Joue la comme Darcy

14 février 2013

darcy.jpgFitzwilliam, pas Mark ! Je sais que pour cette St-Valentin je pourrais m’identifier à Bridget Jones (mon pot de glace m’attend), mais j’ai une nette préférence pour Jane Austen. Pour la peine, j’ai relu Orgueil et Préjugés. Au moins, j’ai la garantie de célébrer la fête des amoureux avec l’homme de mes rêves : Mr Darcy !

 

A mes yeux, Darcy, c’est l’homme parfait. Il est beau, il est généreux, il est raffiné et cultivé, il est un peu cynique et possède un magnifique humour à froid, il est anglais mais aussi, ce qui ne gâte rien, il est riche comme Crésus. Bref, Mr Darcy c’est où il veut quand il veut…bon, pour ça il faudrait qu’il soit réel !

 

Depuis mon retour sur le marché de l’amour, je me pose pas mal de questions sur la séduction, l’attraction, la rencontre (si si, cherchez bien, j’ai écrit un tas d’articles là-dessus). Et c’est cette semaine que j’ai enfin tout compris, merci Jane Austen ! On pourrait penser qu’un bouquin écrit au XIXème siècle ne peut venir au secours de la femme moderne que nous sommes toutes, mais en se penchant un peu sur le sujet, on réalise qu’il y a des choses qui ne changent pas. Et moi j’affirme que Lizzy Bennet a super bien joué son coup !

 

Ok, c’est sûr, nous sommes moins prudes qu’à l’époque, moins soucieux du qu’en dira t-on, les temps ont un peu évolué. On expose nos amours publiquement, on n’a plus peur de coucher avec qui nous plaît sans craindre de passer pour une salope et sans se sentir obligées de se marier, les femmes sont indépendantes et n’ont plus besoin d’être la possession morale d’un père ou d’un mari et, a priori, nous n’avons plus grand’chose en commun avec nos cousines des siècles précédents. Pourtant, notre attente de l’amour, la peur de ne pas rencontrer THE ONE, cet art inconnu de séduire qui nous plaît et d’obtenir son coeur…Tout ceci est exactement pareil quelle que soit l’époque. De fait, il n’y a pas tant de différence que ça si on y pense, entre un roman de Jane Austen et Sex and the City, hormis l’évolution des moeurs (mais non des coeurs).

 

Mais revenons à Lizzy… De nos jours, les trentenaires sortent, s’éclatent, mais au fond se posent les mêmes questions, d’où l’explosion des bouquins de coaching pour dénicher l’âme-soeur et le garder. Vous voulez économiser 30? ? Allez à la bibliothèque pour lire Orgueil et Préjugés, tout est dedans ! Voici un livre précurseur qui met en pratique tous les conseils qu’on vous vend.

 

Elizabeth Bennet est une jolie fille, intelligente et fière (mais fauchée comme les blés et d’une famille foireuse) qui arrive à la fin à épouser le plus beau mec d’Angleterre et l’un des plus riches ! Et ce, sans avoir à écarter les cuisses avant mariage (je doute donc que ces conseils soient un jour utiles à Zahia). Par quel miracle me direz-vous ? Suivez le coach !

 

Partons du début. Lizzy est la cadette d’une famille pas bien riche (mais vaguement noble) dont seuls le père et la soeur gagnent à être connus. La mère et les autres soeurs sont des dindes, un poil vulgaire et prétentieuses, qui parlent pour ne rien dire. Lizzy n’est pas la plus belle mais elle a de grands yeux magnifiques. Elle est impertinente (tout en restant bien élevée), cultivée mais a le défaut de n’en faire qu’à sa tête (selon ce qu’elle juge bien ou mal car elle a de bons principes). Est-ce pour autant que Darcy a le coup de foudre ? Du tout et bien au contraire ! A première vue, il la méprise, l’humilie et clame publiquement qu’elle est moche et indigne de lui !

 

Mais alors, alors ? Savez-vous ce qu’à fait Lizzy ? RIEN ! Ou presque. Elle n’a rien changé à son comportement, elle a continué à vivre sa vie sans se soucier du mec, quitte à lui balancer quelques pics de temps en temps afin de lui montrer qu’elle le trouve sans intérêt (tout en restant polie, aimable et souriante). Non seulement ça, mais, sans rechercher son attention, elle a réussi en peu de temps à lui prouver que sa conversation était agréable et unique, qu’elle était une soeur dévouée, qu’elle avait des valeurs sur lesquelles elle ne reviendrait jamais, qu’elle était fière et ne changerait pour personne.  Lui ? Bizarrement c’est là qu’il commence à la trouver jolie. Dans un manuel dans séduction voilà qui rentrerait en droite ligne de « Comment susciter son intérêt ». Eh oui, le conseil de ne pas sembler s’intéresser à quelqu’un et de rester soi-même en toute occasion ne date pas d’hier et reste le plus efficace !

 

Mais ça, c’est le début, l’héroïne ne s’est pas mariée au bout de deux pages. Au fil des pages, Lizzy et Darcy passent plus de temps ensemble. C’est dans un environnement médiocre humainement et intellectuellement qu’une fille comme Lizzy ne peut que sortir du lot. Darcy tombe enfin amoureux et déclare maladroitement sa flamme à Lizzy. Pas de pot, la fille est susceptible et ne se donne pas à n’importe quel prix. Elle veut du respect, avoir confiance en l’autre et être sûre de ressentir la même chose. Et elle jette Mr Darcy comme un clodo ! Quel est donc le conseil à suivre ici ? La nana, à part rester elle-même et sympa (et intéressante, unique et tout) fait…rien. Nada, walou ! C’est au mec de venir à elle ! C’est à lui de la distinguer telle une rose dans un jardin sinon elle passe son chemin ! Elle se mérite ! Et même, quand, enfin, le mec avoue ses sentiments, elle n’hésite pas à lui faire comprendre que sans le respect auquel elle a droit, il peut toujours se brosser (ce qui attise encore plus l’ego blessé du mâle). Qui n’a jamais lu ou entendu ces mêmes conseils ? On n’a vraiment rien inventé.

 

Mais voici la suite. Mr Darcy à qui on n’a jamais rien refusé décide de s’expliquer par lettre (so romantic !) et la fuit. D’un coup, Lizzy réalise qu’en fait c’est un type en or, qu’elle est amoureuse et en conçoit des regrets (c’est souven
t quand on perd l’autre…bref, vous avez saisi)
. Mais le destin (oui, la part de chance est aussi importante), les remet l’un en face de l’autre et ils sont plus sincères. Lizzy manifeste des marques très discrètes d’intérêt sans se dévoiler pour autant, du coup, Darcy se tâte « elle veut ou pas ? ». Il décide néanmoins de la présenter aux gens qu’il aime afin de voir si elle peut passer le test. Tout le monde aime Lizzy, elle est tellement géniale. Du coup, l’amour de Darcy reste en éveil et s’accroit. Le conseil ici ? Quand le poisson est ferré, montrer son intérêt en restant vague (on ne court pas après le gars, c’est à lui de faire le job), rester soi-même et s’attirer la sympathie de chacun.

 

Ensuite, c’est le drame. Un scandale dans la famille Bennet ! Pour la première fois, Lizzy se montre vulnérable, fragile et a besoin qu’un vrai gentleman lui vienne en aide ! Tagada tagada (j’imite bien le cheval), Darcy fait tout pour l’aider, lui montrer qu’elle peut compter sur lui (mais en secret, l’amour est désintéressé). Quand elle le découvre, son coeur lui appartient totalement (ainsi que sa main) mais réalise aussi que le fait d’avoir été secourue a renforcé l’amour de Darcy (qui n’en peut plus et ne pense plus qu’à elle). Verdict ? Les hommes aiment les femmes fortes qui sont capables d’être fragiles et qui comptent sur eux pour sauver la princesse qui sommeille en elles. Ca réveille leur instinct de prince charmant.

 

Enfin, le twist final où Darcy a la preuve (indirecte) que Lizzy tient à lui, il se lance, elle accepte, happy end. Encore une fois, la fille a tout dirigé d’une main de maître et le mec s’est tapé tout le boulot après avoir longtemps mariné (l’homme aime donc la conquête mais aussi développer un respect et une admiration pour la fille convoitée avant de s’offrir pieds et poings liés). Désormais, vous savez ce qui marche avec les hommes !


 

Si Jane Austen avait vécu aujourd’hui, elle aurait sa propre émission de coaching sur M6 !

 

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