Pasd’Bol est une grande naïve

3 mai 2011

3petitschats.jpgCette histoire remonte à mon Bac français. Il y a donc 4 ans pour ceux qui suivent (car je suis jeune, très jeune).

 

Je venais de passer l’oral, je me souviens, un samedi (tatatin). En tout cas c’était le matin.

 

Ca ne s’était pas trop mal passé (vu les questions vicieuses de l’examinateur…évidemment, j’étais tombée sur le pire) et j’étais très impatiente de rentrer chez moi. Chemin faisant, je tombe (dans le bus) sur un vieux camarade d’école primaire pas vu depuis un certain temps (bon, c’était une petite ville, on se croisait tous tout le temps, et on se faisait des signes de la tête, ainsi va la vie de quartier). Nous sommes dans le bus, j’en profite pour papoter.

 

D’autant que je me sens bien, le pire est passé, je maigris (eh oui, déjà !) et je suis habillée très classe (je découvrais la mode). Je n’étais plus moi, j’étais Top Moi.

 

D’une famille de Témoins de Jéhova, mon camarade m’inspirait la plus grande confiance par sa gentillesse et sa discrétion. Je ne voyais donc aucun souci à discuter de longues heures avec lui (j’aime beaucoup parler, marcher quand je parle et parler en marchant). De fait, après la sortie du bus, nous avons rattrapé le temps perdu (« alors, quoi de neuf après toutes ses années ? ») en se raccompagnant l’un l’autre à tour de rôle.

 

Je précise, à ceux qui se demanderaient, je n’étais pas en attente de quoi que ce soit, ou à la recherche de quelque chose, aucune ambiguité ne planait. D’ailleurs, ce camarade n’était pas très séduisant, pas spécialement à la hauteur de mes attentes intellectuelles (il avait déjà redoublé !!!!), de mon quartier (on ne se tape jamais quelqu’un de son quartier, JAMAIS) et surtout…ben moi, les Témoins de Jéhova…

 

En tout cas je suis contente, enfin une oreille qui n’écoute que moi et me trouve géniale ! Elle est pas belle la vie ? Vient le moment de se quitter. Du moins, je l’espère, parler autant ça fatigue et j’ai faim ! Mais mon camarade semble si content de me voir qu’il refuse de me laisser partir si vite. Du coup, je ne sais trop comment m’en défaire poliment et je le laisse me raccompagner une dernière fois, prétextant des obligations familiales.

 

Comme j’ai dit tout ce que j’avais à dire, je le laisse parler (oui, ok, je n’ai aucune idée de ce qu’il disait…j’avais faim, vous dis-je !!! Et puis je sortais de mon oral) en répondant quelques « oh, ah, oui ? » bien sentis.

 

Enfin, nous sommes en bas de mon immeuble. Malheureusement, il fait traîner et parle de plus en plus. D’ailleurs, il me semble assez énervé, tendu. Pour tout dire, bizarre.

 

Au bout de plusieurs essais, j’arrive à lui dire que « bon, salut quoi ». Je m’approche de la porte. Il me dit à quel point il est content, qu’on devrait se revoir. Et là…erreur monstrueuse de Pasd’Bol ! Je lui réponds ! Je lui réponds quoi ? Je lui réponds « oui c’était sympa, à bientôt ». Quelle quiche !

 

Au moment où je mets la clé dans la serrure, je le vois se jeter sur moi, me serrer fort et m’embrasser ! L’horreur absolue. Il me dit à « très vite », « je te recontacte », je ne dis rien et je me précipite chez moi !

 

Deux choses me terrifiaient :

1) j’ai laissé entendre à ce garçon qu’il m’intéressait d’une façon ou d’une autre (comment, je ne vois pas, mais ça m’a travaillé longtemps).

 

2) j’ai passé deux heures à parler à un abruti qui se l’est raconté (plus forte probabilité).

 

Après cet épisode, j’ai passé un mois terrible dans l’angoisse qu’il me recontacte !

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