My dreamy roomate !

25 avril 2012

friends.jpgQuand on est jeune, on fantasme à mort son premier appart. Même que souvent, dedans on s’imagine à plusieurs comme dans Friends !

 

Puis on vieillit et on envisage surtout la coloc comme moyen de survie (avec l’espoir de déconner quand même comme dans Friends).

 

Sauf que la vie, c’est pas Friends ! Mais parfois, c’est mieux !!

 

Après mon divorce, en multipliant les CDD et les périodes de chômage, j’ai été vite acculée financièrement. Pas le choix, je me suis mise à chercher une colocataire. Pourtant ce n’était pas de gaité de coeur…J’aime pas partager ma bulle encore moins avec une inconnue, je ne tripe pas sur la vie en communauté sans sexe, je ne voulais pas perturber les chats et surtout, mon appart ne s’y prête pas du tout.

 

Au début, pleine de stress, je me suis inscrite sur des sites spécialisés. J’ai dû faire le tri entre les pervers et les étudiantes pas sérieuses. C’est que j’étais exigeante ! Il me fallait quelqu’un de pas chiant, discret, sympa, aimant les chats et leur autorisant la chambre, cultivé, pas envahissant, respectant mes affaires (et comme tout était à moi…) et si possible absent très souvent. Ah, et aussi capable de me supporter (c’était le plus dur).

 

J’ai eu quelques entretiens téléphoniques peu concluants, quand une amie m’a prévenue qu’elle connaissait quelqu’un qui cherchait un appart pour quelques mois. L’amie d’une amie, c’est toujours un gage de confiance.

 

Je me souviens de ma rencontre avec elle, ma Roomy ! Je flippais car je me demandais ce que je ferais si ça ne collait pas, vis à vis de ma cops, ça foutait mal. Aujourd’hui je ne saurais être plus reconnaissante de cette rencontre.

 

J’ai été surprise de voir ce petit bout de nana, discrète (mais ça c’était pour l’entretien, on ne se connaissait c’est pour ça) tellement…comme moi ! Roomy venait, comme moi, de se séparer de son mari, dans les mêmes conditions que moi, se retrouvait sans grand’chose et surtout dans le même état d’esprit ravagé. C’était un signe ! Il fallait qu’on traverse ça ensemble.

 

Très rapidement, Roomy s’est installée, ce qui m’a fait bizarre et n’était pas pratique. J’avais laissé ma chambre pour m’installer dans le salon, emportant ma valise pleine de fringues comme armoire (c’était camping dans le salon), mais en en laissant une tonne dans l’armoire. Et comme le salon était mal fichu, c’était assez difficile de lui en laisser l’accès (et je regrette encore de ne pas avoir pu lui laisser plus de place). On aurait vécu dans un autre appart que mon taudis, je pense qu’on y serait encore !

 

Bizarrement, on a très vite appris à se connaître, mais surtout se reconnaître. Tant de choses nous rapprochaient et pas que notre situation, notre façon de penser aussi, notre culture. Pourtant nous étions tellement différentes ! Elle est fine et sublime, je suis une patate, elle est ultra sociable, je mords au premier abord, elle vis la nuit, sort tout le temps, je suis ultra casanière, elle est un peu déjantée, je suis pragmatique, elle ose tout, je n’ose rien, elle est plus maniaque que moi et elle a plus facilement la pêche.

 

Pourtant que de similitudes ! Cette exigence envers soi et les autres, le cynisme, l’autodérision, cette curiosité de la vie et de constamment s’améliorer, cette soif d’apprendre, de rêves, l’amour de New York, l’envie d’échanger et de débattre mais plus encore, ce sens de l’adversité et du combat. Car l’une comme l’autre ne connaissons que cette façon d’avancer, se battre encore et toujours et, ce, depuis trop d’années. Et des failles, nombreuses, camouflées aux autres et pourtant bien visibles quand on partage les mêmes.

 

Roomy, je la connais forte, battante, drôle, exubérante super lookée et stylée, parlant fort, riant d’un rien…pourtant si fragile  à cause d’une existence pas facile. Et c’est ce qui rendait notre colocation parfaite, on a léché nos blessures à deux, se renforçant ensemble, se soutenant l’une l’autre, nous comprenant à demi-mot.

 

De cette coloc, j’en retiens des heures de rigolades, de discussions géniales sur tous les sujets possibles, de découvertes, de putassage acharné (je vous prie de croire que M.Pasd’Bol a morflé, même quand il était là…c’était si facile de se moquer), de respect, de réconfort, de séries et d’émissions débiles.

 

Bien sûr, tout n’était pas parfait. On se tapait même un peu sur les nerfs à la fin. L’appart n’était pas approprié, je suis chiante et peu patiente et hélas ultra bordélique, on avait un rythme de vie très différent et surtout…nous étions des filles !

 

Mais objectivement, je n’aurais pu rêver mieux et j’ai longtemps regretté son départ (pour cause d’installation de M.Pasd’Bol…si j’avais su…j’ai salement perdu au change). On dit souvent qu’on tombe amoureux d’une personne à cause de ses différences qui comblent ce qui vous manque. Ben moi c’est ça, j’étais en amour (amicalement s’entend) de ma Roomy, parce qu’
elle était tout ce que j’admirais malgré nos ressemblances.

 

Depuis, on reste en contact. Même si l’on ne se voit pas souvent, je sais qu’il y a un lien fort qui nous unit, qui n’existe qu’entre elle et moi. A chaque fois, c’est toujours aussi fort, notre relation ne ressemble pas à celle que nous avons avec nos autres amis. Sans doute parce que nous nous sommes totalement livrées l’une à l’autre à un moment où nous étions au bord du désespoir. Je ne m’en serais pas sortie sans elle et grâce à elle, j’ai sans doute vécu l’une des plus belles rencontres de ma vie.

 

Ok, on était pas 6 sur le même palier, on n’était que 2…mais ensemble on a vaincu le sort pendant un moment magique !

 

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