Nuit magique…

17 juin 2011

jeanne-cooper-2.jpgAaaah, les vieilles et leur TV…tellement légendaire que c’est devenu un banal cliché. D’ailleurs, j’assume pleinement être une vieille mémère (ultra jeune de 22 ans) qui adore sa télé, ne peut vivre sans et qui aime Les Feux de l’Amour.

 

Seulement moi, je n’ai pas la télé à l’hôpital (encore moins le Wi-Fi) et je n’ennuie pas mes petits camarades !!!

 

Difficile donc de s’endormir, quand l’une des chambres adjascentes à la vôtre a réglé le son sur maximum. Ok, à 19h, c’est un peu pénible, mais bon, ça reste acceptable. A 20h, on peut pas dire grand chose non plus. A partir de 21h, ma patience fond comme neige au soleil, mais j’avoue, j’avais des choses à faire (comme bloguer), pas envie de bouger (ça fait mal) et pas l’envie de déranger les gentilles infirmières pour ça, me disant qu’elles y mettraient bientôt bon ordre.

 

Passées 21h…Il y a moins de bruit, beaucoup moins, vous le saviez ça ? Ca donne quoi une TV à fond dans un hôpital silencieux ? Je laisse votre imagination y réfléchir.

 

A minuit et demi, je ne tenais plus. J’avais une grande envie de meurtre. Je me lève (j’ai mal), je marche (j’ai mal), j’ouvre la porte (j’ai mal) et je cherche la chambre du coupable en farfouillant et regardant les hublots (j’ai mal).

 

Elle est là !!! La vieille dame d’à côté, je vois la télé, je la vois elle…qui ronfle ! Problème, je ne vais pas m’introduire dans la chambre de cette inconnue pour lui signifier son vacarme (je crains qu’elle ne fut sourde, vu le volume…) ou, pire, faire le travail moi-même (je parle d’éteindre avec la télécommande, pas de l’achever avec son oreiller).

 

Pourquoi je ne le fais pas ? Simple ! Elle est vraiment très vieille (et sourde) et ne me connaît pas. Si elle se réveille et me voit, qui me dit qu’elle ne va pas hurler au meurtre ou faire une crise cardiaque foudroyante ?

 

Je vais donc chercher une infirmière…de l’autre côté. Je marche donc jusqu’à l’accueil. Non je vais être honnête, je fais péniblement la marche du zombie vers l’accueil…qui est vide ! Les infirmières sont donc dans le coin repos…tout au bout. Au moins ça fait mon sport du jour.

 

Je reprends ma marche lamentable et douloureuse et arrive à la salle. Je les préviens. Elle me demande le numéro de la chambre de la voisine.

 

Pourquoi ce détail est-il important ? J’en sens qui bondissent déjà (« Qu’est-ce que ça peut faire sa chambre ? Qu’elles aillent lui éteindre sa télé à mamie ! »). Il se trouve que mon étage se compose d’un trèèèèèès long couloir. Très ! Mais, il il y a deux services différents : la procto et le digestif. Donc, les patients et les chambres dépendent de certaines infirmières selon le service qui correspond. Là où ça devient cocasse (ou pas), c’est que Pasd’Bol (oui, moi, là), Je suis au bout de l’un des services et au début de l’autre !! Le cul entre deux chaises quoi.

 

C’est là que j’apprends que je suis vraiment la dernière chambre du service et que celle d’à côté…ben elle est du mauvais côté quoi ! L’autre service ! Et malheureusement, mes gentilles infirmières ne peuvent pas m’aider, elles n’en ont simplement pas le droit (je comprends, mais c’est pasd’bol vous admettrez).

 

Où se trouvent les infirmières dédiées ? A l’autre bout du couloir (ma chambre étant pile à la moitié de ce long couloir, imaginez le sport). Forcément…

 

Je prends mon courage à deux mains (mes côtes aussi, et puis la rampe au passage, et je tiens ma poche qui se fait lourde et qui tire mon intestin) et je pars. Je marche, je marche, je marche.

 

C’est drôle (ou pas), mais plus j’avance dans cette joyeuse aventure et moins je vais vite !

 

J’arrive à ma chambre, je dois d’abord mettre mes chaussons (ils sont sous le lits, j’avais eu la flemme), puis je repars.

 

Soudain, avant que je n’avance trop, la chance me sourit ! Une aide-soignante de l’autre service apparaît ! En sueur, je lui explique le problème.

 

Elle me demande « C’est quelle chambre ? » et au moment où je me tourne pour lui pointer la chambre du doigt, je vois le hublot de la vieille qui s’éteint et la télé qui se coup
e. Elle s’était réveillée !

 

Y a vraiment des soirs où l’on se les boufferait !

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • les feux de lamour vieille