Lettre à une vieille amie

1 novembre 2015

lettreIl en va avec un blog comme avec les gens. Car virtuelle ou pas, la vie se suffit à elle-même et s’ancre dans la réalité que ce soit par les émotions ressenties, les interactions partagées et le désir d’être tout simplement, bien que les postulats de base soient en partie différents.

Ainsi, il arrive que, comme dans toute relation, on s’éloigne un peu, les liens se distendent, même si on était à fond à un moment donné, du fait d’un besoin de récupérer son souffle, de ne pas perdre le contrôle ou de ne pas s’emballer trop avant d’être sûr. Sûr de quoi ? Probablement que la relation est au final assez forte pour résister à l’éloignement, qu’elle sera toujours là si le désir de revenir se fait un jour sentir, un peu comme un enfant qui teste les limites pour se rassurer. Ce qui passe forcément par la connaissance, de l’autre, des autres, mais avant tout de soi-même. C’est de cette connaissance parfois ténue que naît la sérénité et la confiance.

Mais alors, toute la question est sur le fait de revenir et là ça se complique. Comment faire pour reprendre contact naturellement alors qu’on s’est éloigné sans vraie raison, quand la relation battait son plein, quand on n’a fourni aucune explication ? Peut-on revenir en toute confiance égoïste, sans peur que l’autre soit définitivement parti, déçu du silence soudain, sans honte d’être parti sans un mot, dans un espoir fébrile que tout puisse reprendre comme avant ? Pas vraiment, car rien n’est jamais acquis dans la vie, en particulier les gens qui comptent, et tout ne peut reprendre son cours sans un minimum de temps, que toutes les parties se sentent suffisamment à l’aise.

Dans ces cas-là, seule l’humilité est la clé. Celle d’admettre qu’on a pu blesser l’autre par son silence, qu’on est désolé mais que l’autre compte tellement qu’une vie sans est soudain très triste, qu’on est prêt à se rattraper et à saisir une main tendue. Que les gens, les choses, les vibrations qui comptent font au final partie de nous, qu’ils ne peuvent s’oublier même si l’on est un peu loin soi-même, qu’ils nous sont essentiels et constituent un vrai moteur au quotidien. Que l’on est pas parti à cause de quelque chose mais que l’on revient grâce à ce qui était et est toujours.

Il est forcément difficile de trouver les mots, de vouloir convaincre, mais tout ce qui importe est de se montrer en toute sincérité de ses émotions et de son être pour avoir la moindre chance. Juste cela, être sincère et naïvement confiant, sans la moindre attente, sans forcer la main de quiconque, en laissant toute la liberté à autrui de ressentir et vivre les choses à sa façon, sans pression ou objectif à la clé. Dans la découverte ou redécouverte.

Oui Blogosphère, je t’ai délaissée un moment…

mais maintenant je suis là !

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