Si j’avais su j’aurais pas venu !

29 septembre 2011

guerre-des-boutons-61-10-g.jpgJe ne sors pas du premier cinéma venu contrairement à ce que l’on pourrait penser, mais de mon énième entretien d’embauche.

Là vous vous dites « vu le titre, on sait comment ça s’est passé, inutile d’en lire davantage »; mais vous rateriez le meilleur !

Déjà, ça commençait mal. Un poste d’attachée de presse (alors que je suis chargée de communication et que je détestais être attachée de presse – mais on devient beaucoup moins difficile au bout d’un an de chômage), pour un CDD de 3 mois non renouvelable (sans CDI possible) et surtout…à 1h45 de chez moi ! Je sais, je sais, ma santé tout ça…sauf que je suis incapable de payer mon loyer et que je dois bosser fissa, alors la santé…

Ce qui me plaisait dans le job ? Le gros nom à mettre sur le CV (qui est très vendeur), avoir un salaire, payer des cadeaux à Noël (enfin à moi, Noël c’est tout pour moi) et me donner un peu de répit.

Toujours sous les fabuleux effets du jus de grenade de la veille, je commence mon long périple, me demandant si je serais capable de tenir 3 mois. Et j’en ai eu du temps pour penser ! J’ai fini mon livre à la moitié du chemin et mon I-Pod s’est déchargé.

Au bout d’1h45 donc, j’arrive. Enfin, un peu plus car, bien sûr, je me suis un peu perdue malgré un parcours balisé (je suis une quiche).

Enfin l’entretien peut commencer. Le recruteur me dit qu’on ne peut me proposer grand’chose à boire (ce qui est marrant car les 5-6 bouteilles de soda font drôlement illusion). Je demande quand même un peu d’eau…ouf, il y a ça en stock (en cherchant bien, on arrive à un résultat).

Ensuite l’entretien fut très bref. Après une description de mon expérience, je me suis entendue répondre à plusieurs reprises que j’étais un peu trop qualifiée…

On me décrit enfin le poste…qui tient plus lieu de l’assistanat (tu m’étonnes que je suis trop qualifiée) ce que le recruteur admet. 90% de relances médias (voilà qui va me rappeler mon stage) avec une obligation de résultats (youhou) et…des photocopies !

Evidemment, on me répète – pour peu que je n’ai toujours pas saisi – que c’est dommage que j’ai tellement eu de postes à responsabilités par le passé, car ça me rend trop qualifiée (sans blague !)

Vient la question du salaire…figurez-vous qu’en plus je suis trop chère. Ben oui, forcément, 8 ans d’expérience et des responsabilités au bout d’un moment ça chiffre (ils s’attendaient à quoi ?) !

On me demande aussi ma résistance au stress et si je suis capable de bosser tous les jours de 9h à 20h (pour le même prix). Là, je sens que ça ne va pas le faire. Et encore une fois on me répète que je suis « trop qualifiée » (pas tant que ça, je suis incapable de faire du café).

Je leur demande quand même pourquoi ils ne prennent pas un stagiaire (moi c’est ce que je ferais pour un tel job, en plus c’est pas cher), on me répond qu’ils veulent quelqu’un de qualifié pour assurer les quelques responsabilités qu’il y aura (bref le beurre, l’argent du beurre et le slip de la crémière).

Ok, j’ai compris, je suis trop bien, ça semble clair. Mais ça l’était aussi sur mon CV ! Etait-ce bien la peine de me faire faire tout ce trajet pour réaliser que j’étais conforme à ce que j’annonçais ? Ils pensaient quoi « oh ben celle-là elle est trop bien, si ça se trouve, elle est bien mais pas tant que ça, elle en rajoute un peu, faut jamais se fier à un CV, et là, elle collerait parfaitement au sous-poste qu’on cherche à pourvoir ! » ?

Or, j’ai dû les décevoir. Comme le dit Oncle Benny (vous ne connaissez pas Oncle Benny ? Foncez voir l’Arme Fatale 4…on a les références qu’on peut !), sur mon CV je suis « vachement super », mais en vrai…je suis « vachement trop super » !

Voilà qui va grandement simplifier mes entretiens à l’avenir. Je vois la scène d’ici :

– Bonjour Madame (oui, moi c’est madame, rien à voir avec une pseudo polémique féministe mais avec un mariage raté)

– Bonjour Monsieur

 

– Quelles sont vos qualités et vos défauts ?

– Je suis trop géniale…

– Et vos défauts ?

– Mais c’est ça le défaut !!!!

On peut faire encore plus simple histoire que personne ne perdre de temps !

– Bonjour Madame

– Bonjour…laissez tomber de toute façon je suis trop bien pour vous !

Pourquoi s’embêter ?

Si je résume, je reste chômeuse par excès de génie. Dire que je pensais que quelque chose clochait !

Voilà qui illustrera ma nouvelle devise :

qu’importe le boulot pourvu qu’on ait l’ego !

S’il vous plaît, je suis chômeuse et pauvre…votez pour moi afin que je puisse allez boulotter des petits fours gratos à l’Hôtel de Ville !

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