J’ai peur des chats !

4 mai 2011

CDP45.jpgVous est-il déjà arrivé de soupçonner votre interlocuteur d’en rajouter lors du récit d’une histoire estampillée « incroyable mais vrai » ? Car tel est le type d’histoire qui se profile ici ! Mais, depuis le temps que vous fréquentez ce blog, vous savez, désormais, qu’avec Pasd’Bol tout est possible.

 

Je vais vous raconter l’histoire…de la plus grosse terreur de ma vie ! (tin tin tin).

 

Je passais mon week-end sur deux bimensuel chez Papa Pasd’Bol. J’avais 11-12 ans, c’était en mail, il faisait presque beau (entre deux averses et en regardant bien à travers les nuages gris).

 

Papa Pasd’Bol, m’avait promis une journée de folie. Ce qui ne signifiait qu’une chose : La Foire du Trône !! Car il faut savoir que j’adore aller à la Foire du Trône (je n’y suis plus retournée depuis lors, et je le regrette bien). Pour une fois, je ne vous cache pas que je traînais des pieds. D’une part, il n’est pas très rigolo d’aller sur les manèges toute seule, sans personne avec qui partager la fête (Papa Pasd’Bol déteste les manèges, la folie, la fête ou le simple fait de rigoler). De l’autre, j’étais jeune, mais pas dupe. Je savais très bien que la Foire du Trône était à Vincennes, qu’à Vincennes il y a l’Hippodrome et qui dit Hippodrome de Vincennes dit courses de chevaux (au trot). Or, Papa Pasd’Bol est un grand inconditionnel des courses de chevaux (vous connaissez beaucoup d’enfants capables de faire un juste pronostic du Grand Prix d’Amérique après avoir étudié les annonces du jour du Parisien ? J’étais de ceux-là…)

 

J’avais donc quelques réserves sur le fun à venir. Après plusieurs heures passées à regarder les dadas (et contrairement à mon père, j’ai gagné plusieurs fois…il a dû regretter de ne pas miser sur le cheval que je lui suggérais), nous sommes allés à la fête foraine. Passé l’attente pour qu’il puisse obtenir sa bière et ses frites (ça donne faim et soif les courses), j’ai enfin pu songer à m’amuser. Par choix, j’ai privilégié les manèges en « solo ». Soyons honnête, le Grand 8 toute seule donne, d’un coup, moins envie.

 

J’ai commencé par mon grand classique : La Maison du Rire ! J’adore ce truc ! C’est d’ailleurs le seul manège où Papa Pasd’Bol acceptait de m’accompagner… Je pense les avoir toutes faites ! Trop drôle.

 

Une fois fait, je tombe par hasard sur mon deuxième classique : Le Palais des Glaces ! Autant vous le dire de suite, je suis super balèze à ça ! J’ai ma technique pour trouver mon chemin dans ce labyrinthe de vitres. Comme tout le monde s’éclate la tête dessus ou marche à tâtons, toutes les glaces sont un peu sales. Il me suffit donc de regarder en l’air et de chercher la démarquation avec le vide. Et voilà, c’est imparable !

 

Enfin…c’était imparable. Comment aurais-je pu deviner qu’il restait une vitre totalement propre ?? Ca n’a pas loupé, je suis tombée la tête la première sur la glace (tous les enfants présents étaient mort de rire). J’avais mal, et j’avais honte, la fête ! Tout à coup, je sens comme une certaine humidité sur mon visage. Je retire mes lunettes (vous voyez des grosses lunettes en plastique bleu, forme papillon ? Bingo !) et j’essuie. Et là, je comprends pourquoi tous les gamins coincés dans le Palais des Glaces ont cessé de rire…le sang coulait à flot !

 

Eh oui, mes lunettes avait explosé mon arcade sourcilière ! Je panique, je ventile, je crie, je pleure ! Heureusement, un ado prend les choses en main (et moi par la main, mmmmm) et m’amène à la sortie. Mon père, flippé, m’emmène voir les pompiers qui me soignent dans la foulée et me donnent un sucre recouvert d’alcool de menthe quand j’ai commencé à tourner de l’oeil et à vomir.

 

Si vous pensiez qu’il s’agit là de l’histoire que je vous promettais en début d’article…vous vous mettez les lunettes dans l’oeil (chacun son tour !). Car c’est loin d’être fini (non, ne pleure pas Lecteur, je vais essayer de faire vite !)

 

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La fête était clairement finie, je me sentais très mal et j’avais peur. Impossible pour mon père de me ramener chez lui, il fallait trouver un point de chute plus près. Soudain, il pense à l’une de ses « copines » qui ne vit pas très loin. Nous laissons la voiture à Vincennes (pour une raison simple, j’ai toujours été très malade en voiture, là je ne l’aurais pas supporté), prenons le métro et nous nous dirigeons chez cette personne que je n’ai jamais vue. Avant d’aller sonner chez elle, mon père lui passe un coup de fil puis me prévient « tu vas voir, elle est très gentille, mais méfie-toi du chat, c’est une sale bête ». Sur le coup, je n’en pense pas grand chose, Papa Pasd’Bol a toujours détesté les chats.

 

Nous y sommes et, c’est vrai, cette femme est charmante, la gentillesse même. Adorable, elle est toute douce avec moi et comprend qu’il faut me ménager vu l’accident qui m’a un peu sonnée. Et propose gentiment de nous héberger, Papa Pasd’Bol et moi dans son studio tout mignon. Bref, elle a vite su me mettre à l’aise (j’étais très timide avec les personnes que je ne connaissais pas, d’autant plus si j’avais l’impression de m’imposer).

 

Papa Pasd’Bol suggère d’aller récupérer la voiture, laissée à Vincennes, puis d’aller chercher mes affaires pour la nuit. Son amie souhaite l’accompagner et me propose d’aller me reposer dans la chambre (en mezzanine) avec un bon livre. Très sympa ! Avant de partir, elle me prévien
t « il y a du coca dans le frigo, fais comme chez toi et n’hésite pas à te servir. Choisis la BD que tu veux à l’étage et repose-toi bien. Fais quand même attention à la chatte, elle a un sale caractère et elle aime bien attaquer quand on monte l’escalier ». De fait, je m’approche de la bestiole qui se met à grogner. Et ils partent, en me laissant, seule.

 

Vous le savez, j’adore les chats ! Je ne vis pas sans chats et je suis née avec des chats dans le berceau. Je les connais bien et ils m’aiment en retour. Là…je ne le sentais pas. Toutes ces mises en garde, contre un chat qui ne me connaissait pas, à un moment où j’étais si vulnérable, m’ont rendue très anxieuse.

 

Ainsi, je ne m’approchais pas de la bête et lui parlais avec une crainte révérencieuse. Je décide de rester à la mezzanine, loin du chat démoniaque, pour lire tranquillement.

 

Je me précipite dans les escaliers (le chat est coincé derrière et grogne), je cours (ce qui était très raisonnable vu l’accident précédent !) et hop, je me mets sur le lit, à l’abri.

 

Je lis ma BD (un Boule et Bill) mais soudain…j’ai soif ! Mais vraiment soif (je n’ai rien bu depuis le petit déj).

 

Une demi-heure s’est déjà écoulée, ils ne vont pas tarder à rentrer de toute façon. Je décide d’aller dans la cuisine (en évitant le chat). Je descends très (trop) vite les escaliers (j’ai glissé, je me suis rattrapée à la rambarde, j’ai failli me viander, tout est normal) et je me précipite à la cuisine.

 

J’ouvre le réfrigérateur, il y a des canettes de Coca, victoire. je m’apprête à repartir et je me tourne…Horreur !

 

Dans l’embrasure de la porte, le chat me bloque le passage. Il grogne et me regarde d’un air menaçant (les oreilles en arrière). Vous me croyez si je vous dis que j’étais pétrifiée par la peur ?? Oui, moi, la Maman Chat ultime !

 

J’ai donc posé la canette (pour qu’il ne me reproche pas d’empiéter sur son territoire) et je me suis recroquevillée contre le frigo. Le chat me regardait toujours et grognait de plus en plus fort. Ce que je voyais dans ses yeux ? Une folie meurtrière.

 

J’avais beau me dire que cette sale bête devait sentir ma peur et que cela accentuait son envie de me bouffer, je tremblais comme une feuille.

 

Soudain, le chat s’est mis à avancer dans ma direction, en douceur (et en position d’attaque). J’ai regardé à côté de moi…ouf, des croquettes ! Je lui ai donc jeté ses croquettes afin de freiner sa progression et de lui changer les idées. Pendant que ce stratagème fonctionnait, j’ai décidé de m’élancer hors de la cuisine. Le cri déchirant qu’a lancé mon geolier quand il m’a vue me lever, m’a contrainte à me rassoir à ma place (en postion de défense).

 

Le temps passait, lentement, lentement. Et personne ne revenait. J’avais déjà passé plus d’une heure dans cette cuisine, en priant pour que ce chat ne s’approche pas davantage. A la moindre tentative, je lui lançais deux ou trois croquettes.

 

Deux heures et demi sont passées. Je n’avais plus de croquettes, j’avais faim, j’avais toujours soif (je n’osais pas boire de peur de violer un pacte de non agression tacite passé entre le chat et moi) et là, j’avais envie de faire pipi ! Très honnêtement, je me voyais déjà obligée de me faire dessus, tant ce chat me coinçait !

 

Il a dû sentir que j’étais à bout et que c’était le bon moment. Il s’est rapproché davantage. Il était proche, trop proche, et plus menaçant que les heures précédentes. Je pleurais, je le suppliais de me laisser, mais ça l’a encore plus énervé. A court de croquettes, je lui ai jeté la gamelle (pour attirer son attention sur autre chose). Aucun succès. J’ai tenté avec la gamelle d’eau…Echec. A défaut, je lui ai rendu la canette que j’avais osé prendre dans le frigo…mais il était trop tard pour enterrer la hache de guerre.

 

C’était la fin, j’avais perdu. Au moment où le chat a pris son élan pour se jeter sur moi, la porte s’est miraculeusement ouverte !!! La cavalerie est arrivée, j’étais sauvée.

 

Il y a bien fallu 4 heures pour que Papa Pasd’Bol arrête de rire…

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