Le publicitaire, une femme comme les autres ?

6 août 2012

culture-pub.jpgJe suis assez téléphile (euphémisme), j’aime les images qui bougent (mon côté enfant de moins de deux ans, je chante même sur Dora). Et s’il y a bien un truc que je regarde, c’est bien les pubs. Bref, je suis une fille de la réclame (aaah Culture Pub, que de bons souvenirs…petit hommage à feu Christian Blachas en passant).

 

Il n’empêche que je me demande souvent si la profession de Directeur artistique dans la publicité n’est réservée qu’à une poignée de génies dotés d’un pénis. C’est une vraie interrogation…

 

Loin de moi de décrypter les tendances ès consommation et ce qui est impactant ou pas, plutôt que de traiter de ce qui m’agace. Car oui, messieurs-dames, je suis agacée. Certains clichés à deux balles sont encore bien présents, ce qui traduit sans doute une réalité sociale. Ceci étant, il y a du progrès quand je vois qu’on utilise le rose pour les serviettes hygiéniques (c’est tellement joli le rose, so girly) ou qu’on parle de mycose vaginale (sérieusement ? Je dois croire qu’il y a une nana derrière l’idée de « je suis fière de ma mycose vaginale et j’assume » ? Je vote « ou pas »…)

 

Commençons par une pub qui a déjà fait parler d’elle. La fameuse publicité pour Cif

 

 

 

J’explique. Bon déjà,  se servir de l’imagerie des contes de fée pour parler récurage, pourquoi pas, hein. Ca vendra peut-être du rêve à toutes les petites filles de moins de 8 ans (et un jour son prince viendra avant de la plaquer pour la soeur sexy et nymphette de Blanche Neige). Bref, il était une fois un château miteux rempli de bras cassés qui cherchaient désespéremment à nettoyer un chaudron pourri avec le royaume en cadeau.

 

Tous les hommes s’y sont collés, mais les pauvres étaient inaptes pour cette tache extraordinaire. Quand soudain, un vaillant chevalier, l’élu, arrive muni de son super Cif nettoyant, et, oooooh, il te le nettoie sans frotter (clap clap clap). Et il aime tellement ça, l’élu, qu’il s’en va te nettoyer tout le château et qu’il s’éclate comme un dingue pour le récurrage des toilettes.

 

Le Chevalier, enfin (quel suspense) ôte son casque et, guess what ? C’est une femme !! Noooooon ! Ah bah oui, seule une femme pouvait réussir cet exploit. Ce qui se conclut par cette image édifiante d’une ménagère très heureuse dans sa cuisine qui est enfin « reine de son château ». L’aboutissement d’une vie quoi…

 

Sérieusement, le mec qui a pondu cette pub pensait vraiment valoriser les femmes en les dotant de super pouvoirs (« par le pouvoir de la balayette à chiottes intégrale, je détiens la touuute puissanceuh ! ») puis en les couronnant reines…du ménage ? Le pire dans tout ça, c’est qu’avant d’en arriver là, le storyboard a dû être validé par une flopée de gens y compris le client.. Mais non, ça n’a dérangé personne (j’en connais qui sont restés bloqués aux années 50 là…)

 

Mais passons, la femme est donc une sorte de Wonder Woman née avec une éponge et un balai à la naissance, pourquoi pas. Je suis sûre que ma grand mère a aimé la pub…

 

Mais une femme, c’est compliqué, ça ne sourit pas toujours pendant le ménage, toute reine qu’elle soit elle a aussi ses petits soucis mensuels. Ben ouais, on a notre talon d’Achille attendez, sinon on dominerait la planète c’est sûr.

 

Et qu’est qu’on fait quand ça arrive ? Ben on investit dans une protection (mais non pas la capote, même s’il ne faut jamais sortir sans). Et vient ici une pub que j’aime encore plus que la précédente, celle du tampon Nett.

 

 

 

Essplicacion, dos (oui, je sais qu’on écrit pas comme ça en espagnol, mais on ne me demande pas d’être bilingue, juste de savoir me servir de mon Cif). Là, ambiance plus jeune (le ciblage est facile à faire), un peu bande dessinée qui bouge (pour le côté sympa). Deux nénettes font leur footing entre copines (et iront certainement se gaver de cupcakes après) mais, voilà, l’une bouge bizarrement. Un peu comme un canard qui a une mycose aux fesses (j’avoue que ça ne doit pas être drôle). L’une s’interroge « Mais elle a quoi ma copine ? Elle a partouzé avant de venir ou bien ? », jusqu’à ce que l’autre lui avoue que c’est son tampon qui la gêne. Et N°1, au lieu de la traiter de gourdasse même pas foutue de mettre correctement un truc aussi simple, lui explique que c’est parce que…elle en a mis un trop nul contrairement au sien super confortable. Ah bah oui, c’est donc la faute du tampon (sans doute fabriqué à base de papier de verre j’imagine).

 

Alors je veux bien que les hommes, pour lesquels nous incarnons un mystère irrésolu, s’imaginent que nous sommes de pauvres petites choses fragiles, mais de là à s’imaginer que de ne pas
avoir de Nett Pro confort on se met directement à dandiner du croupion et qu’on devient incapable de marcher, ça en dit long sur ce qu’ils s’imaginent que nous ressentons à la présence de leur membre fier et viril lors du devoir conjugal !

 

Parce que bon, les Nett machin n’existaient pas il y a 20 ans et je n’ai jamais vu le cas ci-dessus se produire en cours d’EPS ! Même Girls et Jeune & Jolie ne mentionnaient pas cette possibilité dans leurs numéros spéciaux « Comment mettre un tampon ». Mais, si ça se trouve, les temps ont changés et les nanas sont devenues plus douillettes du vagin, je sais pas.

 

Je sais ce que vous allez me dire, ces pauvres hommes, ils ne peuvent pas savoir. Eux tout est dehors et nous dedans. Pas faux… Voici donc ma suggestion.

 

Que tous les publicitaires s’enfilent un Nett dans leur séant avant d’astiquer les casseroles : c’est comme ça qu’on apprend et ça fera peut-être de meilleures pubs à regarder !

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