Petite leçon de choses

7 mai 2011

choses.jpgA l’instar de ma copine Deformelgraphy, j’avoue avoir beaucoup de mal à faire mes besoins ailleurs que chez moi. Et ce n’est pas nouveau, cela a commencé dès mon enfance.

 

Ceci étant, quel enfant a envie d’aller se soulager dans les toilettes de son école ? Je n’ai jamais entendu parler de toilettes collectives scolaires qui sentaient bon l’Air Wick et dont on pouvait manger à même le sol. Ça serait plutôt l’inverse !

 

En tout cas, dans mon école primaire, les toilettes étaient répugnantes, et pompon ultime, il s’agissait de toilettes à la turque ! L’horreur absolue ! Les rares fois où j’ai essayé de m’y coller, j’avais peur, d’une part, de me salir ou de choper une infection, de l’autre, de me rater (exact dans 95% des cas). C’est vrai ça, les garçon ne savent pas ce que c’est de devoir s’accroupir au dessus d’un trou nauséabond et répugnant (car lavé une fois par jour) en espérant ne pas s’en mettre plein les socquettes ! Surtout quand, comme moi, on est pas douée dans le jet multidirectionnel !

 

Ma solution était donc simple…me retenir jusqu’à 16h30 et boire le moins possible. Je sais, je sais, j’en entends déjà me dire combien c’est mauvais pour la santé. J’en ai toujours eu conscience ! Ma pire crainte quand j’étais petite était, d’ailleurs, que ma vessie explose et que je meure (oui on a des croyance bizarres à 6 ans).

 

Allez savoir pourquoi, un jour, j’ai failli ! Qu’ai-je fais ? C’était la fin de l’année (CP), bientôt l’été, il faisait chaud. Et j’ai bu plus que de raison à la cantine ! Oui, de l’eau bien sûr (mon école n’était pas fun au point d’ouvrir l’open bar aux moins de 12 ans).

 

A 14h, nous travaillons dans le calme avec notre institutrice (je n’écoutais que distraitement, j’étais la meilleure de la classe, je savais lire depuis belle lurette). Soudain, l’impensable se produit ! Ma vessie hurle au secours. Je suis catastrophée car je sens que je me suis trop retenue, c’est au bord de l’implosion…je crains pour ma vie, je panique !! Je lève la main pour aller aux toilettes (notez bien l’état de détresse dans lequel j’étais pour en arriver à supplier d’aller dans ce lieu malfaisant et risquer d’inonder mes ballerines). Oui mais…il n’était que 14h. Mon institutrice (qui s’habillait souvent en mini-jupe noire en cuir) me fait sèchement remarquer que je n’avais qu’y aller au moment de la pause déjeuner…pas faux. Mais je lui précise que je n’avais pas envie à ce moment là (en plus, il aurait fallu partager ce moment embarrassant avec d’autres camarades de classe, l’horreur). Elle me suggère donc de tenir jusqu’à la prochaine récréation.

 

Je patiente donc…10mn. Eh oui, tu as compris Lecteur, ma vessie a pris le pas sur moi. Et comme j’étais trop jeune pour perdre les eaux, tout le monde autour de moi a compris ce qui venait de se passer. La honte absolue !

 

La maîtresse, un peu fâchée, m’a réprimandée devant les autres, qui étaient, et c’est bien normal, morts de rire et particulièrement moqueurs. Comment faire face à un embarras aussi énorme à 6 ans ? Ben on fait pas ! Dans mon cas, on se met à pleurer.

 

Sauf que Pasd’Bol ne fait pas les choses à moitié. Dès l’enfance, Pasd’Bol maîtrisait l’art suprême de la tragédie ! Pasd’Bol ne pleure pas, non, Pasd’Bol invoque le ciel, Pasd’Bol appelle l’univers à témoin,Pasd’Bol veut mourir foudroyée par Jupiter, Pasd’Bol fait de grands gestes avec ses petits bras et…Pasd’Bol fait tomber son manuel scolaire dans la flaque d’urine. Forcément…

 

Voilà pourquoi j’ai passé toute la fin de l’année avec un livre tout rabougri, aux pages collées, qui fleurait bon l’urine séchée.

 

Heureusement, les enfants ont la mémoire courte, ça aurait pu plomber toute ma scolarité…

 

 

 

 

 

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