Lettre ouverte à la RATP

19 avril 2012

trottinetteOui toi là, le chef de la RATP, faut qu’on cause !

 

Je sais, tu dois composer chaque jour avec des usagers mécontents, alors que tu fais de ton mieux. Pour toi, les transports c’est sacré et quand tu prends le métro, tu as des étoiles plein les yeux et des zoziaux qui chantent dans la tête ; tu aimerais tellement faire partager ta passion aux millions de Franciliens. Mais un Francilien est Français avant tout et par principe jamais content…

 

Moi c’est différent, moi je vais te dire merci ! Car j’ai réalisé qu’en fait tu étais un grand humaniste. En fait, ton but ultime c’est de rapprocher les gens dans les transports, de les rapprocher physiquement. C’est vrai c’est beau.

 

C’est d’ailleurs dans ce but que, probablement, tu supprimes chaque jour un peu plus de RER sans prévenir et sans tenir compte des horaires affichés en gare. De toute façon, tu sais que personne ne va jamais lire les horaires affichés en gare, à quoi bon les respecter dans ce cas, et tu as bien raison. Et comme ça, lorsqu’enfin un train arrive, ton rêve se réalise, nous sommes tous collés les uns aux autres, et sans doute plus proches que dans une boite échangiste avec DSK en guest. C’est bien joué d’ailleurs, car se farcir 17 mn d’attente par 4°C sous grand vent, donne vraiment envie de chaleur humaine.

 

Néanmoins j’attire ton attention sur quelques failles dans ton plan intitulé « de l’amour et des usagers » : 

 

  • Hélas, il y a quand même des gens qui lisent les horaires affichés en gare, et voir écrit « trains à 8h56, 8h58, 9h01 et 9h07 » engendre une grosse déception quand tu arrives à 8h53 et qu’il y a un pauvre 9h10 affiché sur l’écran, sans aucune précision autre que « c’est normal ». Ca ne donne pas trop envie de palper les miches de ton voisin quand tu arrives enfin à entrer dans le train.

 

  • Le problème de limiter des trains sans raison, c’est que les gens sont vraiment très nombreux dans les wagons, je sais, c’est le but de ton idée géniale. Seulement voilà, parfois, certains ne peuvent avoir la chance d’entrer dans ton « train du bonheur » et participer au câlin général, et sont obligés de regarder partir le RER, des larmes dans les yeux en espérant que le prochain arrivera vite (ce qui n’est jamais le cas, tu as aussi supprimé les RER suivants).

 

  • J’imagine qu’on est über cool à la RATP ! Qu’on peut arriver à 10h30 sans que ça dérange qui que ce soit. Malheureusement, ce n’est pas le cas de tous les patrons, le mien commençant à s’irriter du fait que j’arrive avec 20mn de retard depuis 2 semaines. Du coup, nous sommes tous tellement tendus dans le train que nous n’avons pas le réflexe de sympathiser avec nos petits camarades de wagon.

 

Je sais bien comment tu imaginais la chose. Tu nous voyais attendre le RER, sourire aux lèvres, avec autant d’impatience que d’excitation. Qu’on se précipitait, dès les portes ouvertes, sur tout le monde histoire de se lancer dans des free hugs endiablés, que nous entamions la conversation les uns avec les autres, qu’on s’appelait par nos petits noms, qu’on chantait gaiement en tapant dans nos mains… Peut-être qu’un jour, nous y viendrons. Mais c’est trop tôt, le Francilien lambda n’est pas prêt.

 

En attendant, tu seras gentil de rétablir mes RER, bordel !!!

 

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