sentiments dès le plus jeune âge, leur expliquer ce qu’est la joie, la tristesse, la colère, la peur, la déception, la jalousie, l’embarras, la honte… En leur donnant le vocabulaire de l’expression émotionnelle, les parents offrent aux garçons une échappatoire verbale à leurs sentiments. Et personne n’y a jamais songé ?? Moi mon fils je comptais lui apprendre à cracher sur les gens, à torturer les animaux, arracher les ailes des papillons et le claquer à la moindre larme, pas vous ?

 

Filles

1. N’oubliez pas vos filles. Ce n’est pas parce qu’elles sont souvent plus calmes que les garçons qu’elles ont besoin de moins d’attention. Elles ont aussi besoin de stimulation et d’interactions pour bien développer leurs capacités motrices et cognitives. En fait ce livre s’adresse aux orphelinats chinois ! Ah, ben je comprends mieux !

2. Bougez-les ! Même toutes petites, les filles ont besoin d’activité, surtout si elles sont contemplatives. Elles ont besoin d’être encouragées à developper leurs aptitudes physiques et spatiales et de combler leur retard sur les garçons. Sortez-les des transats, laissez la poussette à la maison et plus tard, à partir de 4-5 ans, faites-leur faire du sport. Retard sur les garçons ?? Donc en fait, les filles se transforment en plantes si on ne les force pas à se bouger le cul dès l’enfance. C’est pour ça que je larve sur mon canapé, c’est la faute de mes parents !

3. Proposez-leur des «jouets de garçons». Jeux de ballons, jeux de construction, outils : n’hésitez pas à proposer à vos filles des activités d’ordinaire prisées par les garçons. Car viser, construire, assembler, appliquer des instructions sont d’excellentes pratiques pour mieux comprendre, plus tard, les mathématiques. Les parents devraient aussi encourager leurs filles à bricoler à la maison. Et ben ça en fait un programme chargé. Bizarre, je n’ai pas vu chez les garçons le même programme avec le ménage, la cuisine et le repassage. J’ai juste vu qu’il fallait s’en occuper plus et leur lire des trucs sur les voitures…

4. «Rosir» le high-tech. L’univers numérique est très masculin : les logiciels sont faits pour les garçons, les filles sont moins à l’aise qu’eux devant un ordinateur, les cours de programmation au lycée attirent moins les lycéennes, les enseignantes sont moins formées que leurs collègues masculins, etc. Il faut décomplexer les filles et les attirer davantage vers les carrières d’avenir que sont les technologies de l’information. Toi t’as jamais vu une geekette de ta vie on dirait… Et donc, cela explique que la majorité des blogueurs du monde soit…des femmes !

5. Mettez vos filles aux échecs ! Voilà une activité très compétitive et masculine à 99 %. Pourtant, une étude récente a montré que garçons et filles avaient les mêmes aptitudes pour les échecs. Ce jeu fait formidablement travailler le cerveau: il exerce la logique, les aptitudes spatiales et l’anticipation. Il serait aussi bénéfique pour l’apprentissage des maths, car il met l’accent sur la planification spatiale et la résolution de problèmes. Oui et ?

Bon, j’admets, toute la partie sur les garçons a fait frémir la féministe qui se cache au fond de moi (la chômeuse prend toute la place). En plus d’être cliché à mort, je ne vois pas bien en quoi ça révolutionne l’éducation des enfants. En gros, faut les occuper, les bichonner, les aider à se développer et tout ça avec amour. Du nouveau quoi.

Mais le top de ce dossier est ailleurs. L’interview du pédopsy est encore plus savoureuse ! Bon, je ne vais pas tout vous citer, autant vous laisser la surprise de certaines réponses. Mais comme il en faut (rhaa, vous êtes insatiables).

A la question « Aujourd’hui, ce sont plutôt les garçons qui échouent à l’école. Pourquoi ? » (d’ailleurs si quelqu’un avait la gentillesse d’apprendre les règles fondamentales de ponctuation à la journaliste…j’en ai un peu assez d’ajouter un espace à chaque point d’exclamation ou d’interrogation), la réponse magnifique fuse : « Parce que l’école n’est plus adaptée aux garçons. Il y a plusieurs explications à cela, mais la principale est que le corps enseignant est majoritairement féminin, surtout dans le primaire et au collège, et les garçons ont du mal à s’identifier à des « sujets supposés savoir » féminins. D’autant qu’à la maison, ce sont les mères qui s’occupent des devoirs la plupart du temps. Ce qui n’était pas le cas autrefois, lorsque les pères vérifiaient les notes et punissaient. On voit bien dans ce cas le rôle capital que joue l’environnement. »

Ah bah oui tiens ! Y a trop de femmes enseignantes, ça déstabilise les garçons ! La société part en vrille, ma pauvre Lucette, les femmes à la maison, les hommes à leur place d’homme et les petits garçons auront tous 10/10. Bizarrement, la place des petites filles à l’école n’est pas évoquée…bah, pourquoi faire, des filles à l’école de toute façon, hein ?

Mais il y a mieux (si si, je vous jure). Désormais, on sait pourquoi les garçons sont plus énergiques et meilleurs en maths que les filles. « L’imprégnation d’hormones mâles sur le fœtus influe sur le cerveau, ce qui explique les différences – certes beaucoup moins nombreuses qu’on ne l’a longtemps cru – entre le cerveau des garçons et celui des filles. Cette imprégnation hormonale favorise l’agressivité des garçons, ce qui encouragerait leur esprit cartésien. » Je ne vois pas le rapport avec l’esprit cartésien mais passons. « Les garçons doivent faire plus d’efforts que les filles pour maîtriser leur agressivité, ils sont dans le contrôle permanent, obligés de se raisonner. C’est aussi la raison pour laquelle ils sont souvent plus obsessionnels. On sait depuis le Moyen Age que le verbe est féminin et l’acte, masculin. On sait aussi que les garçons ont statistiquement plus de mal que les filles à exprimer leurs émotions, ils sont moins à l’aise dans le verbe. » Moi je connais plein de poètes du Moyen Age, mais j’ai dû me tromper…

Bon, ce qu’il faut aussi retenir, c’est que c’est quand même toujours la faute de la mère (oui, toujours elle. Déjà elle fait faire les devoirs cette gourgandine, parfois elle est prof, mais elle fait pire !) « Notre comportement influence l’enfant. On sait par exemple, aujourd’hui, que les garçons sont sevrés plus tard que les filles. Pourquoi ? Mystère. Est-ce parce que la mère se conduit différemment avec son garçon? Peut-être éprouve-t-elle plus de plaisir à allaiter un garçon ? »  Vous le saviez-vous que les femmes prenaient leur pied à allaiter leur fils ? Pas leur fille hein (beurk, quelle idée), mais leur fils. Les perverses !!! Bon, y a pas l’ombre d’un chiffre ou d’une preuve (différentiel d’allaitement fille/garçon ?). Donc, sachant que j’ai été sevrée à 13 mois, à quel âge aurais-je été allaitée si j’avais eu une belle paire de testicules (je les ai, mais dans ma tête) ?

« Il y a d’autres différences. Quand on parle à un bébé fille, on va davantage parler de soi, de ses émotions, de son intimité. Avec un bébé garçon, on va plus parler de l’environnement, de l’extérieur… Nous sommes tous porteurs d’a priori qui vont influencer la manière de penser des enfants. » Alors, je ne sais pas vous, mais moi, un bébé, c’est un bébé. Donc je lui parle…bébé (poutou boutou, blblblblbl, ça à un sexe ?)

Mais les petits garçons sont plus fragiles, ils souffrent ces pauvres petites choses (déjà qu’ils sont entourés de femelles).

« Selon moi, l’enfant pense aussi en fonction de son corps et de sa génitalité. Les filles perçoivent très vite que leur génitalité est à l’intérieur d’elles, c’est-à-dire qu’elle auront plus tard un bébé dans le ventre. Cela ne favorise-t-il pas les activités introspectives, l’imaginaire? Les garçons, eux, réalisent que leur génitalité est extérieure. Ils sont plus dans la projection: ils lancent des projectiles, tirent au pistolet; tandis que les filles, elles, tirent davantage pour ramener à elles: elles tirent les cheveux, par exemple. Pour moi, c’est la métaphore de leur corps sexué. » Mouais…ou alors parce que les filles ont les cheveux plus longs et que c’est top pour se battre…je dis ça, je dis rien.

« Et pourquoi les garçons jouent-ils à la guerre et pas les filles? Lorsqu’ils réalisent, vers 4 ans, qu’ils ne pourront jamais avoir un bébé dans leur ventre, qu’il ne pourront pas donner la vie, c’est un drame. Ils décident alors de donner la mort, qui est un pouvoir équivalent à celui de donner la vie. » Alors là…première fois que j’entends un truc pareil. C’est vachement complexe en fait un petit garçon. Elle est où la théorie de Freud qui disait qu’en fait c’était la petite fille qui souffrait de son manque de pénis ? En fait c’était l’inverse ! C’est beau ! Surtout qu’à 4 ans, je suis sûre que le gamin a pleinement conscience du pouvoir de « donner la vie ».

Qu’on se le dise, c’est quasiment la guerre ! Sauvons l’école de nos garçons ! « L’école est pleine de stéréotypes ! Les garçons sont plus sévèrement notés que les filles, ils sont plus souvent punis que les filles. L’école est aujourd’hui un vrai problème pour les garçons, parce qu’ils sont un peu plus agités, plus kinesthésiques et qu’il leur est difficile de rester assis pendant huit heures à faire des travaux d’écriture (ouais la fille n’a que ça à faire, pour elle c’est trop easy, elle aime s’emmerder 8h). Au collège, il y a même des garçons qui jouent à être moins bons pour ne pas se faire traiter d’intello ou de fille! (l’insulte suprême… « Oh, sale fille, t’as eu une bonne note, t’as pas de pénis » !)

Il faut absolument adapter l’école et masculiniser le corps enseignant, surtout au primaire et au collège, où quasiment tout le personnel d’encadrement est féminin. Il y a davantage de mixité dans le corps enseignant au lycée, mais, à ce moment-là, malheureusement pour les garçons, la sélection est déjà faite. Personnellement, je plaide pour une véritable parité du personnel de l’Éducation nationale, et pas seulement les enseignants. Si nous ne faisons pas cette révolution, si nous ne réintroduisons pas les hommes à l’école, nous courons à la catastrophe. » Laquelle, on ne sait pas, mais ça fait drôlement peur.

Mais alors, la solution, ça serait de supprimer la mixité ? Oui et non ! Stéphane Clerget pense que c’est une mauvaise solution car la mixité favorise le contact entre les hommes et les femmes (un peu comme de découvrir des gorilles au zoo j’imagine), mais qu’il vaudrait mieux en effet (à cause de la catastrophe annoncée).

Et tout ça c’est la faute au divorce (faudrait l’interdire aussi tiens) ! Il faut rendre sa place à l’homme car la femme contrôle la maternelle et la primaire, au collège, c’est foutu ! Heureusement, comme le dit Steph (mon pote pédopsy trop fort) « les pères commencent de nouveau à s’intéresser à la réussite scolaire de leurs enfants ». C’est vrai que ça fait bien 50 ans qu’ils s’en tapent, c’est bien connu ! A bas le père indigne asservi par les femmes ! Vive l’HOMME.

 

Mais il faut faire vite car « Aujourd’hui, les garçons sont en danger ». Le complot des femmes est en marche.

Bon après avoir lu tout ça, je me suis dit que le Figaro Mag suffisait pour remplacer Minute (comme l’UMP remplace désormais le FN), mais cela faisait très longtemps que je n’avais lu un tel ramassis de clichés non argumentés.

Qu’il y ait des différences entre les garçons et les filles, soit. Mais y a t-il vraiment besoin de différencier l’éducation de ses enfants qu’on ait un garçon ou une fille ? Je ne le pense pas. D’ailleurs, j’ai été élevée comme une personne, pas comme un sexe et je ne m’en sors pas si mal (je suis nulle en maths mais par choix). Et quand on a les deux, on fait quoi ? On enferme la fille à la cave histoire de protéger son garçon ?

Bien sûr on peut me dire que je n’y connais rien. Je n’ai pas d’enfant. Néanmoins, je trouve malsain d’opposer à ce point les enfants dès leur plus jeune âge, d’en privilégier une catégorie sous prétexte qu’il faille la considérer comme une espèce en voie de disparition. De plus, à part de nous abreuver de stéréotypes, ce dossier ne nous explique à aucun moment quel est ce danger si redouté pour les garçons ! Et nous avons de la chance, je trouve, on nous épargne les clichés sur l’homosexualité (on était pas si loin, je vous assure).

Ce que je retiens de tout ça (j’aime bien résumer) c’est que les garçons sont en danger à cause d’une éducation trop féminine, qu’ils ont des besoins très différents qu’il faut absolument privilégier, si possible en réformant l’Education Nationale qui est devenue trop bénéfique aux filles (les garces). Que la mixité c’est pas bien, et qu’il faudrait trouver autre chose (et moins de profs femmes).

Maintenant, je peux me tromper, les deux bouquins sont peut-être super pertinents. Peut-être qu’une majorité de mères de famille vont approuver en masse (j’ai comme un doute). Je laisse tout ceci à votre appréciation !

En tout cas, il y a une bonne nouvelle ! Si tous les hommes sont en danger, souffrent et échouent…j’ai peut-être une chance de trouver un CDI un de ces quatre !!!

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