Les raisins de la colère

23 mai 2011

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La semaine dernière, j’ai eu mon entretien mensuel au Pole Emploi ! Ca faisait longtemps, le dernier remontant avant la formation « indispensable » qu’ils m’avaient collé. Vous dire que ça m’avait manqué serait un rien exagéré. Néanmoins, trouvant ma conseillère relativement sympathique, cela n’était pas déplaisant. AVANT !

 

Avant quoi ? Avant tout le bordel autour de mes allocations que je ne percevais pas. Ok, j’avoue, le bordel vient de moi ! J’admets avoir remué ciel et terre pour débloquer la situation et ne pas avoir fait dans la dentelle. J’avoue avoir écrit quelques articles ici assez peu enthousiastes sur cette magnifique institution, envoyé des courriers recommandés, écrits des mails un peu énervés à la direction de l’agence, la direction nationale, le médiateur et quelques contacts politiques qui s’intéressent à mon cas. Ca a donc fait pas mal de bruit…et vexé certaines susceptibilités ! Soyons clairs, je ne regrette absolument pas de m’etre autant battue pour mes droits ! Mon combat était légitime et la mauvaise foi de mon agence patente. Mauvaise foi qui est toujours de mise, mais qu’importe.

 

Est-ce que j’en ai après tout le Pole Emploi ? Non, seulement mon agence. Je me souviens d’une excellente agence dans le 78 dont je loue encore le professionnalisme, la sympathie et l’humanité. Manque de pot, ce n’est pas le cas de mon agence. Et encore, il ne s’agit que des personnes ayant traité mon cas, je suis sure qu’il y a des gens très bien et très pro chez leurs collègues (du moins je l’espère).

 

Jusqu’ici, j’avais laissé ma conseillère mensuelle en dehors de toute l’histoire. Mais, forcément, entre collègues, on parle. De plus, il semblerait que certains aient été convoqués par leur direction. L’occasion de faire un mea culpa ou de se décharger de leur fumisterie sur moi ? Devinez….

 

Autant vous dire que l’accueil de ma conseillère fut glacial ! Apparemment, l’esprit de corps est intense : tu t’en prends à un incapable et c’est toute la meute qui se sent visée.

 

Elle commence par me demander ce qui est ressorti de la formation (vous savez, celle qui devait m’apprendre à chercher du travail)…pas grand chose j’en ai peur ! Mais je lui dis que ma formatrice et moi avons décidé de réfléchir à de nouvelles pistes. « Vous allez changer d’orientation et de secteur d’activité ? » me demande t-elle, « Euh non, toujours la communication » que je lui réponds. Sa réplique suivante a donné le ton de la suite de l’entretien « Ah ? Curieux ». Ca jette un froid…

 

Ensuite je lui dis que j’ai élargi ma recheche aux postes de community manager, car je suis assez douée avec Internet. « Ah, bah ça, on a vu, on en a tous entendu parler ici »…je sens que la fete va commencer. On est loin du lynchage, mais pas loin. En tout cas, elle n’a pas apprécié mes témoignages quant à son agence et me le fait savoir. Evidemment, je ne me démonte pas.

 

Bref, je lui explique que si je reste dans la communication c’est simplement parce que je n’ai pas de raison de changer vu que je suis très bonne dans ce que je fais. « Ca c’est vous qui le dites ! Vous etes toujours en recheche d’emploi depuis aout et vous etes à chaque fois deuxième en short list finale ! » Ah bah oui, forcément, si je ne trouve pas de travail, c’est simplement que je suis nulle ! Merci Pole Emploi ! J’ai vraiment eu envie de lui en mettre une, mais j’ai préféré me controler, hors de question que je me laisse pousser à bout par ce genre de personne !

 

Ensuite elle m’explique que je ne suis pas très maligne, car les recruteurs lisent les blogs, et vu ce que j’écris (sur le Pole Emploi ? Mes Chats ? Mes seins ? Ma staritude ?), jamais je ne serai embauchée nulle part ! Evidemment dit avec un grand sourire et le ton condescendant qui va bien.

 

Je me suis retenue (très fort) de lui dire que :

  • Y a pas écrit DarkGally ou Pasd’Bol sur mon CV, et y a pas mon nom sur ce blog, ni meme ma ville.
  • En moins de trois mois, j’ai atteint les 30 000 pages vues, les 10 000 visiteurs et plus de 2 200 commentaires. Je pense que ça peut etre intéressant en termes de communication.

 

A la place, je l’ai joué gourde ! « Je pense que ce qui pourrait éventuellement jouer en ma défaveur, c’est ce que j’écris à propos de ma maladie et de ma prochaine opération ». « Aaaaah, parce que vous etes malade maintenant ! »  (appelle-moi mytho, ça sera plus simple tant que t’y es). La réponse fut facile à trouver « Mais…puisque vous avez lu mon blog, vous savez que c’est meme le thème principal de mes articles, vu qu’on m’a découvert une maladie incurable en janvier et qu’on me retire une partie d’intestin en juin ». Que dire face à « Mais moi je lis pas les blogs, j’ai autre chose à faire » (tu me reproche quoi alors si tu sais pas ce que j’écris ou pas ?).

 

Fière d’elle, elle ajoute que, puisque je suis malade, dès mon entrée à l’hopital j’ai intéret à fournir la preuve de mon admission + mon arret maladie, puisqu’il est hors de question que Paul continue à me verser des sous et que ça sera à la sécu de le faire. « Mais…j’ai déjà tout touché, vous ne me versez plus rien », « Ah bon ? Ben faites-le quand meme ». Je trouve ça génial d’etre en colère mais de ne pas parfaitement connaitre le dossier…

 

Je lui fais ok (je suis souple comme fille), mais qu’il me sera difficile de fournir les papiers vu que je vais rester 10 jours au moins à l’hosto. Là, je soupçonne chez elle THE moment qu’elle attendait, on a frolé l’orgasme de la méchanceté gratuite : « maaaaaaiiiiiiis, je suis sure que vous devez avoir un taaaaaaas d’amis et de famiiiiillle qui vous aiiiiiime et qui ne demande qu’àààà vous rendre serviiiiice ». J’ai bien eu envie de lui répondre quelque chose de corsé (à défaut de lui arracher la tete), mais je suis une fille bien et surtout je déteste saisir les perches trop facilement offertes. Sans doute mon esprit de contradiction, si on cherche à me pousser à bout…ben je joue pas, je vais faire le contraire.

 

Je lui ai donc répliqué que oui, que quelqu’un s’en chargerait et j’ai demandé où exactement adresser les papiers (toujours rester dans l’administratif).

 

Elle m’explique ensuite que de toute façon, au bout de 15 jours d’arret maladie, je serai automatiquement radiée, c’est plus pratique pour eux ! Et qu’à la fin de mon arret, je serais tenue de me réinscrire ! Joie !

 

L’entretien (de 10 mn, un record) ne s’est pas éternisé et elle m’a raccompagnée à la sortie. Chemin faisant, elle me dit encore une fois, qu’ELLE, elle ne va pas sur Internet lire ce genre de chose (Vogue MA Galère, bientot le blog porno !), mais qu’elle est très déçue, car elle avait fait beaucoup d’effort pour moi et s’etait investie (Ok, elle était assez sympa, mais à part papoter et me montrer les annonces du site de Paul, elle a fait quoi concrètement pour moi ? Faut arreter le chantage affectif à deux balles, c’est ridicule à ce niveau), mais que mes écrits ont circulé partout et qu’elle a été alertée par ses collègues. Je lui rétorque que je ne l’ignore pas, que j’ai fait les choses en toute transparence et que j’assume car tout est vrai, et tant pis pour elle !

 

Elle termine en me disant que l’affaire est quand meme grave pour que les infos soit venues directement d’en haut (la Direction Nationale) pour descendre jusqu’à l’agence. Elle a été très surprise quand je lui ai expliqué que c’était normal, vu que c’est moi qui ai contacté les hautes sphères pour que ça bouge ! Et que j’ai mis tout le monde en copie (on ne peut pas dire que je me sois cachée).

 

Enervée, elle me coupe la parole pour accueillir son nouveau « client », et me regarde partir en me balançant un perfide « Et surtout, soignez-vous bien ! »

 

La bonne nouvelle c’est que comme ils savent qu’ils vont me radier pour cause de maladie, je n’ai pas eu de prochain rendez-vous de fixé ! Avec de la chance, je trouverai un travail d’ici là et je déménagerai de façon à changer d’agence !

 

Ce qui est fou dans cette histoire (de fous, donc), c’est qu’ils sont habitués tous les jours aux chomeurs mécontents, revendicatifs, parfois très agressifs et insultants. Et ils les gèrent sans pour autant les pourrir par la suite, au contraire, ils savent garder leur sang froid. Je ne fais pas partie de cette catégorie de personnes. Je suis toujours restée polie, pas désagréable, compréhensive, patiente…j’ai juste décidé de défendre mes droits quand il était manifeste que le chargé de mon dossier (anthipathique) se foutait de moi. Et encore, je ne suis pas allée bruler l’agence, j’ai simplement écrit des articles et des mails que j’ai transmis aux personnes responsables pour les alerter sur ma situation (8 mois avec 0? par mois quand meme, je n’ai pas fait ça pour le fun !) et parce que les lettres en recommandé restaient sans réponse !

 

J’en déduis que mon agence a du sévèrement se faire taper sur les doigts et qu’ils n’avaient pas l’habitude qu’une personne réagisse autrement qu’en les traitant de tous les noms !

 

Si j’avais su que ça marchait comme ça, je les aurais insulté en public et j’aurais été crever les pneus de leur voiture, ça aurait évité qu’ils me traitent comme un chien !

 

PS : désolée pour les accents circonflexe, ma touche m’a lachée (je pleure, je pleure)

 

 

 

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