La théorie du complot

3 mars 2013

complot.jpgOn pense que c’est un phénomène récent : assassinat de JFK, 11 septembre, 1er pas sur la Lune, la viande hallal, le dernier clip de Lorie… Mais en fait non, depuis la nuit des temps, les hommes ont été fascinés et ont émis des thèses sur les différents complots possibles (très souvent fantasmés). Ce phénomène est d’ailleurs bien souvent exploité par différentes sectes ou tordus de tout bord. Il suffit, pour s’en convaincre, de savoir que M. Pasd’Bol, avant que je ne coupe les ponts, m’avait envoyé une vidéo sur les mystères des pyramides histoire de me montrer qu’il allait vers plus de réflexion et de profondeur intellectuelles en espérant que cela saurait impressionner l’historienne que je suis. Conclusion de la vidéo ? Les pyramides ont été construites par les Atlantes, probablement d’origine extraterrestre, chose qu’on nous cache (surtout les historiens qui complotent en secret) pour éviter de révéler que la fin du monde est proche. Et encore, je vous passe ses théories sur les Illuminatis ou les noirs secrets du catholicisme…

Tout ça pour dire que les théories du complot, si elles peuvent me distraire 5mn, ne sont vraiment pas ma tasse de thé.

Pourtant, depuis que j’ai perdu mon super, génial, exceptionnel boulot de pintade d’attachée de presse, il se passe une drôle de réaction physiologique dans ma tête : je sens mes neurones qui se reconnectent (en quelques semaines, j’ai dû déplorer la mort de millions de mes meilleurs perfomers). J’ai donc un peu mal au crâne… Comme si cela ne suffisait pas, travailler pour un énième psychopathe m’a soudainement rendue très méfiante. L’équation du jour est donc simple : neurones dans tous les sens + méfiance = paranoïa !

Ok, Tyrannex pense m’avoir donné des raisons valables de jetage (autrement nommé « jetitude » ou « licencietude » dans mon futur dico), même s’il me reste comme un doute sur le fond de l’affaire. En outre, je n’oublie pas qu’il me fait le même coup que la malheureuse qui fut renvoyée après qu’on m’ait recrutée pour que je puisse prendre sa place. En effet, depuis combien de temps ma remplaçante était-elle trouvée ? Je ne sais…

Ceci dit, il faut raison garder (les neurones sont de retour, le vocabulaire aussi), quel patron serait assez couillon pour recruter quelqu’un pour 15 ou 20 jours avec l’intention de le virer à la première occasion, pour pallier un surcroît de travail ? J’ai bien du mal à le croire. Malgré cela, deux ou trois petites choses me sont revenues à l’esprit, des choses auxquelles je n’avais pas prêté grande attention. La première est que j’ai été payée par chèque à la fin du mois. Ce sont des choses qui arrivent, j’ai déjà eu un boss qui faisait ça (et ça te fout grave dans la merde quand ton loyer est prélevé le 1er de chaque mois et que tu finis trop tard pour trouver une banque ouverte). En revanche, ce qui est plus curieux c’est lorsque tu abordes la question du salaire en fin de mois (« Oh Tyrannex, tu penses me payer quand et comment ? ») et qu’on te répond « Ah oui, c’est vrai que toi je ne t’ai pas demandé de RIB et que je dois te faire un chèque ». C’est vrai ça, il est très bizarre que personne ne m’ait demandé de RIB il y a de ça plusieurs semaines, alors qu’il s’agit du mode de versement de salaires de la boite ! D’ailleurs, on ne m’a pas demandé non plus de justificatif concernant mon moyen de transport (qui n’apparaît donc pas dans ma fiche de paye)… En revanche, qu’on me fasse payer un mois plein de tickets resto, j’imagine que c’était le gag de l’arnaque.

Autre point suspect, la mutuelle. Au moment de mon embauche, Tyrannex m’avait parlé d’une formidable, supra efficace mutuelle par mail et de vive-voix. Super, les mutuelles c’est devenu une sorte de Graal en ce qui me concerne, et j’avais même eu l’occasion de lui confier que j’étais heureuse de trouver un tel avantage au sein de cette entreprise. Jusqu’ici tout va bien. Quelques heures avant la signature (forcée) de mon contrat, Papy Raymond m’avait quand même suggéré de renoncer à la mutuelle, celle-ci étant trop chère pour le bénéfice qu’on pouvait en retirer. Or, s’il est bien une question qui est passée à la trappe c’est « Voulez-vous souscrire à la mutuelle de l’agence ? ». On ne m’a pas non plus soumis un formulaire de souscription comme j’en ai toujours eu dans mes autres boites (et on peut dire que j’ai de la bouteille en la matière). Je ne m’inquiétais pas spécialement, je me disais qu’en fait elle était obligatoire de fait (oui, j’ai arrêté de penser en retrouvant le monde magique des relations presse). Il est donc surprenant qu’à la case « mutuelle » il y ait coché « non » (et, non, cet avantage ne m’a pas été présenté comme conditionné à la période d’essai).

A bien y réfléchir, il y a plusieurs points qui me travaille, notamment le fait que Tyrannex ne savait pas trop sur quels budgets me faire bosser (mais ça j’arrive à me l’expliquer par le gros bordel confus qui règne dans sa tête) ou le fait qu’on n’ait même pas abordé la partie commerciale du poste (sachant qu’il parlait encore de me former lui-même quelques heures avant de me virer, alors que je savais déjà qu’il y aurait une nouvelle à ma place).

Bref, tout ça n’est pas très net. Ou alors je dois aller fissa chez un psy (je n’exclus rien). La morale de cette histoire est qu’on se doit d’être un peu méfiant dans la vie, les gens n’étant pas aussi bien intentionnés qu’on se l’imagine.

Ce qui est tout à fait valable pour Tyrannex…

Après tout, j’aurais très bien pu prendre sur moi de communiquer tous les éléments relatifs à mon embauche, avec la date et tout le tralala, à la précédente malheureuse, pour qu’elle puisse s’amuser aux Prud’hommes…

Ah, tiens, c’est vrai ! Je l’ai déjà fait il y a 15 jours !

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