Lavoisinade

11 novembre 2013

http://petitpierrot.vefblog.net/

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Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Ça on connaît (sauf mes collègues qui sont vraisemblablement passés de l’école élémentaire au monde du travail sans aller à la case départ et toucher 20 000 francs). Ce qu’on sait moins c’est que chercher à changer ou s’améliorer est un vrai bordel (ce que vous annonce mon titre bidon…cet article n’aura donc ni queue ni tête).

Évidemment, quand on s’aime comme on est, que tout va bien, pourquoi chercher à changer ? Aux bienheureux les mains pleines. Personnellement, j’envie ces gens-là vu que je suis dans la remise en question depuis, quoi ?, mes 6 ans ? Avant ? Peu importe. J’ai toujours su que j’étais légèrement inadaptée socialement, j’étais considérée comme un peu bizarre au primaire et totalement flippante au collège (j’ai senti une amélioration au lycée où j’ai gagné mon statut de simple connasse). Néanmoins, j’avais pensé que c’était, un peu, de l’histoire ancienne (la fac et les beuveries guérissent bien des maux). Force est de constater que le problème est toujours patent mais dans une autre mesure (ok, vous le sentez venir, ça va parler célibat mais pas que, j’ai un vrai problème sur les bras, là, les gens).

En effet, on ne le dirait pas mais les gens dans l’ensemble me font peur (cessez de rire, ce n’est vraiment pas marrant). Vieil instinct d’une timidité maladive (qu’on ne réalise pas vu que je suis extrêmement volubile). C’est un fait, je suis extrêmement sociable, je parle à n’importe qui (de n’importe quoi, c’est sans doute ça l’indice, et fort qui plus est) et j’ai de très nombreux amis. Fut un temps c’était plutôt le contraire. Je n’avais même pas l’ombre d’un pote, je rougissais quand je devais parler tant j’ignorais quoi dire et je mordais presque quand on m’adressait la parole. Désormais, je suis une vraie socialite qui fait marrer tout le monde et n’hésite pas à affirmer un caractère en acier trempé. Néanmoins, rien n’a changé sur le fond même si la forme a subit une transformation radicale. Les gens me font peur et je ne sais toujours pas quoi leur dire. Du coup, je me sens en perpétuel décalage entre ce que je voudrais montrer et ce que je montre effectivement. L’humour noir et la logorrhée comme masque protecteur ? Je m’en doutais un peu (quand même, je me connais bien depuis 22 ans que j’existe…oui j’ai encore rajeuni cette semaine) mais plusieurs discussions ces deux dernières semaines me l’ont confirmé…je pars de plus en plus en vrille tant j’ai de facettes et tant j’ignore ce que le monde extérieur attend de moi.

Parce qu’être soi-même, être vrai c’est quoi ? C’est se montrer indubitablement vulnérable, s’exposer au risque d’être véritablement blessée par autrui, c’est prendre un risque dont on ne sait jamais à l’avance s’il en vaut le coup. Les gens qui me connaissent vraiment sont habitués à mes bizarreries (soyons clairs, ils me font flipper comme le reste de l’humanité, mais moins, il y a quand même une vague notion de confiance qui traîne), mais les inconnus me trouvent pour le moins barrée (et fuient…magie ! Mon célibat expliqué pour les nuls…mon absence de CDI aussi dans une autre mesure). C’est bien joli de se dire que c’est sans doute ma génialitude le problème (mon manque de modestie probablement également), et ce n’est peut-être pas tout à fait faux, mais je réalise (ok, je le savais, je suis loin d’être stupide) qu’il y a plus dans l’abîme profond de ma connerie humaine. Comment plaire à une personne (pas forcément sur le plan amoureux, je ne suis pas à ce point morte de faim) si l’on se protège sans cesse ? Comment intéresser quelqu’un s’il se demande en vous écoutant si c’est du lard ou du cochon et ignore sur quel pied danser ? La déstabilisation est sans conteste la pire méthode de séduction. Qu’on ne s’y trompe pas, je suis d’une sincérité féroce (c’est mon plus grand défaut), mais comment montrer quand même un peu de soi, tout en se protégeant un minimum, si l’on joue sans arrêt à la Commedia Dell’Arte (pas la pizzeria, Lecteur, je te parle d’un vague truc avec des masques). Comme je ne connais pas la mesure (j’ai mis tellement de temps à avoir un comportement acceptable en société), je suis un peu paumée avec tout ça. Donc je pars dans tout les sens, sans plus vraiment m’en rendre compte tant j’ai créé des barrières en mode automatique (et accroche-toi pour désactiver le code, même moi j’ai perdu la clé et il n’y a pas de bouton reset dans ma tête). L’autre option étant de dire aux personnes rencontrées « Attends 5 ans, tiens le coup, tu vas finir par me voir un peu en vrai et t’attacher sérieusement à moi ». J’ai quand même conscience que ce n’est pas réaliste…

Pourquoi toutes ses interrogations ? Puisque tu me lis, Lecteur, c’est que tu m’aimes non ? Disons qu’un événement me pousse à remettre pas mal de choses en question, moi y compris (ça et le fait que deux ans en solo c’est un tout petit long et que je sais que je suis au cœur du problème). C’est arrivé en triant l’une de mes nombreuses messageries (mon côté geek). Je suis tombée sur ce mail, envoyé à l’occasion de mon Annilloween, zappé sans faire exprès, sans doute un acte manqué. Comment réagir quand on reçoit un mail qu’on n’a cessé d’attendre, qu’on espérait secrètement, mais qu’on ne désirait surtout pas recevoir (qui a dit que j’étais simple à comprendre) ? Quoi faire quand on est perdue face à ses propres émotions, qu’on espère que l’autre en face est capable de changer, qu’on sait pertinemment que ça ne sera jamais le cas et qu’accepter une main tendue, bien que maladroite et un peu minable, risque de se transformer en uppercut du droit ? Mais si je suis susceptible de changement (en attention du moins), n’est-ce pas le cas de tout le monde ? Ou existe t-il certaines personnes se sentant si proches de la perfection que l’espoir reste vain ? La question reste entière et douloureuse. Une personne qui a peur des autres peut-elle se fier sans mesure à quelqu’un qui déteste les gens et n’aime que lui-même au mieux ?

Ce qui me rappelle une discussion que j’ai eu il y a un mois ou deux avec quelqu’un qui a justement pâti de mes nombreux masques, qui méritait du vrai mais n’a reçu que du toc tant il me faisait peur à trop s’approcher, sur la question du pardon. Accepter de garder dans sa vie des personnes qui vous feront souffrir mais sont nécessaires à votre équilibre mental d’une certaine façon d’autant plus que le vide est trop fort une fois qu’on les a perdues. Pardonner dans la résignation pour ne pas avoir de regrets quand il sera trop tard. Accepter l’inévitable mur pour ne plus être effrayée de la sincérité des personnes vraies, au risque qu’elles ne vous veulent que du bien dans le fond ? J’avoue que je ne sais pas, mais il est plus que temps que je me penche sur le sujet, il y a trop de trous à combler (toute personne ayant eu une pensée salace aura un gage).

Accepter le risque, oser se montrer pour de vrai, sans le moindre fard, réaliser que l’autre en face mérite le bénéfice du doute et un minimum de confiance candide, ne plus avoir peur de souffrir ?

Le truc c’est que j’ignore même comment faire ça…

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