La der des der ?

16 décembre 2012

derdesder.jpgAllez, on se fait une spéciale culture, étudions ensemble la Première Guerre Mondiale, autant que mes études d’Histoire profitent à tous !

 

Nan, je déconne !

 

Ceci étant, Lecteur, quand je regarde mon ventre ravagé par les opérations, j’ai parfois l’impression qu’il a fait la guerre ! Bon, il est aussi ravagé par le gras mais là, je ne puis que blâmer les Malteesers.

 

On a souvent le sentiment lorsqu’on approche du bout du tunnel, qu’une fois que vous approchez la lumière, ça sera la fin, qu’un chapitre de votre vie sera clos pour de bon. Bien sûr, c’est souvent illusoire, un pari, car nul ne sait d’avance ce que demain vous apportera, notammement quand on a une maladie incurable (même en sommeil pour l’instant). J’en suis à peu près là.

 

C’est donc avec grande impatience que j’attends mon lundi. Il se passe quoi lundi ? Mon retour à l’hôpital ! Non pour une visite de contrôle (ça reste régulier), mais pour une nouvelle opération, celle qui doit (normalement) réparer mon ventre. C’est sûr, effacer les stigmates n’effacent pas les batailles passées mais, du moins, permet de se dire qu’on peut passer à autre chose.

 

Ok, j’ai encore d’autres batailles sur le feu pour arriver au bout de mon océan d’emmerdes et arrimer la galère à la terre ferme : chômage, célibat, surpoids… mais si, déjà, je peux zapper la santé de la liste, autant ne pas se priver. Eliminer les cicatrices de mon corps n’en chassera pas l’endométriose qui dort (dieu que c’est beau ce que j’écris, une ola pour moi, clap clap clap, merci), mais cela peut au moins changer la perception que j’en ai. Dans ma tête, on arrive enfin à la dernière opération pour terminer le cycle « maladie pourrie » et repartir du bon pied pour affronter le reste.

 

C’est si vrai que j’en ai presque choqué le chirurgien et l’anesthésiste qui me trouvaient bizarrement guillerette et impatiente à l’idée de revivre une anesthésie générale (j’aime bien faire les choses à fond. La locale ? C’est pour les petites natures ! Moi je suis une warrior). Je faisais des blagues, donnais des directives quant aux prescriptions de morphine et de Xanax (Xanaaaaaaax !!!!!!!!), sur le déroulé de l’anesthésie (« pour perfuser, il n’y a qu’à suivre les cicatrices présentes sur les deux bras, puis lâchez-vous sur le masque à oxygène. Et, soyez sympa, pas d’alphabet à l’envers, on va papoter à la place, ça sera plus fun le temps que je dorme »). Je pense même que mon impatience exubérante à avoir bientôt très mal (il ne faut pas se leurrer, ça ne va pas être une partie de plaisir) m’a cataloguée dans les désaxées masochistes. Bon, j’ai aussi essayé de dealer la liposuccion mais ils m’ont expliqué que ça, ça n’allait pas être possible.

 

Il est difficile d’expliquer à quelqu’un qui n’est pas passé par là, combien passer sur le billard peut être une perspective réjouissante. Surtout si on tient fort à l’illusion que ça sera certainement la der des der (sans doute pas, mais je crois en mon étoile).

 

En effet, peu importe la douleur sur un court moment (enfin…si je ne fais pas de complication, avec moi il y a un risque important comme vous le savez), si c’est la garantie de perspectives positives, une façon de redémarrer ? Qu’y a t-il de plus exaltant que de classer dans le rayon souvenirs une réalité qui vous a pourri la vie pendant deux ans ? A côté de ce qui a été, avoir un peu mal et se shooter un moment à la morphine ne compte pas et ça sera vite comme le reste : passé.

 

Parce qu’une vie se construit sur des rêves et pas sur des ruines !

 

 

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