Jeux de miroirs

14 avril 2014

miroirMiroir, ô mon miroir, dis-moi quelle est la plus belle en ces lieux…Non, je déconne, je ne vais pas parler de ça du tout (en plus, VMG est mon blog, la réponse coule de source).

Je ne sais pas vous, mais moi je sais comment je fonctionne et j’ai une fâcheuse tendance à me renvoyer ce qu’on me donne. Bon, ok, souvent avec un bonus, mais ça c’est autre chose. Un sourire amène un sourire, la gentillesse entraîne la gentillesse et à l’agressivité succède la violence. Classique. Mais il y a plus. Parfois ce que l’on ressent amène une émotion chez l’autre car les sentiments sont souvent contagieux. Du moins, globalement. Par exemple, j’ai un ami qui avait une BFF folle amoureuse de lui sans retour. Ça a duré deux ans pendant lesquels il lui faisait comprendre que ce n’était pas réciproque et il faisait sa vie librement. Elle ne le harcelait pas, était là, douce et sereine toujours à son écoute, sans le juger, discrète sur ses sentiments qu’il connaissait pourtant. A priori une bonne poire me direz-vous. Et pourtant, un jour il s’est mis à la regarder autrement. Tout cet amour sans attente particulière (notez bien ce point, il est important), le fait de l’aimer lui pour ce qu’il était mais sans envie de l’avoir rien qu’à elle et sans désir de le changer, cette discrétion, cette patience a fini par le toucher. De gênant, c’est devenu un besoin puis une vraie passion. L’image positive qu’elle lui renvoyait sincèrement, sans rien demander, juste car il était lui et que cela la rendait heureuse, a mué son amitié en love story qui a duré 3 ans. Comme quoi…

Là, je vous entends « Hey ! Moi aussi j’ai aimé quelqu’un passionnément qui ne voulait pas de moi et il n’a jamais changé d’avis ! ». Moi aussi figurez-vous. Mais c’est là qu’on se méprend sur ce qu’on renvoie. Car généralement, cet amour sans retour cache plus de choses que l’on n’imagine. Un besoin désespéré que l’autre nous aime par exemple (vous avez bien retenu la partie « sans attente » de mon anecdote ?), un fantasme de l’autre qu’on imagine être une sorte d’idéal mais qu’on ne regarde pas objectivement, on aime des qualités supposées et non réelles, une envie tellement pressante et une peur de ne pas l’avoir qu’on l’appelle non stop, le relance sans arrêt en lui rappelant nos sentiments en permanence, l’envie que l’autre comble un manque en nous…Quand on est déstabilisé on perd pied et on fait peur…C’est le cercle vicieux du miroir, on pense renvoyer une image apaisante, douce et aimante, et on ne renvoie qu’un besoin et une forme de désespoir et de mal être. Oui, le « Aime-moi pitié car moi je t’aime tellement » est flippant. Contrairement à l’ex de mon pote qui était plus dans « Je t’aime pour ce que tu es et ça me suffit » qui a su créer un cercle vertueux (j’avoue, il faut aussi une sacrée patience et une belle abnégation).

Les gens qui ont confiance en eux nous donnent souvent envie d’être à leur côté, de même ceux qui n’attendent rien de nous et sont indépendants. A contrario, ceux qui respirent le mal être ou cherchent à combler un truc grâce à nous, sont pressants, nous font fuir en courant. Manifester une dépendance n’entraîne qu’un sentiment de malaise quand la sérénité pousse souvent à l’émotion.

Ce qui est valable en couple. Quand on se sent apaisé (avec soi et avec l’autre), qu’on voit la présence de l’autre comme un bonus à sa propre vie, qu’on n’est pas sur son dos 24/24, qu’on a confiance, la relation suit son cours. Et l’on vit parfaitement bien les périodes de doutes ou les diverses turpitudes car l’autre se sent bien avec vous, vous renvoyez une image optimiste et positive. On sait laisser l’autre prendre un peu d’espace en relativisant (ce qui fait que souvent il ne s’éloigne pas bien loin). Or, il y a le mauvais miroir. L’autre doute, on le sent (toujours) et on panique. La confiance en nous fout le camp, notre amour propre aussi du coup et l’on devient prêt à tout pour le retenir. La peur ça se sent (loi du monde animal) et on finit par se faire bouffer. Regardez bien les documentaires, l’animal qui se sait faible transpire la peur et ça se termine rarement bien pour lui. Il termine abandonné par sa meute et le lion se fait un festin.

Autrement dit, dans la vie de tous les jours, il vaut mieux bien se connaître et donner à autrui ce que l’on voudrait recevoir. Quitte à ce que ça prenne du temps (il y a des personnes un peu dures de la comprennette). A bon entendeur…

C’était la minute philo de Pasd’Bol.

Sur ce, je retourne répandre l’amour et la sagesse dans le monde ! Tchuss !

En parlant de miroir, cliquez sur l’image et vous aurez un merci !

Tribway

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