Reste chez toi ou fais du vélo !

19 juillet 2014

RERVous avez noté comme, parfois, on s’attire le mauvais œil rien qu’en parlant ? Ou bien c’est juste moi (très envisageable). Car hier, dans le genre galère, ce fut épique et j’ai bien peur d’en être responsable karmiquement parlant…

Il y a deux jours, j’échangeais sur Twitter avec ma copinaute Tatiana concernant ses aventures poisseuses dans le RER B. Il va de soi que j’ai sauté sur l’occasion pour dire qu’il m’était déjà arrivé pire en termes de lose dans les transports en commun. En twittant, je l’ai senti gros comme une maison, ça allait me retomber dessus incessamment. Bizarrement, l’inverse est rarement vrai (du moins en ce qui me concerne). J’ai déjà dit qu’il m’était arrivé de trouver un job génial (si si mais il y a longtemps) sans qu’un nouveau déboule dans la semaine…

Hier soir, j’étais invitée à un barbecue à Trifouillis-les-Oies. Évidemment, en bonne Parisienne, je sentais qu’aller à Trifouillis-les-Oies ne serait pas une partie de plaisir car, non, je n’ai pas de métro direct pour le fin fond de la banlieue située en grande couronne (je milite d’ailleurs pour réserver l’appellation Ile-de-France aux villes située juste après le périph et de reléguer les autres à la province far far away). Tout n’était pas noir, bien sûr, Mope ayant proposé de m’offrir ses services de taxi à condition de le rejoindre à la sortie du taf. Ce qui aurait été une idée sympathique s’il ne bossait pas de l’autre côté du périphérique, mais l’autre périphérique, celui qui m’oblige à traverser toute la capitale…Temps estimé du trajet en comptant tous les changements : 1h. Soit, c’est jouable.

Me voici en route pour mon nouveau périple. Première étape, le bus jusqu’à la ligne de métro la plus pratique dans ce cas. Bien que le bus n’avance pas, je reste zen (enfin, autant que je puisse l’être). Après tout, 17h c’est l’heure de pointe, je vais mettre 30mn au lieu de 15, pas grave, j’ai pris de l’avance. Enfin ça, c’était avant que le chauffeur nous annonce à mi-chemin qu’à cause d’un incendie sur le périph, il nous faut tous descendre maintenant et poursuivre le trajet à pied. Attendre le bus suivant ou faire demi-tour ne sont, à ce stade, plus des options envisageables. Et c’est donc parti pour 20mn de marche en plein soleil montée sur des compensées de 15cm. Un vrai moment de bonheur. Je suis un poil plus stressée mais pas encore au stade de mordre les gens, tout va bien…

J’arrive enfin au métro (complétement dégoulinante et déshydratée) et je bénis l’inventeur de la clim (j’ai de belles valeurs écolo mais rarement quand je frôle la combustion spontanée). Ça roule, c’est chouette. Quand ça a cessé de rouler, c’était drôlement moins chouette. RATP = 2, Pasd’Bol = 0.

Ma joie est intense quand j’arrive enfin pour l’avant-dernière partie de mon voyage : la quête du RER ! Soyons clairs, je hais le RER. Sauf le A et encore, seulement sur le tronçon vers St Germain en Laye qui fonctionne tout le temps. Je n’allais pas à St Germain en Laye… C’est parti pour 10mn à rechercher le RER D aux Halles. Car, oui Lecteur, avec les travaux, Les Halles c’est le gros merdier. Ce qui était relativement simple il y a 3 ans est devenu une vraie galère maintenant. Non qu’indiquer « Sud » et « Nord » soit une mauvaise idée, au contraire. Mais voir écrit partout « Sud » quand tu cherches « Nord » avec des panneaux pas clairs qui te font tourner en rond longtemps est moyennement pratique.

Le graal apparaît, l’escalier pour le RER D nord. A ce stade du voyage, je ne ressemble plus à rien, à part à une grosse tomate suintante. Et là, c’est le drame. Je découvre un quai bondé et un écran qui indique qu’à cause d’un incident technique survenu à 16h45 tous les trains sont retardés. Certaines personnes attendant leur train depuis 16h45 justement. C’est le moment où j’ai basculé du côté obscur… J’ai maudi la RATP (oui le RER D c’est la SNCF, m’en fous), l’univers, Mope, le taf de Mope, Trifouillis-les-Oies et tous ses habitants, l’inventeur du barbecue et la petite fille qui a failli me coller sa sucette sur ma robe.

Sache-le Lecteur, l’univers a ses façons à lui de te punir quand tu lui cries ta rage (pourtant justifiée, mais on ne gagne jamais contre l’univers). A peine ai-je envoyé des messages haineux à Mope pour lui expliquer la situation que l’écran m’a annoncé que, finalement, il n’y aurait plus de trains du tout. Voilà, bien fait pour moi…

Après avoir enfin réussi à joindre Mope (ça ne captait pas), il fut convenu que je prendrais le RER B et qu’on se rejoindrait à un autre point. On pourrait croire que j’aime plus le RER B que le D. On se tromperait. Mais, miracle, j’arrive un monter dans un vrai train qui roule, que demander de plus. Ben, que ça roule justement ! Il faut croire qu’en juillet, le RER B se transforme en train touristique. Après le petit train de Montmartre, le RER B direction Villepinte, achetez tous vos tickets ! Une vitesse escargot pour bien profiter du paysage avant d’espérer arriver à destination ! Aaaah, le nord de Paris…ses terrains vagues, ses usines désaffectées, ses bidonvilles…Splendide ! Comment passer à côté de ce spectacle enchanteur, ça valait bien le coup de prendre son temps. Je ne vous cache pas que j’étais prête à égorger le premier accordéoniste qui aurait eu la témérité de monter dans ma rame.

Last but not least, j’arrive, prête à monter dans la voiture qui m’attendait. Ce qui aurait pu me réjouir si je n’étais pas connue pour mon mal des transports violent. Trajet estimé de 1h disais-je, dans les faits ça a mis 2h sans compter la voiture. Tout ça pour bouffer de la vache morte.

Je parie qu’elle était sacrée…Retour de Karma que ça s’appelle !

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