Ma vie en pantacourt

30 avril 2012

pantacourt.jpgT’as vu comme je suis taquine, Lecteur, je t’aguiche avec un titre plus subtil qu’il n’y paraît. Tu lis ça et tu te dis « chouette, un article mode ! » (ce qui est la preuve que tu ne me lis pas assez…depuis le temps que je répète que je ressemble à Madame Patate vêtue d’un sac poubelle). Sauf que non…De toute façon, même moi je sais que le pantacourt n’est plus à la mode depuis deux ans (ok, j’en mets toujours, mais parce que ce sont les seules fringues dans lesquelles je rentre toujours depuis la maladie).

 

Bref, ceci n’est pas un article mode.

 

Un pantacourt en fait, c’est quoi ? C’est une sorte de truc hybride qui n’est ni un pantalon, ni un corsaire, ni un short…en fait, ça ressemble juste à un pantalon qui n’a pas été fini par manque de tissu et « oh tiens, j’ai inventé un nouveau vêtement avec mon ratage, on va dire que ça s’appellera pantacourt et toutes les nanas en mettront en se disant que c’est trop original ».

 

Et justement, j’ai tendance à vivre, non en pantacourt, mais comme un pantacourt (je vous jure que je n’ai pris aucune substance hallucinogène).

 

De fait, quand je fais quelque chose, en général, je le fais vraiment bien. Je suis super investie. Et un jour, au moment d’atteindre le but que je me suis fixée, hop, ça m’intéresse déjà moins. Je ne parle pas, bien sûr, du travail, car là je me dois de toujours être pro, mais je parle de ma vie de tous les jours et, ce, depuis que je suis petite. Autrement dit, je vais presque jusqu’au bout des choses et, quand la réussite est à portée de main, je bloque. Je reste devant une porte ouverte sans la franchir et m’en vais me trouver un autre immeuble à pénétrer.

 

Un exemple ? J’en ai des tas ! Comme partir de la plus importante compétition de natation juste avant de nager (sous un prétexte futile) alors que j’étais certaine de gagner. Me désintéresser de mes cours de breton quelques semaines avant le bac alors que j’étais la meilleure lycéenne bretonnante de toute l’Ile de France (19,75 de moyenne annuelle, qui peut faire mieux ?), cumuler les mentions très bien pour finalement arrêter ma thèse au bout de 4 ans, stopper un régime 3 semaines avant la fin sachant qu’il reste encore 3 kg avant l’objectif fixé, m’arrêter de courir juste avant la ligne d’arrivée…

 

Plus j’y songe, plus je réalise combien c’est systématique. Je fais le plus dur (et en général, je le fais brillamment) et, au moment de récolter les lauriers de la gloire, je préfère me saborder pour recommencer autre chose avec des regrets plein la tête.

 

Bien sûr, vous dire pourquoi je fais ça est un peu au dessus de mes possibilités. Si j’étais psy…ben je serais psy (tout ça pour dire que je ne le suis pas, CQFD). Je ne suis pourtant pas effrayée par la réussite (pire, je déteste perdre). Peut-être que tout ce qui m’intéresse c’est l’idée de dépassement, de lutte, et de savoir que je suis la meilleure sans avoir la récompense à la clé. Oui, peut-être, c’est bien joli mais c’est quand même hyper frustrant de ne jamais réussir à aller jusqu’au bout quand on est (et c’est le drame) sûre de réussir à remporter la palme. Le pire, c’est de savoir qu’on est la seule personne qui nous en empêche et qu’il n’y a aucune circonstance extérieure à blâmer (quand je vous disais que je suis un peu barrée).

 

Bon, j’imagine que je ne suis pas la seule dans ce cas, mais quand même, j’aimerais bien comprendre. Ca m’ennuierait quand même que mon épitaphe soit « elle était brillante et a presque réussi ».

 

En tout cas, le jour où VMG sera sur le point de faire la Une dans le monde, ne soyez pas étonnés s’il disparaît des écrans, ça voudra dire que je cherche encore la réponse !

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