J’ai testé pour vous : la Légion d’honneur !

15 février 2015

Légion d'HonneurJe vous arrête de suite, j’ai beau être une personne formidable (dixit moi-même), on ne m’a pas encore remis la Légion d’honneur. Ou même proposé une médaille en chocolat pour mes grands mérites (j’ai fait la litière hier). D’un autre côté, j’ai validé mon CDI vendredi et on m’a proposé de monter en compétences pour évoluer dans la boîte. Vu que ça faisait depuis 2007 que ça n’était pas arrivé, on va dire que ça vaut tous les honneurs du monde en ce qui me concerne (j’attends désormais qu’un milliardaire saoudien m’adopte pour finir rentière). Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit…

Il y a peu, mon amie Red m’a annoncé que son grand-père allait recevoir la Légion d’honneur. J’ai toujours su que Red avait une famille assez exceptionnelle. Des personnes courageuses, soudées, qui ont su affronter la vie avec talent et la rendre particulièrement riche. Ce qui est d’autant plus impressionnant pour des êtres qui, comme moi, ont une famille qui se résume à peau de chagrin en fin de vie. Mais la Légion d’honneur, diantre !

Pour ceux qui l’ignorent, la Légion d’Honneur kézako ?

L’ordre national de la Légion d’honneur est l’institution qui, sous l’égide du grand chancelier et du grand maître, est chargée de décerner la plus haute décoration honorifique française. Elle a été instituée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte. Elle récompense depuis ses origines les « mérites éminents » militaires ou civils rendus à la Nation.

Les nominations ou promotions sont officialisées par un décret du président de la République, visé pour son exécution par le grand chancelier et contresigné par le Premier ministre et, le cas échéant, par le ministre compétent. Lorsqu’ils concernent les nominations directes, les nominations et promotions à titre exceptionnel, les promotions au grade de commandeur et aux dignités de grand officier et de grand’croix, ces décrets sont pris en conseil des ministres.

Voilà pour Wikipédia. Inutile de vous dire qu’à ce niveau, ça ne rigole plus. Pour tout vous dire, je n’ai jamais pensé que j’assisterais à un tel événement de mon vivant. Autant l’avouer, j’étais assez touchée d’être invitée parmi les proches alors que je n’étais pas bien sûre d’y avoir vraiment ma place. Surtout que, en tant que cynique blasée reconnue, j’ai toujours été la première à fuir les flonflons mondains. Mais Red étant une amie, mon admiration pour sa famille étant sincère, étant une grande curieuse, j’ai foncé !

Dans les faits, ça a donné quoi ? Tout d’abord, j’ai toujours pensé que seuls les ministres, les préfets ou le Président décernaient la Légion d’honneur (si j’avais été à l’Elysée, on m’aurait entendue pendant des années dans les soirées…) mais j’avais tort. Il y a moyen de demander à quelqu’un déjà Chevalier d’être « l’épingleur officiel » du fameux macaron. Dans ce cas, c’est un peu comme être marié par un ami, ça rajoute pas mal d’émotion à l’événement comme ce fut le cas ici. Puis, pour résumer, la personne qui remet la Légion d’honneur fait un discours expliquant le pourquoi du comment, résume la vie du promu, ses hauts faits, et enfin le nouveau Chevalier remercie l’assemblée en ajoutant des détails complémentaires avant de se faire épingler et d’ouvrir le champagne. Mais ça, c’est seulement si on fait un résumé de l’événement froid et impersonnel.

Je l’admets, je ne pensais pas assister à une cérémonie aussi émouvante…Tout d’abord, car la personne qui a été récompensée a eu un destin tout à fait extraordinaire. Ce qui est curieux, c’est que les êtres d’exception sont également les plus modestes, les plus humbles (autrement dit, pour moi c’est foutu). Red m’a souvent raconté la vie de son grand-père, de l’ensemble de sa famille même car, disons-le, tous sortent du commun. Mais la voir racontée et mise en avant de cette façon, ça met une claque quand on est « extérieure » à tout ça.

Autre point fort, l’amour palpable et la fierté de la famille durant la remise. Une chaleur et une unité que je n’ai pas l’habitude de voir tous les 4 matins. Je ne sais pas si assister à une remise de Légion d’honneur est un grand privilège, mais assister à cette cérémonie-là en était un véritable. C’était également rappeler une partie noire de notre Histoire : la guerre, Vichy, la mort…Mais au delà de l’horreur que des millions de personnes ont connue, c’est également se souvenir de la force de certains, de leur courage, de l’envie de se battre contre le mal, d’aimer envers et contre tout, d’aimer la vie surtout… On a beau savoir tout ça surtout si on a eu la chance d’aller à l’école, se rappeler et découvrir ce souvenir encore vivant est bien plus fort. J’ai beau parler ici de galères (enfin des miennes), c’est sans commune mesure avec le destin de cet homme admirable qui a su réellement lutter pour sa vie, pour ses idées et pour les êtres qu’il aimait…sans se départir de ses rêves, de son humour, du bon en lui.

De l’émotion oui, mais également de l’amour et de l’humour. Quelque chose de fort en somme. Et même une pointe de fierté d’y assister. Bien sûr, je n’entrerai pas dans les détails, cette histoire ne m’appartient pas. J’ai simplement envie de dire : j’y étais (et vous avez raté quelque chose). Bon, j’ai aussi découvert que je ne connaissais pas Charles Trenet si bien que ça et j’éviterais à l’avenir de chanter Je Chante à des enfants.

Je tiens juste à ajouter que cette cérémonie m’a rendue plus optimiste vis à vis du genre humain. On a beau se concentrer sur les défauts, sur ce qui va mal, sur les galères, qu’on en oublie que l’Homme est capable de grandes choses dans les pires moments (bon l’inverse est également vrai, je ne mets donc pas tous les humains dans le même sac, mais cela est possible). On dit souvent que le propre de l’Homme est le rire, la parole, voire le rêve…

Aujourd’hui je pense que c’est de vivre en dépit de tout

et savoir créer du beau là où il n’y en a pas.

C’est une jolie leçon…

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