Les regrets…

3 avril 2011

 

 

 

 

On a tous fait des choses, dans la vie, qu’on regrette. Les regrets sont d’autant plus forts qu’il est impossible de retourner en arrière…

 

Oui…moi, Pasd’Bol, que la vie n’a pas épargnée, moi aussi, j’ai commis des erreurs sur lesquelles je me lamente encore.

 

Voici l’une de ces histoires…

 

J’étais alors jeune mariée et étudiante (désormais je suis seulement jeune…notez bien le jeune, je vous prie) et je devais participer aux frais du foyer. J’avais donc ce qu’on appelle un petit job. De fait, le mien était assez sympa, puisque je travaillais à la caisse de la librairie d’un grand musée. Il s’agissait, alors, de mon musée préféré, ce qui me permettait de le visiter à l’oeil, sans personne autour de moi.

 

Franchement, pour un job d’étudiant, c’était le pied. J’étais même payée double en cas de jour férié (je les faisais tous) et un peu plus le dimanche (pareil). En bossant 28 à 30h par semaine, ça me laissait largement le temps de bosser mon mémoire de DEA (avis aux jeunes, à une époque le Master 2 s’appelait le DEA, et c’était y a pas si longtemps que ça !)

 

Comme j’étais un bon élément, on m’avait placée aux caisses de la grande exposition de l’époque qui attirait une foule de gens (c’était un grand peintre), y compris les VIP et les journalistes. C’est, d’ailleurs, à cette occasion que j’ai eu mes premiers contacts directs avec la presse (c’est pour cela que je m’étonne encore d’avoir été attachée de presse pendant 4 ans…mon côté masochiste sans doute).

 

Les journalistes étaient privilégiés. Sur simple présentation de la carte de presse, ils entraient gratuitement, recevaient le Petit Journal de l’expo, ainsi que le livre (un beau cadeau, croyez-moi) et deux cartes postales. Ce qui ne les empêchaient pas de chipoter et d’être désagréables pour la plupart ! Normal, me direz-vous, j’étais caissière !

 

L’un, en particulier, a vraiment été odieux et, je l’admets devant vous, il s’est passé un événement que je regrette aujourd’hui. J’ai mal fait !

 

Ce journaliste, assez déplaisant à tous points de vue, me présenta sa carte de presse et me réclama ses cadeaux. Je tiquais déjà sur le fait qu’il bossait pour une obscure revue professionnelle sur l »automobile (mais comme il y a aussi de la peinture sur les voitures, je suppose qu’il y a un lien, en cherchant bien). Là…malaise. Comme il n’y avait plus d’ouvrages à leur donner (il fallait venir le jour du vernissage, pas en fin de semaine !), les journalistes n’avaient le droit qu’au Petit Journal et aux deux cartes postales. Ca restait sympa, je trouve, mais c’était moins bien, ça c’est sûr. En tout cas, lui, ça ne lui a pas fait plaisir. Alors que je lui expliquais, calmement, la situation et mes consignes (ben non, mon pov’ Robert, j’ai pas décidé ça toute seule, moi simple caissière), il m’a tapé un scandale ! Il méritait son livre, il était journaliste quand même ! Mais comme j’allais pas lui pondre…

 

A ce moment là, il a demandé à voir l’attachée de presse de l’expo. Vous allez rire, mais je n’avais aucune idée de qui c’était ni comment la joindre. Bizarrement, les gens des bureaux ne se mélangeaient pas à nous. Je n’aurais même pas pu dire où leurs bureaux se situaient !! A peine si je savais qui était le maître des lieux (quant-à savoir à quoi il ressemblait…)

Je lui ai donc expliqué que, malheureusement, je ne pouvais joindre l’attachée de presse ou qui que ce soit du service communication : mon téléphone n’était relié qu’aux autres postes de caissières, à la librairie, aux RH (enfin seulement la cheffe des caissière) et à la caisse centrale (ceux qui gardaient les sous). Je lui ai, alors, suggéré d’aller à l’accueil du musée, ce qui me semblait plus logique.

 

Allez savoir pourquoi, ça l’a mis en rage ! Non seulement, il m’a traitée de tous les noms, mais en plus il m’a reproché ma bêtise et mon incompétence, ma stupidité de caissière ! Il m’a également dit qu’on m’avait très certainement présenté tous les services à mon arrivée et que je connaissais tout le monde, tous les bureaux, en gros, que j’étais une menteuse paresseuse (C’est vrai Robert, t’as visé juste ! Regarde, là en bleu derrière moi, c’est Momo le balayeur. Il s’est posé un instant parce qu’il attend le Ministre de la Culture qui doit lui faire faire le tour du propriétaire ! Je rêve…)

 

Croyez-le ou non, mais je suis restée zen. Je lui ai présenté mes excuses très poliment, lui ai réitéré mon conseil et je lui ai souhaité une bonne exposition. Et il est parti !

 

Mais il y a une suite…

 

Deux heures plus tard, il revient à la charge. L’expo ne l’a pas calmé (quel rustre, elle était bien belle cette exposition). Il me redemande le service communication, je lui explique que rien n’a changé depuis notre précédente conversation. Bien sûr, il se met à hurler que j’aurais pu me renseigner. Connaissez-vous les horaires de boulot dans un musée ? Du moins à la caisse ? On arrive avant l’ouverture, histoire de tout préparer, on patiente jusqu’à la pause du matin (15 à 30mn), puis jusqu’à la pause déjeuner (1h), on retourne bosser en espérant la pause de l’après-midi (la même que celle du matin), puis on fait la fermeture et on range. Donc, non, je n’ai pas eu que ça à faire !

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Je ne vous cache pas que cela a encore plus énervé mon nouvel ami (fort laid au demeurant). Sur ces entrefaites, il se saisit de plusieurs cartes postales et les jette sur mon comptoir en me disant « Tenez, encaissez ça ! Normalement, ça vous devriez savoir faire ! »

 

Mon sang n’a fait qu’un tour et je dois dire que la réaction qui a suivi n’avait rien de professionnel ! J’ai pris les cartes postales (notre plus belle vente), et je lui ai jeté à la g…, enfin au visage quoi, en lui répondant que non, j’étais désolée car j’étais trop bête pour réussir un truc aussi difficile. Qu’il n’avait qu’à voir ça avec mes collègues à côté.

 

Puis je suis (enfin) partie en pause. Je lui aurais arraché les yeux ! La collègue de la caisse d’à côté (c’te fayotte), s’est précipitée vers lui en déplorant mon agressivité et mon comportement, mais je n’en avais cure !

 

Plus tard, la nouvelle a fait le tour de tout le musée (normal, je vous ai dit que les téléphones étaient reliés entre eux).

 

Ma responsable est venue me trouver pour avoir ma version (plutôt que celle de la fayotte) et je me suis fait un plaisir de le lui raconter. Peu importe les conséquences, j’assume toujours mes actes.

 

Et c’est là qu’elle m’a rappelé que j’aurais également pu appeler la sécurité (des mecs barraqués) pour le jeter dehors ! Moi, pasd’Bol, ai raté une occasion unique d’humilier publiquement un abruti !!!!

 

13 ans après, j’en pleure encore !

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