Mon père n’est pas Gérard Depardieu…

28 avril 2011

quel-est-le-titre-du-remake-americain-du-film-mon-pere-ce-h.jpg…et je le déplore car ce serait un héros. Or, dans mon cas, Papa Pasd’Bol tient plus du zéro absolu.

 

Jusqu’ici, je ne vous ai pas parlé de Papa Pasd’Bol, et pour cause, je ne le vois plus depuis des années. De plus, humainement, il est assez peu intéressant. Notre dernier échange téléphonique remonte à janvier 2009 (oui, la semaine de mon cambriolage) et je lui annonçais mon prochain divorce, ma situation professionnelle (chômage), financière (plus d’allocations) et locative (préavis du bail). Sa solution « tu dois venir vivre chez nous (avec N°3), tu auras ta chambre ». Sympa, dans le fond, sauf qu’à 30 ans passés je ne rêve pas de vivre chez mon père et son épouse qui me méprise, d’abandonner mes chats (il n’aime pas beaucoup les animaux sauf les chevaux, d’ailleurs il en a acheté un), d’être fliquée, de suivre les règles imposées (tordues) et surtout d’aller à Trifouillis les Oies, où il n’y a pas de travail, loin de la Capitale et de ma vie. J’avais donc décliné gentiment sa proposition ce qui lui a moyennement plu. Après m’avoir souhaité que mon divorce se passe mal (histoire d’apprendre la vie), il m’a dit de me débrouiller toute seule (ce que j’ai fait). C’est le problème avec mon père, soit je lui appartient corps et âme comme une petite fille de 2 ans qui aime son papa (il est resté bloqué à la période oedipienne, trop bonne pour son égo enflé) sans lui coûter une thune, soit je suis une fille indigne et je passe mon chemin.

 

Depuis, plus rien, sauf un mail de deux lignes à Noël 2009 dans lequel il oubliait de me manifester son inquiétude, son angoisse de père (ben oui quoi, un an avant j’étais seule, sans emploi, sans argent et bientôt sans appart, il aurait pu s’en passer des choses graves !), mais en revanche me sommait de lui donner des nouvelles afin que, je cite textuellement, « il passe une bonne journée ». Vu son peu d’intérêt pour ma vie chaotique ou son manque d’initiative (un « j’espère que tu n’as besoin de rien » aurait été sympa), je me suis dit que je me souciais peu qu’il passe une bonne journée ou non.

 

Il faut dire que nous avons un long passif…surtout depuis qu’il a réalisé que je pensais toute seule et qu’il n’était plus mon héros (depuis mes 7 ans à peu près). Mon père s’aime en premier, si on ne partage pas son culte, on est forcément un ennemi. D’où l’obligation, jusqu’à mes 18 ans, de monter sur ses genoux et de lui dire « je t’aime mon papa ». Délirant, je sais.

 

Je ne rentrerai pas dans les détails, mais vais vous livrer une ou deux histoires pour vous situer le personnage. Quand j’étais en 3ème, Papa Pasd’Bol a fait le forcing pour que je fasse un BEP (au choix, j’ai de la chance), puis un Bac STT et enfin un BTS. La raison ? Le contrat de divorce stipulait que ma pension alimentaire serait versée jusqu’à la fin de mes études et je parlais de faire une thèse d’histoire (et j’en avais le niveau, horreur !). Mais, contradiction suprême, je me devais d’être la meilleure et j’étais une moins que rien si je ne faisais pas un Bac S (la voie soit-disant royale). Enfin, je suis ce que je suis, je n’allais pas me laisser me dicter mes études par qui que ce soit, j’ai donc fait comme je l’entendais (pourtant, mon père me connaît…ça m’a déçue qu’il puisse penser que je me laisserais faire).

 

Nous avons aussi une jolie histoire de Noël. Nous mangions (le 24 décembre à midi) avec Papa Pasd’Bol, N°2 et ses enfants. J’en étais aux petits-pois (j’adore ça) mais il en était déjà au yaourt. Je fais une réflexion anodine : il mettait de la confiture dedans, comme lorsque j’étais petite (ça m’agaçait déjà l’époque). Ce rappel du passé n’a pas plu à N° 2 qui est partie pleurer dans la cuisine. Papa Pasd’Bol m’a attrapée, traînée dans les escalier et enfermé dans la chambre jusqu’au soir. Merry Christmas ! Après il m’a dit que s’il devait choisir entre sa femme et moi, ça serait pas moi (mais je n’avais rien demandé).

 

Deux petites dernières pour la route. Lors de son divorce avec N°2, il m’a appelée pour me dire qu’il n’avait plus rien (Papa Pasd’Bol gagne très bien sa vie) et qu’il devait diminuer ma pension alimentaire (ma seule source de revenus à l’époque). Ok, normal, je suis humaine, j’ai un coeur, il repartait de zéro. Quelques mois plus tard, je vais passer le week-end chez N°2 (que j’ai appris à apprécier, le passé, c’est le passé). Et là je découvre…que Papa Pasd’Bol s’est barré avec la majorité des meubles et passe tout son temps en boîte à draguer la jeunette ! Ravie que ma pension (qu’il déclarait intégralement aux impôts pour avoir un abattement) lui serve à payer des mojitos !

Toujours à la même période…j’allais me marier ! Mon père a donc payé une partie des frais. Une fois les chèques partis, il m’annonce que son divorce se passe mal et que je dois faire un témoignage en sa faveur. Non seulement je dois prendre parti (or, je m’en tape), mais mon père souhaite que je mente (comme inventer des amants à N°2), et ça c’est hors de question. Je veux rester en dehors de ça et il m’est impossible de mentir juste pour faire plaisir (c’est tellement bas). Ce qui n’a pas plu à Papa Pasd’Bol qui m’a mis le marché en main, les frais du mariage contre le témoignage, sinon rien. Heureusement, après renseignement, les témoignages des enfants ne sont pas recevables, ce qui m’a retiré une belle épine du pied quand j’en ai informé mon père.

 

Si je devais définir Papa Pasd’Bol, je dirais que c’est un homme intelligent, fier lecteur, à l’égo hypertrophié (oui, y a pire que moi, je vous jure !), qui ne s’intéresse pas aux autres, ne vit que pour son intérêt, ne fait de cadeaux qu’en échange de quelque chose (tout se paye), pas très psychologue (de toute façon il n’aime pas les gens), n’aime pas les animaux (sauf les dadas…c’est un fan de tiercé), ne s’intéresse pas à la société, adore son portefeuille (dans son ordre d’affection il y a : lui, son portefeuille, toute personne qui lui donne de l’argent, moi) et au final a très peu d’amis (tous ceux que je lui ai connu ont fini par fuir). Il est également un peu mythomane !

 

Pourquoi, vu ce personnage sans intérêt et le peu d’affection que je lui porte, vous parler de Papa Pasd’Bol, là maintenant tout de suite ?

 

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Hier, Maman Pasd’Bol l’a eu au téléphone et l’a informé de mon état. En gros, il est désolé pour moi mais il s’en tape un peu, que je me débrouille seule. En plus, il était pressé, il revenais de Rome vous comprenez…Du coup, allez savoir pourquoi, même s’il n’a été qu’une source de déception toute ma vie, j’étais un peu chafouine pour ne pas dire plus…Je ne sais pas trop ce que j’espérais au juste, peut-être une réaction de père.

 

Après, j’ai réfléchi, et j’ai réalisé que de nombreuses blogueuses autour de moi ont des relations conflictuelles avec leur père. Est-ce là, la raison de nos blogs ? Un Ego en quête de reconnaissance, une rage de s’affranchir et de vivre nos vies telles que nous sommes, sans contraintes. Est-ce cela qui nous donne nos grosses testicules mentales ?

 

Finalement, je tiens à remercier Papa Pasd’Bol d’être humainement nul. Et vous devriez aussi ! Non c’est vrai, réflechissez deux minutes. D’une part, je lui dois une bonne partie de mes défauts (égo, faire comme bon me semble, orgueil, vantardise, esprit de compétition, mauvaise foi…) qui font que je suis telle que je suis (en combinant aux qualités transmises par Maman Pasd’Bol…ça fait un mélange très sympa). Sans lui, ce blog serait moins marrant non ?

 

D’autre part, imaginons qu’il aurait été le père de mes rêves, que se passerait-il aujourd’hui ? Il n’y aurait pas de blog (mon père déteste Internet). C’est vrai imaginez un instant quel type de personne je serais devenue. Je l’ai envisagé hier et ça m’a fait froid dans le dos !

 

mo203325_zoom.jpgDécouvrez donc Pasd’Bol devenu Fifille chérie :

– je vivrais chez mon père et son épouse (bête et méchante comme une teigne)

– je serais pure et innocente (mon père refusant que je fréquente des garçons, c’est pour ça qu’il détestait MEX d’ailleurs)

– ou je fréquenterais un garçon choisi par Papa Pasd’Bol (si vous connaissiez ses goûts, vous auriez peur)

– je serais  OUI OUI, sans liberté de penser par moi-même

– je ferais le métier que mon père aurait choisi pour moi (même si minable) et je lui verserais un loyer pour ma chambre (surévaluée)

– je vivrais sans chat

– je serais Cendrillon (mon père adore me voir faire la vaisselle et le ménage)

– je serais obligée de me taper ma grand-mère aux repas de famille (le physique de Bouddha mais la personnalité de Baba Yaga)

– je serais obligée de dire du mal de Maman Pasd’Bol (il m’a toujours forcée à lui dire que je le préférais à ma mère, taré)

– je parlerais comme une petite fille

– le seul ordinateur que j’utiliserais serait celui du salon, commun à toute la maison. Avec un temps limité (rien que d’y penser, brrrrrr, c’est pas une vie).

– je n’aurais pas le droit de sortir sans autorisation ou d’inviter des amis

– je serais obligée de faire toutes les sorties familiales le week-end ou en vacances

– je n’aurais pas le droit de m’habiller comme je l’entends

– je serais obligée d’appeler N°3 « Maman » (je n’exagère pas, il a essayé avec N°2)

 

D’un coup, ça m’a calmée !! Ma vie est faite de galères, mais c’est MA vie et je la mène comme je l’entends. Parfois, il faut couper des branches pour qu’un arbre reste sain, il en va de même pour mon arbre généalogique. J’ai quand même de jolis souvenirs, faut pas croire, mais il reste dans un coin de ma tête pour ce qu’ils sont (de jolis souvenir donc).

 

Et puis, ça me rend d’autant plus précieuse Maman Pasd’Bol qui, elle, assure ! Finalement, j’ai de la chance non ?

 

Et vous ? Ca va ?

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