Je suis la fille de Bruce Willis !

6 mai 2015

die hardJe sais Lecteur, en ce moment tu te dis « Non seulement elle poste un article par mois à tout casser, mais en plus où qu’elles sont mes galères ? ». Et tu n’as pas tort…L’âme de ce site n’étant pas ma vision bizarre du monde qui nous entoure mais bien mes petites anecdotes quotidiennes (dont j’abreuve mes amis Facebookiens…si ça peut te rassurer, ils le paieront cher au moment de l’Eurovision). Ai-je soudainement reçu la bénédiction des dieux (et du Père Noël) et ainsi cessé d’avoir ma poisse légendaire ? Ai-je cessé de trouver drôle le moindre petit tracas ? Que nenni ! En fait, je n’ai même pas de réponse à t’apporter, c’est comme ça et puis c’est tout.

Mais comme j’ai pitié de toi qui supporte mes délires depuis 4 ans, voici la dernière galère toute fraîche du jour.

Nous sommes en mai. C’est à dire la période où l’on bosse le moins les bonnes années (enfin, j’attire quand même votre attention sur le fait que je vais bosser ce samedi…). C’est donc après une pose judicieuse de mes RTT (ça me fait encore tout bizarre d’en avoir) que je me suis retrouvée avec un week-end de 6 jours. Forcément, on s’habitue et on a moyennement envie de retourner bosser après ça… Las, il faut bien nourrir les chats et les protéger de la pluie, donc au bout d’un moment quand faut y aller faut y aller (sans Terrence Hill, ce que je déplore).

Déjà, quand je me suis couchée (tard car j’ai décidé de rattraper tout mon retard en Daredevil), je savais que la nuit serait rude. La pleine lune dardait ses rayons à travers la baie vitrée sans rideaux pendant que j’essayais désespérément de dormir sur mon canapé (te voilà rassuré par cette simple phrase Lecteur, oui j’ai un boulot mais toujours une vie de merde), autant vous dire que c’était mission impossible et je redoutais déjà le réveil (j’ai pourtant essayé de compter les morts de quand je serai reine du monde mais ça n’a pas fonctionné comme je le voulais, c’est plus un excitant qu’autre chose). J’étais donc un peu à la ramasse quand le téléphone à sonné pendant que mes chats tapaient contre mon crâne embrumé (sans minimum 7 heures de sommeil je ressemble à un troll mécontent, sachez-le).

Bref, il a bien fallu partir et essayer d’être au top de ma motivation (je pense toujours à ma nuit suivante pour tenir toute la journée et je me gave de guarana). Je prends mon sac à main, la litière sale pour la jeter dans la poubelle, et je pars. J’appuie sur le bouton de l’ascenseur qui arrive à fond les ballons, je rentre dedans, j’appuie sur le 0 et il descend. Jusqu’ici tout va bien. Du moins, tout allait bien…

C’est au moment où l’ascenseur est arrivé entre le 4 ème et le 3 ème étage qu’il s’est coincé. Ok ce sont des choses qui arrivent (surtout chez moi, ça arrive souvent), mais j’ai quand même noté comme un signe du ciel qui me poussait à retourner me coucher en me faisant porter pâle (à bien y réfléchir, j’étais un peu verte…surtout en pensant à mon retard). Je suis une femme d’action ! Ni une ni deux j’appuie…sur le bouton d’alarme ! Eh ouais, je suis comme ça moi, ça rigole pas ! Cette saloperie de bouton d’alarme tellement mal placé que tous les jours les gens se cognent dedans et me réveillent au son d’une corne de brume (bon, en vrai ça fait pas ce bruit là mais c’était plus rigolo à écrire que « biiiouuubiiiiouuubiiiouuubiiiouuu »). On l’aura compris, je sonne. Enfin, non et c’est ça le truc ! Ça ne sonne pas ! Le seul jour où cette é_yeiubc46sqxjù (je suis polie) de bouton refuse de fonctionner est précisément le jour où je suis coincée dans l’ascenseur et méga à la bourre. A ce moment-là, je m’imagine déjà ronger mon bras et boire mon urine pour survivre en espérant que quelqu’un me délivre un jour.

Bien sûr, il existe cet outil technologique magique qu’on appelle téléphone. Je vous le demande un peu, était-ce vraiment le jour pour l’oublier sur ma table 2 étages au dessus de ma tête, hein, vraiment ? (Ne cherchez pas, la réponse est non). Du coup, bras, urine, mort, tout ça tout ça…

Au bout de nombreuses, trop nombreuses minutes à me dire « Je le savais, je le savais, j’aurais dû rester chez Pôle Emploi ! », j’ai entendu du bruit plusieurs étages plus haut…ou plus bas, je ne suis pas très douée pour voir d’où viennent les sons du moment qu’ils existent (comme les voix dans ma tête). Miracle, une jeune-fille disait au revoir à sa mamie et s’apprêtait à prendre l’ascenseur. Mon premier réflexe a donc été de crier « Eh Ho ! Je suis coincée dans l’ascenseur » et de revivre joyeusement une scène mythique du Père Noël est une Ordure (sans jeu lumineux pour passer le temps). Et là…rien ! « Au revoir mamie, prenons les escaliers, ah là là, tu te souviens de la blague de l’oncle Roger, hi hi hi hi hi ». J’admets, la peur a commencé à m’envahir ! Et si j’étais déjà morte et que personne ne m’entendait ? Et si j’étais coincée dans la Quatrième Dimension ?

Comme je suis une personne cartésienne, j’ai également pensé que je n’avais pas crié assez fort…J’étais donc partie pour un deuxième tour espérant vivement que les rires de Mamie Lucette n’empêchent sa p’tite fillote d’entendre mes appels de détresse. Au bout de 5mn à m’époumoner (elle avait plein de trucs à raconter, Mamie Lucette, et elle était vraisemblablement sourde comme un pot), la jeune-fille m’entend et me dit « Ne bougez pas, je descends ! » (c’est sûr qu’elle prenait le risque que je parte faire un tennis…). Enfin je la vois, ma sauveuse ! Elle se colle au sol pour mieux voir mes petits yeux larmoyants (je fais très bien le Chat Potté quand ma vie en dépend) et me donne une directive : essayer d’arracher la porte en verre pour la plier (si si, c’est possible) et accéder à la porte en métal complètement coincée. Je tire comme une malade sur la porte qui fait 3 tonnes, je m’éclate les ongles, je m’arrache la peau des mains et, enfin, j’arrive à plier ladite porte que je coince avec une jambe pendant qu’elle essaie toujours de me rentrer dans la hanche (cette porte est vivante, son destin c’est de se fermer envers et contre tout, surtout contre moi).

Etape 1 : done ! Le plus dur reste à venir. Pendant que je continue de me battre contre la porte en verre qui, mue par une énergie haineuse, se ferme rageusement sur ma personne dans le but de m’exterminer en m’écrasant contre le mur, il me faut ouvrir la porte en fer forgé ! Ma sauveuse (j’ignore toujours son nom) m’explique qu’il y a un levier blanc en bas, oui oui juste là à droite, qui va m’ouvrir la porte. Qu’il faut retirer un bidule tout aussi blanc pour le soulever. Elle le sait, elle l’a déjà fait (je vous le disais que c’était ma sauveuse). Je tire sur le bidule qu’elle me montre. Il est collé par la peinture. Je tire, j’arrache, je griffe, je mords…rien, nada, c’est vraiment collé (et moi j’ai mal partout d’autant que je continue mon combat contre la porte en verre qui refuse de rester pliée). Enfin, au bout de 20 mn, je retire le machin et…que dalle. C’était juste le joint qui empêchait la porte en métal de faire vlam en se refermant ! Le fameux levier n’étant qu’un truc pour coller le bidule en mousse (ma sauveuse n’est donc qu’une grosse mytho).

A bout de force et d’espoir, je la supplie d’aller chercher la gardienne, les pompiers, l’armée, un réparateur d’ascenseur…quelqu’un quoi ! Ce qu’elle a fini par faire après 5mn de parlotte pendant lesquelles elle me suggérait de continuer mes efforts sur le bidule blanc (gourdasse).

Elle part, me laissant seule avec la porte maléfique et ma litière embaumée. C’est dans ce silence assourdissant (enfin…la porte faisant bong bong contre moi, c’était presque silencieux on dira), que mon cerveau s’est réveillé. Calant la porte avec ma fesse droite (j’ai gagné un bleu), j’ai inspecté de plus près le mécanisme de la porte en fer. Je guette, j’observe, je tâte…et là, je remarque en haut à gauche un levier noir (notez bien : levier noir en haut à gauche VS levier blanc en bas à droite). Je me dis donc « Rhooo dis donc, qu’il est beau le joli levier noir ! et si je tirais dessus pour voir si la bobinette cherra ? ». J’appuie, même si je redoute l’électrocution (avec mon bol hein, on est vite méfiant). Magie ! En poussant du bout des doigts (on rappelle que je suis entre deux étages donc sur la pointe des pieds), la porte s’ouvre.

Sentant ma liberté prochaine, je m’organise. Avec la main et la jambe droite je coince la porte en verre, de la main gauche je tire sur le levier puis j’appuie illico sur le bas de la porte en fer pour la garder ouverte, je cale le sac à main sous mon épaule, je prends mon essor (comme un ressort), je pose la main gauche sur le sol du 4ème étage, je saute, le sac à litière sale entre les dents (enfin, la poignée, hein, qu’on soit clairs) en m’appuyant sur la main pour effectuer une rotation à 180°, je pose mon séant sur le sol en ramenant précipitamment mes genoux vers moi au moment où la porte en verre se rabat d’un grand « clac » et je souffle !

Il va de soi qu’à partir de là je ne ressemblais plus à rien et ma journée était déjà foutue… Mais je l’ai fait ! J’ai vaincu ! Et j’ai fait ma plus belle cascade (je serais incapable de la refaire si vous me le demandiez, l’instinct de survie que ça s’appelle).

Illico, j’ai monté les escaliers, suis rentrée chez moi…puis me suis désinfectée et j’ai repris mon téléphone avant de repartir au taf. Ben oui quoi, vous pensiez vraiment que mes employeurs allaient me payer un jour off pour cause de cascades dans un ascenseur ? Et pour partir (et alerter la gardienne que j’étais vivante) j’ai pris…l’autre ascenseur ! Qui a fonctionné à merveille !

Je le disais plus haut, le ciel m’a fait un signe aujourd’hui…

Il est grand temps que je prenne les escaliers tous les jours afin de réduire le gras des cuisses !

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