Le cours de l’or…

18 décembre 2013

orLa parole est d’argent mais le silence est d’or, tout ça tout ça (j’adore les dictons et autres proverbes, je suis une pro en matière de cruche cassée qui n’amasse pas mousse). Mais bon, si je me taisais, VGM serait un peu vide n’est-il pas vrai (honnêtement, on se ferait grave chier ici) ?

Ok, toute personne qui a passé 12 ans sait qu’on ne peut pas tout dire, qu’il faut être parfois dans la retenue, voire apprendre à rester silencieux en chantant le générique des Barbapapa dans sa tête (« Voici venir les Barbapapa, ils se transforment à volonté, ronds ou carrés »). Nous sommes d’accord, c’est nul, et comme je reste une grande enfant dans l’âme, j’ai tendance à balancer tout ce qui me traverse l’esprit (bon, certes, je prends le temps de l’écrire, c’est donc un peu réfléchi tout ça). Pourquoi faire attention ? Car le problème ce sont les autres (l’homme est un animal social, un loup pour l’homme ainsi que l’arbre qui cache la forêt).

Parfois, on dit (écrit, mime, joue du pipeau), des choses que l’autre en face ne peut ou ne veut pas entendre. Par exemple, j’ai eu ce problème récemment avec une copine. On essaie d’être honnête pour aider l’autre car on sent comme un malaise dans sa vie, mais ce n’est pas forcément bien perçu quand bien même on vous a demandé d’être honnête (je précise à tout hasard que je ne fais pas exception, je suis susceptible comme un pou et rancunière…mais enfin après je réfléchis et je me remets en question). Ainsi, toute vérité n’est pas bonne à dire, j’enfonce une porte ouverte. Du coup, j’essaie de faire gaffe et j’imagine que c’est le cas de tout le monde.

Mais il y a aussi des choses qu’on ne contrôle pas, ce qui n’arriverait jamais dans un monde dominé par les chats (ils ont aussi un ego fort, mais tant qu’on leur file des croquettes ils pardonnent tout). Je veux parler des propos qui sont mal compris. Et parfois vous cataloguent. Faire des blagues sur la congélation d’enfants, c’est rigolo, mais bizarrement pour certains vous deviendrez la femme à abattre, le rebut de l’humanité sans cœur et sans conscience. On ne peut pas rire de tout avec tout le monde, soit (les gens manquent cruellement d’humour, mais passons). Ou bien utiliser certains mots que l’autre en face prendra pour elle, alors que vous parliez d’autre chose, ou en général. Ce qui m’est arrivé il y a peu alors que je blaguais sur les gens en général (et pas seule en plus) et qu’une de mes collègues s’est imaginée que je parlais spécifiquement d’elle. Choper des bribes de généralisation grossière pour amener ça à soi, pourquoi pas, doit-on pour autant ce sentir responsable des problèmes de nombril et de confiance en soi, quand on n’était pas dans cette optique (parce que bon, si je veux blesser les gens, j’y vais cash, sortir ce qui me passe par la tête marche à tous les niveaux, si je ne le fais pas, c’est que la personne n’est pas concernée). Mais la base de tout, avant de s’emporter, est aussi de se renseigner au préalable avant de s’imaginer visé (moi aussi, j’imagine tout le temps qu’on parle de moi, et c’est souvent le cas du reste, mais je ne fais pas de scène pour autant, je cherche à savoir si tel est bien le cas). Il en va de même pour mes articles évidemment dont certains sont mal compris (ce qui est dommage vu que c’est tout clair dans ma tête et toujours sans malice).

Ma sœur m’a dit récemment qu’on ne pouvait que se gérer soi et c’est bien le problème. Doit-on se brider totalement sous la peur permanente de blesser autrui, au lieu de dire clairement les choses (les bonnes comme les mauvaises) ? Le drame c’est l’effet pervers que ça engendre…Car à trop se contrôler (au lieu d’être direct) on en devient maladroit. Et quand le processus est enclenché, c’est l’escalade, viennent alors les mots qu’on devraient taire, ceux qui dépassent la pensée sans la refléter le moins du monde. Au final tout le monde se blesse davantage à ce jeu-là.

Je remarque que ce genre de peur grandit avec l’âge, les blessures aussi, alors qu’à la base, je suis plus pour le pansement qu’on retire d’un coup sec plutôt que le décoller doucement en comptant les poils qui s’arrachent un à un (fort heureusement, il n’y a pas que les paroles négatives dans la vie). Mais c’est un fait, les mots sont dangereux car, obligatoirement, il y a une personne en face qui n’est pas dans notre tête. Le souci, c’est que pour transformer les propos de l’autre en un truc négatif pour soi-même, il y a forcément un grand manque de confiance derrière. De soi et de celui qui parle encore plus. On a tous besoin de se rassurer, pourtant on a aussi tous du mal à intégrer que la personne en face ne nous veut pas forcément du mal, qu’il n’y a pas de mauvaises intentions derrière ou de volonté de blesser (et même des fois, il ne s’agit même pas de nous mais de trucs qui n’ont rien à voir, de discussions sur la vie en général, d’idées en l’air, bref…) Quelle est la solution ? Ne plus rien dire, cesser de plaisanter (fermer le blog), arrêter de lancer des discussions ? Je ne sais pas trop…mais vivre dans ce genre de monde serait un peu triste à mes yeux. Ou alors il faut apprendre à faire confiance aux autres, les juger sur leurs actes et non certains propos, mettre son ego de côté l’espace d’un instant, voire apprendre à pardonner si on a été blessé un moment ? En sommes nous tous seulement capables ?

Bon, dans le genre paroles qui font vraiment mal et qu’il ne faut jamais dire, les mensonges sont légion, mais ça c’est vraiment moche (étrangement, tout le monde n’est pas de cet avis, c’est bien dommage).

Finalement, je vais laisser la parole à Lolita pour la conclusion car elle a eu la parole très juste ce soir

« Tu ne seras toujours responsable que de ce que tu dis mais jamais de la façon dont l’autre le comprendra, tout est question d’espoir ».

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