I gotta feeling…

10 avril 2013

soiréeThat tonight’s gonna be a good night, that tonight’s gonna be a good good night. Je suis d’humeur festive et j’assume (de même que mes choix musicaux, j’aurais très bien pu vous sortir « C’est la fête au village » des Musclés). Bon, je vous rassure, je n’ai pas l’intention de vous conter par le menu mes projets de ce soir (sortir tout le temps c’est bien mais à force, j’ai besoin d’un jour off) mais de partager une réflexion qui m’est venue lors d’une soirée passée et passablement alcoolisée (même dans ces moments-là, j’ai le cerveau en état de marche…je n’en dirais pas autant du reste).

Comme tout un chacun, j’adore sortir, m’amuser, retrouver des potes ou rencontrer de nouvelles personnes (de toute façon, avec une bonne vodka, tout le monde est mon ami). Danser (comme une patate), discuter (sur des trucs aussi philosophiques que mon tour de poitrine), partager un verre et me rapprocher d’autrui (je suis tellement avenante), ça je sais faire. Pour autant, je ne suis pas la reine de la gaudriole (je sais, je sais, je balance désormais cette expression à toutes les sauces). Une amie m’a même surnommée « Les voies du Seigneur » pour m’expliquer mon côté coincé (pas faux…)

Pourquoi donc, me suis-je demandé ce soir-là (je parle beaucoup avec moi-même au bout de quelques verres, mais c’est normal, je me trouve très sympa) ? Pourquoi, les autres arrivent à se lâcher et pas moi ? Mon côté control freak ? La timidité ? La peur du « qu’en dira t-on » ? Je ne suis vraiment pas si marrante que ça comme fille ? Sans doute tout ça à la fois…

Pourtant, je suis assez admirative des personnes capables de ça, capable de délirer à fond sans se soucier de la moindre conséquence. Il y a un aspect très « profitons de notre jeunesse tant qu’on est encore vivants et devenir vieux et chiants ». Est-ce à dire que je souhaiterais désormais jouer au ping pong avec les amygdales de tout le monde en soirée ? Non, car, justement, je ne perds pas de vue les fameuses conséquences dont je parlais plus haut. C’est surtout quand on est une fille.

Jusqu’à très récemment (mais vraiment très récemment), je pensais encore (je suis une nouille inadaptée) que tout ce qui a trait au contact humain (physique) était super compliqué. Bien sûr, aux soirées, ou entre amis proches, on se prend dans les bras, on se tient la main, on se cajole, jusque là, on atteint mon degré ultime de connaissance sociale donc tout va bien. Néanmoins (et évitez de vous moquer, vous serez gentils), j’étais persuadée qu’aller au delà était mission impossible sans accord préalable. Par là j’entends embrasser ton voisin ou même tripoter une personne que tu rebutes un peu à la base sans te prendre une mandale. Évidemment, je voyais bien depuis des années que certaines choses se passaient simplement pour d’autres mais j’attribuais ça à un sex appeal ravageur et des personnes vraiment urbaines. Clairement, je suis passée à côté d’un truc majeur lors de mon adolescence. Car en fait, c’est facile (oui, je découvre le monde, je suis la fille cachée de Oui Oui et d’un Bisounours) !

C’est très curieux quand on me connait un peu, mais je me suis toujours mis des barrières physiques face à autrui. Pour deux raisons qui me semblaient majeures : ma ressemblance avec un baleineau échoué et plus très frais (la preuve, pour le moment je suis encore la seule à me toucher) et les fameuses conséquences (je me répète un peu non ?). J’en reviens donc à mon idée de départ : dans la vie, rien n’est gratuit et tout acte à une conséquence plus ou moins importante.

On dit souvent qu’un mec qui va se taper tout ce qui bouge en soirée est un Don Juan, ou un mec très tactile ou même un super fêtard. Ok, ses potes feront souvent des blagues à ce sujet (surtout s’il a l’habitude de montrer, ivre mort, son anatomie en public ), certaines filles l’éviteront (ou au contraire se jetteront dessus) et il donnera moyennement l’envie de devenir le père de l’enfant de qui que ce soit. Toutefois, les conséquences pour lui sont quasi-nulles (sauf s’il est casé, mais ça vaut pour tout le monde homme ou femme). On dira juste qu’il a chopé Untelle (ou Untel hein, moi je suis pas sectaire). Mais dans le cas d’une fille, c’est déjà plus délicat (enfin, que je me disais), car elle devient vite la fille facile, ou la nana bourrée qui a tripoté tous les mâles à disposition (quoi qu’un seul peut suffire), de suite l’image qu’on peut en avoir change et elle fait immédiatement plus pitié qu’envie. Autant personne ne se demandera pourquoi le mec agit comme ça, autant pour une fille, tout le monde y va de son explication : alcool ? tristesse ? envie de choquer ? chaudasse ? Et ce genre de choses peut te suivre longtemps et remonter assez loin dans ton cercle indirect de connaissances…

Ça, c’est pour la partie liée aux autres, car il peut y en avoir pour soi-même quand on n’a pas de pénis, comme ce qui a trait aux sentiments. Perso (maintenant, je sais que certaines arrivent à dissocier les deux mais moi pas), je ne peux toucher, suivre une pulsion sans rien ressentir derrière (ne cherchez pas l’allusion à la sodomie, je ne suis pas salace à ce point). Qu’il s’agisse d’une amie (je prends dans les bras des gens pour qui je ressens une forte amitié), ou d’une personne du sexe opposé (et en général, là, ça devient super confus dans ma tête, si je touche c’est qu’il me plaît déjà et, si je ressens plus, le fait de caresser sa peau va amplifier le phénomène amoureux). Je ne pense pas être la seule nana à fonctionner comme ça (même si je reste unique) alors que je vois souvent des hommes pour qui le contact physique (attention, je ne parle pas de coït…hum, ça marche aussi en fait) est totalement anodin émotionnellement parlant.

Et, donc, il y a peu, même si j’avais bien conscience de ça intellectuellement parlant, j’ai réalisé l’injustice de la chose dans les faits.

Je sais ce que vous vous dites, je pense trop et ne vis pas assez l’instant (ce qui est vrai). Que j’ai une sorte de schizophrénie physique entre mes désirs et les barrières que je m’impose. Que se lâcher un peu (je ne dis pas faire n’importe quoi), ça a du bon. On ne se refait pas, c’est sûr, mais j’ai au moins compris que je pouvais quand même entrouvrir un peu la porte et ne pas être trop bloquée sur le contrôle (contrôler sa vie n’est pas la vivre), qu’on pouvait aussi suivre ses pulsions car c’est en fait tellement facile (et qu’on ne se prend donc pas obligatoirement de mandales comme je le craignais initialement, au contraire, il y a parfois de bonnes surprises). Un comble quand on aime le contact (et plus encore certaines personnes) est de s’empêcher d’en avoir aucun. Si je l’avais su plus tôt, j’aurais été tellement moins réservée (même l’alcool ne me transforme pas en queen of the night, c’est d’un triste).

Est-ce que cela veut dire oublier toutes les conséquences envisagées ? Pas dit que dans mon cas ça soit possible, mais atténuer mes peurs ça peut être un début pas trop moche. Comme vous le voyez, aux soirées on peut très bien se bourrer la gueule et s’instruire en même temps (je compte proposer ce système d’apprentissage au Ministère de l’Éducation Nationale pour améliorer les programmes).

Sigmund Freud a dit « La conscience est la conséquence du renoncement aux pulsions »

…DarkGally dit « Une bonne pulsion ça fait du bien là où ça passe » !

PS : N’allez quand même vous imaginer des choses, je suis une fille trop très sage.

Rendez-vous sur Hellocoton !