Mignonne, allons voir si la rose…

13 octobre 2013

poèmeDéjà un grand merci un Bérengère Krief et Marine Bouasson d’avoir diffusé mon dernier article, ça m’a fait extrêmement plaisir (c’était la minute people…d’ailleurs, les 3000 personnes qui sont venues vendredi, si vous pouviez rester, mon ego apprécierait, vous verrez, on se fend tous les jours la poire ici).

Bien, revenons à nos blancs moutons (Bergère)

On le sait tous (et surtout les filles), il ne faut pas se fier à tout ce que l’on nous dit. Jamais. Sauf lorsqu’un mec va droit au but et vous sort « Je veux faire du sexe sale avec toi », là vous pouvez être certaines que c’est la stricte vérité et que ça vient du fond du cœur (voire plus bas). Comme je l’ai (brillamment) démontré il y a quelques jours, on ne peut pas non plus se fier, en tout cas pas trop, aux gestes de tendresse. Cela étant, il reste une vérité un peu triste, la fille est une gourdasse sensible à la poésie.

Tout est parti d’une discussion avec Lolita, ma coloc, à qui l’on venait de déclamer quelques vers de Verlaine (et vu la suite de l’histoire, ce fut très efficace). A peine, m’a t-elle dit qu’un charmant garçon, au lieu de lui sauter dessus comme d’habitude, lui avait sorti du Verlaine, ça a fait tilt dans ma tête : Mon Rêve Familier. Imparable (bien joué, garçon). S’il y a bien un poème qui me fait de l’effet, c’est celui-là (et vu ce que m’a raconté Lolita, je ne suis pas la seule). Un peu comme si un type se mettait à me jouer la première Gnossienne de Satie, ou devisait tranquillement sur du Balzac. Ne pas croire tout ce qu’on nous dit, encore moins les belles promesses, certes, mais chaque cuirasse a sa faiblesse (je suis sympa, Lecteur, je viens de t’en citer 3 des miennes).

Mais comment se fait-il à l’heure de AUM que les filles (moi y compris) se fassent encore avoir par de tels artifices (reprenez la phrase « droit au but » et faites-en une finalité) ? C’est simple, parce que c’est rare ! Et si c’est rare dans la tête d’une nana, c’est forcément qu’il y a un fond de sincérité derrière tout ça (idiot, je le conçois). Si un mec se met à réciter un poème, la fille ne va pas de suite se dire que c’est son modus operandi pour scorer, mais va plutôt se sentir unique et privilégiée d’une telle marque d’attention ou de délicatesse (bon, je ne généralise pas, j’en connais quelques-une qui éclateraient de rire avant de se barrer).

Je faisais référence à AUM, et justement ! N’importe quelle célibatrentennaire a remarqué le phénomène, nous sommes désormais sur le marché de l’amour et des rencontres. Et qui dit marché, dit consommation et immédiateté. On sait à peu près ce qu’on veut et ne veut pas, on nextise sans donner la moindre chance à l’autre en face, on cherche l’absolu, le feu d’artifice dès le premier bonjour échangé, et tout doit matcher à la seconde. Du coup, plus personne ne prend le temps de la séduction.

Ok, faire la cour est devenu très désuet (de toute façon, comme on veut tout tout de suite, plus personne n’a le temps), mais c’est bien pour cela que, lorsque ça arrive, la fille est tellement déstabilisée que ça marche dans 80% des cas ! Un mec qui te regarde comme la 8ème merveille du monde, prend le temps de chercher à te connaître, te parle avec douceur et te lit de la poésie (ou se met au piano, je ne suis pas sectaire), sans chercher à te toucher (au début)…tu le regardes forcément d’un autre œil que celui qui te colle fissa son érection contre la hanche (ne riez pas, ce sont des choses qui arrivent) ! Même s’il ne te plaisait pas spécialement à la base (mais quand même suffisamment, il ne faudrait pas déconner). Sur le moment, tu le regardes un peu comme un alien qui a tout compris et tu te retrouves à imaginer de longues balades en forêt à chercher des châtaignes qui précèdent de belles discussions autour d’un feu de cheminée (sur une peau de bête).

J’avais évoqué le texto récent d’un presque pote (ok, un peu aviné) qui me contait fleurette. Ce que je n’avais pas dit, c’était qu’il y avait eu un avant (pas de poèmes, mais cour il y a eu) et un après (AUM, je sais c’est moche). Preuve que même les plus fortes ont une âme de midinette. D’ailleurs, je suis cool, je vous épargne toutes mes expériences du genre. Mais un exemple, cependant, qui fera plaisir aux fans de Friends. Rappelez-vous, Phoebe rencontre un type doux, sensible, qui la traite comme une princesse, qui parle avec elle toute la nuit, s’intéresse vraiment à elle, ce qu’elle est et ressent…mais refuse de la toucher. Au bout d’un moment, elle est tellement séduite qu’il lui faut ce mec et elle en vient à le supplier de coucher avec elle en lui disant de ne pas penser à ses sentiments potentiels, que tout ceci est léger, qu’il n’y a aucune pression (ce qui est totalement faux vu qu’elle croit vraiment être tombée sur la perle rare). Au final, il la saute…et ne la rappelle jamais. Ok, c’est une technique un peu longue et machiavélique, mais ça montre bien que ça marche ! Dans le fond, on rêve toutes de rencontrer Mr Darcy…dans 90% des cas il s’agit de son cousin diabolique Super Connard !

Là, Lectrice, tu te dis « Merci DarkGally de nous mettre en garde contre les pièges de la poésie racontée par un pénis ». Non, malheureuse, car je n’ai pas de pouvoirs magiques et tu te feras quand même avoir ! Et de toute façon, on a toutes cette croyance absurde qu’à force d’embrasser des crapauds on finira dans un château à martyriser les domestiques.

Comme on ne peut rien contre l’inévitable, je l’affirme tout haut :

Mon coeur contre un sonnet (et mon corps pour le 2ème mouvement allegretto de la 7ème Symphonie de Beethoven) !

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