Mais t’inquiète !

28 juillet 2013

Ne t'inquiète pas pour moiOn peut être une vieille cynique blasée, on ne peut nier une certaine réalité. En général, les gens sont gentils. Rien de péjoratif là-dedans (en plus j’adore les gens gentils), mais un fait. Quand ça ne va pas, il y aura toujours quelqu’un pour essayer de te remonter le moral, de te dire des mots d’encouragements ou te souhaiter la bonne année quand on te sait maudite. Pour autant, si l’intention est toujours bonne et louable, il arrive que ça soit plus agaçant et pesant que réellement motivant. Attention, mauvaise foi et ingratitude inside…

En effet, il y a du soutien récurrent. Ce genre de phrases qui tiennent plus de la rhétorique, un peu comme le « ça va ? » du matin, qui, à la longue, te donnent plus envie de mordre un teckel dans la rue que de danser la samba dans la salle de bain (en plus, la dernière fois que j’ai fait ça, je me suis explosé le front contre le carrelage de la douche, depuis j’évite et je course les teckels). Pourquoi tant de haine ? Disons qu’à force de voir que ce n’est jamais suivi des faits, que ça s’inscrit à l’encontre d’une réalité trop présente, que les personnes bien intentionnées ne savent pas de quoi elles parlent, on a bien envie de devenir anachorète au fin fond d’une forêt perdue en plein désert.

Mais quelles sont ces phrases capables de provoquer une telle ire ? T’inquiète, Lecteur, je vais expliciter tout ça.

  • T’inquiète, tu vas vite retrouver quelqu’un. Toute célibataire qui se respecte a déjà, au moins une fois, entendu cette sentence. Ce qui serait sympa si c’était dit par Mme Irma bohémienne liseuse d’avenir 100% garanti, l’est moins quand c’est déclaré sentencieusement par tes proches qui, eux, ne s’inquiètent pas trop pour ton avenir amoureux. C’est dit, c’est écrit. Tu es tellement formidable que tu ne peux que retrouver un mec en or, il ne saurait en être autrement. La première fois que j’ai entendu ça, c’était en janvier…2012. Depuis ? Je trouve le temps long. Parce que moi, oui, je m’inquiète salement là…

 

  • T’inquiète, tu vas vite retrouver un super job. Un rappel, mon dernier vrai CDI (par là, je veux dire CDI sans arnaque qui dure plus que la période d’essai car ça coûte moins cher que d’embaucher un CDD en cas de surcroit d’activité) date de 2007. Je sais que le temps est une notion toute relative. Mais sérieusement, c’est quand « vite » ?? Je sais que la patience n’est pas mon point fort et que la survie est mon mode de vie, mais au bout de tellement d’attente (et d’efforts, faut pas croire, je me bouge) n’ai-je pas légitimement le droit d’être un chouilla agacée par cette phrase à la limite de l’ironie ? Je crois désormais que la seule façon que je la prenne avec la sourire est de me la sortir avec une proposition de job à la clé : « T’inquiète, tu vas vite retrouver un super job, j’ai filé ton CV à mon DRH/Dircom il veut te voir ASAP, te trouve géniale, est fan de ton blog, et ne voit personne d’autre que toi pour ce poste à responsabilités à plusieurs 0 ». Là oui, je prends (et je m’explose le front sous la douche).

 

  • T’inquiète, au rythme où tu maigris, tu vas vite rentrer dans du 34. On pourrait croire que. C’est sans compter ma récente addiction aux M&M’s… De plus, la violence de cette addiction est proportionnelle à mon récent dégoût pour toute forme d’activité sportive. Non que je sois boudinée dans mon 36. Mais je sens comme un léger tiraillement qui me fait dire que le 34 est loin, très loin, trop loin. Genre inaccessible.

 

  • T’inquiète, tu vas vite arrêter les M&M’s. Probablement la phrase la moins réaliste du lot. Je subodore que les concepteurs de la bouboule chocolat/cacahuète mettent du crack en loucedé dans la composition. De fait, j’en suis sûre. Mon 36 me l’affirme (j’ai le slim bavard).

 

  • T’inquiète, tu vas vite trouver une solution pour tous tes problèmes de thunes. Il est vrai que je fais tout pour, quitte à courir dans tous les sens comme Bambi fuyant le chasseur. Mais non, rien à faire, cette phrase, loin de me remonter le moral, me fait me sentir encore plus isolée dans ma tête et ma vie, d’autant que je connais l’ampleur de la situation à force de la vivre au quotidien (ma banquière aussi du reste). Je ne veux plus d’encouragements, j’en ai un sacré stock, mais une solution concrète, je ne crache pas dessus.

 

  • T’inquiète, ta maladie ne reviendra plus. Mouais. Je comprends bien l’idée d’éloigner cette épée de Damoclès du dessus de ma tête, c’est gentil, si si, je le pense pour de vrai. Seulement les vœux pieux n’ont jamais empêché l’endométriose de faire ce qu’elle voulait. J’ai gagné une bataille, pas la guerre. Je le sais, elle le sait, pour le moment c’est la trêve. Mais à force de me dire ça, on va me porter la poisse (c’est hyper susceptible une maladie incurable, il ne faut pas croire).

 

  • T’inquiète, tu seras reine du monde. Oui mais dans longtemps. C’est maintenant que je veux l’être. Où est mon armée, les médias pour la propagande, mon réseau d’espions prêts à noyauter le système en place, mon harem…? Hein ? Où ?

 

  • T’inquiète, ça va aller. Rien que pour ça j’ai bien envie de vous ressortir mes articles de 2011. Juste comme ça, pour rire…

 

  • T’inquiète, même sans alcool tu passeras une bonne soirée. Ça, les gens, on appelle ça un mensonge et ça n’a rien de gentil.

 

Je te vois venir Lecteur, devant un tel manque de reconnaissance, une seule question te vient en tête « Et sinon, tu comptes cesser de geindre et la fermer un jour ? »

T’inquiète…ça n’arrivera jamais !

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