Mafalda c’est moi !

29 juillet 2011

bb lit1Quand j’étais en 3ème, un de mes camarades de classe m’avait surnommé Mafalda. Parce que j’étais petite, mal fichue, ronde, que je souriais peu et que je l’ouvrais beaucoup. Mais aussi parce que j’avais toujours un avis sur tout.

 

Ce qu’il ignorait, c’est que j’étais une grande fan du personnage (juste après Garfield, c’est vous dire).

 

De fait, j’ai toujours eu beaucoup de points communs avec Mafalda. Même enfant je m’intéressais à un tas de sujets qui ne me concernaient pas spécialement, j’essayais d’avoir une grande culture générale, j’avais des conviction et un avis bien tranché et je trouvais ridicule de ne pas avoir mon mot à dire sous prétexte que je n’avais pas dépassé 10 ans.

 

Je me souviens encore avoir été punie à l’école quand j’ai affirmé à la surveillante de la cantine que je n’avais pas à tout lui raconter sur moi car elle se devait de respecter ma vie privée ou quand j’ai soutenue à une institutrice que vu la configuration de l’univers, le nombre de soleils, de planètes et de galaxies, on ne pouvait exclure la probabilité d’une vie extra terrestre. D’ailleurs ce qui m’a valu ma punition c’est d’avoir soutenu mordicus qu’il y avait plusieurs galaxies et pas seulement le système solaire (oui, on était un peu à la masse en termes d’éducation dans une ZEP des années 80, et pas au faîte de l’actualité scientifique…je crois qu’on ne regardait pas assez la télé !)

 

Je me souviens aussi avoir énervé mon père en CM2 car il voulait (déjà !) que je fasse des études scientifiques, que je me sentais l’âme d’une littéraire et qu’il m’affirmait qu’il y avait des maths obligatoires pour le BAC littéraire et que ça comptait beaucoup. C’est donc avec force de conviction que je lui ai garanti que d’ici mon arrivée au lycée, il y aurait bien une réforme pour renforcer les filières littéraires. En quoi j’avais vu juste…

 

Je m’intéressais également à l’actualité économique et était fascinée par le cours du dollar. En revanche, la politique me laissait froide (on en parlait beaucoup trop chez moi). Ce qui ne m’empêchait pas d’avoir une ou deux idées sur le sujet…que je ne comprenais pas.

 

Avant de vous la raconter « j’étais une enfant exceptionnelle et précoce » (soyons honnête, je jouais aussi à la Barbie et j’adorais Casimir), une petite présentation de Mafalda s’impose !

 

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Qui est Mafalda ? Petite fille Argentine, dessinée par Quino (également Argentin), Mafalda est une enfant issue de la classe moyenne et vit entourée de ses parents, de son petit frère Guille et de ses amis.


Cynique, caractérielle et pessimiste, Mafalda rêve de changer le monde et d’arrêter toutes les guerres (elle est née en pleine Guerre Froide). Elle a bien du mal à se contenter d’être une simple enfant, sans doute à cause de son envie de tout savoir et de jouer à jeu égal avec les adultes qu’elle estime responsables de la situation mondiale. De fait, elle est emblématique d’une époque où l’on s’imaginait que la jeunesse pourrait tout changer (les années 60). C’est surtout une petite fille qui sait ce qu’elle veut pour elle et le monde dans lequel elle vit !

 

Bande dessinée à connation politique, Mafalda se veut le reflet d’une société, l’Argentine de l’époque. Cependant, ses traits d’humour, subtils, restent accessibles aux enfants européens de notre époque (je lisais Mafalda dans les années 80 et je me bidonnais comme une baleine).

 

Je vous avoue que je serais curieuse de lire ce que Mafalda penserait de nous et notre époque si c’était possible…

 

Mafalda et son regard sur le monde sont significatifs. Mais ce sont également ses amis qui apportent un véritable reflet de la société. De Miguelito qui traduit souvent les idées facistes de son grand-père (après-guerre, Argentine…bref, pas besoin de vous faire un dessin), Manolo, le capitaliste absolu (auteur de ma phrase préférée que je ressors souvent depuis la primaire « les chèques de tes plaisanteries sont sans provision à la banque de mon esprit ! »…bon au collège je passais pour une tarée bizarre), Suzanita qui incarne parfaitement la future mère de famille au foyer et qui n’a d’autre ambition que d’avoir un mari riche et des bébés, mais surtout Felipe, le meilleur ami de Mafalda, humaniste…et dépressif !

 

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Mafalda est une lecture de tout âge. D’une part, Mafalda apprend aux enfants à avoir leurs opinions, à s’ouvrir au monde et surtout à avoir la volonté de le rendre meilleur. Sans faux semblants ou hypocrisie, Mafalda apprend que le monde n’est pas parfait et que si les adultes ne font rien…les enfants ont le droit et le devoir de rêver à un monde meilleur. Que l’essentiel est d’y croire, de le vouloir, de toujours garder les yeux ouverts sans croire tout ce qu’on nous raconte, et de se fier à soi comme d’un absol
u.

 

C’est également une lecture indispensable pour un adulte, encore plus pour des parents. Forcément, avec le recul de l’expérience et de l’Histoire, une nouvelle lecture s’impose à l’adulte. Et cela doit nous amener à nous interroger sur le regard que les enfants portent sur nous, sur nos actes du quotidien ou nos actes citoyens et réaliser qu’ils sont aussi nos juges…et que devons leur rendre des comptes ! Pour quoi des comptes ? Parce que le monde que nous faisons est celui que nous leur laissons.

 

Maintenant, quel que soit notre âge et nos convictions, j’affirme que lire Mafalda est essentiel. Parce que ça fait drôlement rire et que rire…c’est un bon départ pour avancer dans la vie !

 

PS : je sais que je vous ai déjà dit que j’étais Daria…mais ça c’était l’adolescence. Avant, j’étais vraiment Mafalda ! Et maintenant ? Je veux être Wonder Woman !

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