L’entretien de l’arnaque !

15 septembre 2011

arnaque-stagiaire.jpgAujourd’hui, j’ai eu un entretien. Je sais, je les ai vraiment enchainés cette semaine (youhou, je suis demandée…youhou, je suis toujours chômeuse !) C’est d’ailleurs cet entretien qui explique l’heure tardive de cet article.

 

L’entretien s’est à peu près bien passé, la mission est intéressante, les valeurs de l’entreprise sont les miennes, j’adore le quartier, les gens ont l’air sympa, c’est un domaine qui m’a toujours passionnée…Jusqu’ici, de quoi je me plains ?

 

Disons qu’il y a des moins (et certains de taille). Il ne s’agit que d’un CDD (long avec un peut-être, mais peut-être quoi), c’est payé moins (beaucoup moins) que mon salaire minimal et surtout quelque chose m’a contrariée à la fin de l’entretien. En effet, on m’a demandé de réaliser un test.

 

Ok, j’ai désormais l’habitude de ce genre de demande dans les entretiens à des postes de communicants, c’est un peu la grande mode. Mais il y a test et test. J’ai l’habitude qu’on me demande de proposer un communiqué sur un événement en cours, d’élaborer une micro stratégie pour un cas pratique passé, de rédiger des rédactionnels variés pour tester mes capacités de réflexion et d’écriture et même de faire une propal. Oui, je sais faire, j’ai l’habitude et cela ne me choque pas, même si j’ai souvent autre chose à faire de mes journées (car c’est très chronophage, sans garantie d’embauche).

 

Mais dans ce cas précis, cela m’a dérangée…

 

Déjà, il faut dire qu’il s’agit du deuxième entretien (sur 3 ou 4). Et que cet entretien, plutôt que de porter sur mon parcours, n’a été qu’une succession de cas pratiques pour évaluer mes capacités. Une heure à répondre à des questions « là on prépare cet événement quelles sont vos recommandations médias », « pour un budget de tant, sur quelles plateformes publicitaires nous conseillez-vous d’investir ? », « comment voyez-vous l’évolution de la communication dans notre secteur et pourquoi »...Je ne veux pas faire ma chieuse, mais cela m’avait paru suffisant pour jauger un candidat. Mais non.

 

Les cas pratiques proposés étant trop sommaires, les candidats de la liste medium (oui la short list est pour après) ont une semaine pour réaliser un « vrai » test de situation. Et pas des moindres, car il s’agit d’une situation « à venir », pas d’un cas pratique déjà validé.

 

Que je vous explique : la société qui recrute veut, sur l’un de ses services recruter de nouveaux partenaires financiers, fidéliser les existants, recruter des bénévoles…pour un budget de x mille euros (plus x mille euros à négocier en gratuité auprès des médias).

 

Or ça, c’est en cours, vu qu’on l’a abordé en entretien comme les futures missions du communicant embauché. Me demande-t-on un plan détaillé avec les grandes lignes d’une stratégie ? Que nenni !

 

Je suis tenue de fournir (en moins d’une semaine) un powerpoint de 15 slides maquettés (oui, 15, pas 1,5, il n’y a pas d’erreur), avec une partie stratégie (enjeux et objectifs), un plan d’action détaillé (avec un planning) et un plan média (dont estimation budgetaire et rétro-planning de production).

 

Est-ce tout ? HA HA !

 

La société prévoit aussi d’accroître sa notoriété corporate auprès du grand public et des éventuels partenaires financiers dans les 3 ans à venir (autre aspect abordé dans les missions du poste). On me demande donc un plan d’action planifié sous excel, une réflexion stratégique sous word et un communiqué de presse.

 

Tout ça…pour avoir la chance de faire partie des 3 veinards qui participeront au troisième entretien !

 

Vous allez me dire que je suis peut-être bégueule, que c’est normal d’imposer ce genre de test. Néanmoins, ça me paraît une somme de travail trop conséquente pour être faite à titre gracieux, avec juste l’espoir d’un entretien derrière. Et surtout ce que je trouve un peu trop abusé c’est le fait de demander un travail (qu’on aurait de toute façon demandé au candidat retenu) sur quelque chose à venir. Qui va empêcher la boite de retenir toutes les propositions qu’elle estime bonnes, les mettre en pratique, mais sans embaucher l’auteur ?

 

Ce test est une véritable campagne de communication à proposer (en une semaine), sur des événements à venir et, ce, sans la moindre rémunération et constitue une véritable boulot à temps plein pour être réalisé !

 

Et encore, j’ai de la chance, je ne bosse pas,
qu’en est-il des autres candidats, ils doivent y passer le week-end ?

 

Je sais, les employeurs n’ont que l’embarras du choix de nos jours, surtout dans la com. Qu’ils peuvent se permettre de faire passer tous les tests aux candidats afin d’être certains de trouver la perle rare prête à tout pour bosser. Mais faut-il tout accepter pour autant ?

 

Là, j’ai bien envie de vous dire, qu’au bout d’un moment, tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse !

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