Moi j’aime pas les touristes !

8 août 2013

touristeJe l’ai assez répété, je suis une vraie Parisienne. Une VRAIE. Avec l’accent titi et tout (surtout après plusieurs verres, en revanche l’accent russe cochon j’ai jamais réussi, je suis déception). Même si je possède une certaine dose d’auto-dérision (en fait, c’est ce que j’ai réussi à vous faire croire, je suis très premier degré), il m’arrive régulièrement de réaliser que je colle à pas mal de clichés. Que j’assume et accentue beaucoup (je suis tellement joueuse). Rappelons-nous ce fameux article où je clamais mon amour pour Marseille (alors qu’en fait j’adoooore…non vraiment ce n’est pas possible, j’abuse qui ?)

Il est temps de vous dire combien j’aime les touristes (toi aussi, Lecteur, suggère à la Mairie de Paris de m’engager pour faire la promotion de la ville)

Aaaah, Paris au mois d’août, le soleil, le calme, le vide…enfin presque. Si j’adore travailler à Paris en août (il y a moins de Parisiens, ça nous fait des vacances), j’ai toujours du mal à voir ce raz de marée humain que sont les touristes. Ok, ils font vivre la ville et briller notre exception culturelle par delà les frontières (du fantasme). Ce qui est très gentil de leur part, je veux bien le concéder. Mais enfin, ils sont là et il est difficile de les rater.
Mais pourquoi tant de haine ?

  • Le touriste prend de la place sur les trottoirs : non seulement il marche à la vitesse d’un escargot asthmatique, mais en plus il se déplace en meute (plutôt en troupeau, remarquez). Il s’étale ! Du coup, on est souvent obligés de passer par la route pour enfin les dépasser. A quoi ça sert de payer des impôts locaux pour ne même pas pouvoir profiter pleinement des trottoirs sales qu’on contribue à payer, je vous le demande un peu ?

 

  • Le touriste marche à la vitesse d’un escargot asthmatique : je me répète mais ça n’en reste pas moins vrai ! Le touriste est lent. Bah oui, regarder son plan, admirer les monuments (ou les crottes de chien « Hé chérie, regarde, on fait une photo ! »), poser avec sa famille (« Hé chérie, regarde, on fait une photo de nous tous devant la crotte de chien ! »), tout ça ralentit sa cadence (déjà pas pas bien rapide, le touriste est mou de base). Donc forcément celle de la Parisienne qui n’est que productivité et rentabilité (aller du point A au point B en moins de 10mn sur stilettos).

 

  • Le touriste te donne l’impression d’aimer ta ville plus que toi : c’est vrai, c’est hyper frustrant tous ces gens qui s’ébahissent devant des trucs que tu vois tous les jours sans plus les remarquer ! Personne n’aime Paris plus qu’un Parisien, la découverte n’excuse rien !

 

  • Le touriste est sale : souvent il jette ses déchets par terre. Pas toujours (je m’en voudrais de généraliser, ce n’est pas du tout mon genre, en atteste l’objectivité quasi scientifique de cet article), mais souvent. Ok, Lecteur, tu vas me dire que le Parisien aussi. Oui mais lui, il a le droit !

 

  • Le touriste est critique : cela arrive, le touriste peut être déçu par les délices et les beautés de la capitale. Ce qui est clairement de la mauvaise foi impardonnable. A Paris, tout est beau et charmant, même les putes ! Pourtant, tu l’entends souvent se plaindre dans le métro.

 

  • Le touriste squatte le métro : c’est déjà assez dur de devoir aller bosser en août, la moindre des choses serait d’avoir des rames complètement vides pour notre plus grand confort. Or, à toute heure du jour et de la nuit, on tombe sur des touristes qui squattent les strapontins, ne se poussent pas quand on doit monter ou descendre, bloquent la porte de devant et surtout diffusent leur sueur. Franchement, ils ne pourraient pas traverser la capitale à pied en plein soleil ? Ou sous la pluie, peu importe, le climat n’est pas la question.

 

  • Le touriste est un menteur : adieu le rêve du blond Suédois ou du bel Hidalgo en goguette à Paris dans le but de charmer une adorable Parisienne ! Ça, c’est un mythe ! Alors oui, la Parisienne peut espérer se faire draguer sous le soleil par un touriste, au mieux par un Ukrainien ventripotent de 60 ans qui porte des sandales et transpire de partout. Attention, on a dit au mieux.

 

  • Le touriste suit rarement la Fashion Week à la télé : eh oui, c’est triste mais c’est comme ça, la vue de la Parisienne est souvent offensée. Forcément, la Parisienne aime la mode…celle de Paris !

 

  • Le touriste est souvent Français : notons que ça ne change pas grand’chose vu que, pour tout Parisien qui se respecte, les frontières de l’Hexagone s’arrêtent à la petite couronne, voire au périph pour les plus riches. La France est donc un cercle où tous ceux qui viennent de l’extérieur ont une saveur exotique.

 

  • Le touriste aime les animaux : il adore nourrir les pigeons et les canards. On a dit non, bordel !!

 

  • Le touriste est un grand naïf : il s’extasie de tout et n’importe quoi, sourit sans raison et t’aborde, confiant, pensant que les locaux sont très accueillants et chaleureux. Or le Parisien est un grand cynique. C’est pénible…

 

  • Le touriste donne de mauvaises habitudes aux garçons de café : il distribue des pourboires quasi systématiquement ! Or le Parisien (ce qui vaut pour le genre femelle) ne donne que très exceptionnellement une obole sous un état fortement alcoolisé ou une émotion joyeuse extraordinaire. Du coup, les garçons de café savent qu’ils vont se taper des Parisiens radins tout le reste de l’année (ce qu’il ignorerait si personne ne lui donnait jamais rien, un peu comme les pigeons) et font la gueule. Super l’ambiance… Le touriste donne donc mauvaise conscience.

 

  • Le touriste est en vacances : et ça, c’est franchement écœurant. Surtout quand tu n’as pas eu de vacances depuis 2008 et que tu rêves de quitter Paris au mois d’août !

Alors certes, on pourrait me dire que je suis passablement aigrie, que je représente un cliché détestable (totalement assumé) ou que cet article est à prendre au second degré, au choix.

Ou penser que je suis définitivement la femme parfaite

…autrement dit une connasse !

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  • je naime pas les touristes