T’es lesbienne, t’es vierge !

24 septembre 2014

médecinIl y a encore quelques années, je pensais que les médecins étaient « ceux qui savent ». Qu’ils avaient une sorte de science absolue et indiscutable, du moins sur des trucs aussi basiques que le corps humain et les maladies courantes. Puis, j’ai quand même fini par réaliser que c’étaient aussi des humains lambdas qui parfois (et j’insiste sur le parfois) cachaient leur ignorance par un manque flagrant de tact ou d’empathie. Manque qui forcément se retourne contre le patient en question. Après tout, personne ne se rend chez le toubib histoire de passer le temps, plutôt parce qu’il y a une vraie demande derrière. Evidemment, la majorité ne sont pas comme ça, j’aime à penser que, pour la plupart, ils sont correctement informés et humains.

Me concernant (et ça ne sera même pas l’objet de l’article mais j’aime tellement raconter ma vie), il m’est arrivé deux fois de pleurer en sortant de chez un médecin (et une autre fois où je suis tombée dans les pommes après mon passage chez mon ex gynéco). Bizarrement, ce n’était pas en apprenant mon endo ou quand ma gynéco me soutenait que mes douleurs atroces étaient dans ma tête… Je me souviens de la première fois, c’était lors de ma première gastro, tellement violente que 15 jours plus tard elle était encore là. Visite au docteur du coin, qui s’avère absent. Pas grave, je vois le remplaçant que je ne connais pas et à qui j’explique le problème en toute confiance, même si un peu embarrassée (j’ai un peu de mal à parler des fonctions corporelles). Première surprise, il me cloue au pilori, m’expliquant que je suis sans doute responsable et que, probablement j’use de laxatifs pour maigrir (en pleine gastro, c’est sûr que c’est mon premier réflexe). Ne jugeant pas mes réponses satisfaisantes (« Je suis malade et ça commence à me faire sacrément mal »), il décide de m’imposer un toucher rectal, comme ça, tout de go. Sauf que je refuse, je lui explique que je ne veux pas qu’il me touche, que mon seul problème est une gastro qui ne part pas…et là je m’enfonce dans mon siège comme une biche apeurée, la voix tremblotante et les yeux humides. Plutôt que de se dire qu’il allait probablement trop loin, il s’est contenté de me traiter de menteuse et m’a clairement demandé si je me droguais. Il en était convaincu et m’a fait passer un véritable interrogatoire. J’ai très vite mis fin à ce calvaire, suis partie en larmes et je me suis plainte à mon médecin habituel (il y a eu des sanctions). Ça, c’est pour la première fois. La deuxième fut lors d’une vulgaire angine, dans une autre ville. Pareil, ce n’était pas mon médecin habituel (notez qu’ils sont tous absents quand je suis malade), il semblait capable de soigner un truc aussi simple. J’évoque mon endo pour ses dossiers, il commence par me dire que l’endométriose est probablement due à une allergie aux chats. Euh…comment dire. Puis il s’est focalisé sur mes seins qu’il trouve anormalement gros (je commence à avoir l’habitude, j’ai bien eu un diététicien qui a voulu les soupeser par curiosité). Je lui réponds donc que je n’ai pas choisi de faire une hypertrophie mammaire. Quand il me demande ce que j’entends par là, j’ai tiqué. Hypertrophie mammaire : trop de glande mammaire, point. Sa réponse m’a scotchée vu qu’il m’a expliqué que si j’avais des seins trop gros, c’est que j’étais trop grosse, que mes seins n’étaient que de la graisse, que la glande mammaire pour toutes les femmes étaient de la taille d’une petit pois et que ça ne changeait jamais. Au temps pour moi, les deux chirurgiens esthétiques que j’ai consulté et les mammographies passées… J’ai eu beau répliquer qu’ils faisaient la même taille à 49kg, sa réponse n’a pas varié. C’est de la graisse, c’est tout, suffit de maigrir plus (30kg ?) ou de faire aspirer (sic). En plus de me parler comme à la dernière des connes (ben oui, je ne suis pas médecin moi), il m’a dit que je fantasmais à l’idée d’une grosse glande mammaire (mes fantasmes, en général, concernent effectivement de gros objets mais rarement ça), et que je devais avoir des problèmes psy assez sérieux. Pareil, je suis partie vite fait et franchement mal (mais au moins j’avais un truc pour mon angine).

A la suite d’un article que j’ai écrit il y a peu sur la prévention contre le SIDA, certains commentaires m’ont fait réaliser qu’il y avait pire, bien pire. Car si certains médecins voient le moyen de se sentir tout puissant face à des nanas (et se permettent une certaine brutalité psychologique consciente ou non), la situation peut devenir dramatique quand on est femme et gay. Au point que de nombreuses lesbiennes n’osent plus aller chez un gynéco. Est-ce parce qu’on est lesbienne qu’on a un corps différent et un super pouvoir contre toutes les maladies de la terre ? Je suis personnellement sceptique… Après ce sujet, ma copine Morgan m’a envoyé un lien vers un article édifiant que je partage ici. Une femme, gay, va chez une gynéco de 30 ans laquelle apprenant son homosexualité la déclare vierge. Comme ça, sans même se renseigner davantage. Ben oui quoi, si tu fais pas zizi panpan, forcément tu couches pas. Que ce genre de réflexion vienne de Tata Gertrude du fin fond de la Creuse, passe encore. Mais d’un médecin qui s’est tapé 10 ans d’études, ça fait mal. Très mal car souvent c’est la patiente qui se sent stupide, pas écoutée voire exclue, alors qu’elle vient pour la même raison que tout le monde : se faire soigner.

Je n’ai pas eu à chercher bien loin pour trouver d’autres exemples (Google, my friend), dont celui de ce gynéco qui parle du « statut à la con » de la compagne se sa patiente, qui lui parle de se « faire prendre 6 fois par jour par un Africain » et lui donne son opinion sur le mariage gay et le puissant lobby des lesbiennes (à ranger dans la catégorie Franc-Maçons ?). Quand on va chez le médecin, on n’a pas à entendre ce genre de préjugés ou se faire traiter comme un humain bas de gamme. On est en droit d’attendre écoute, compréhension et traitement. Saviez-vous que certaines lesbiennes n’avaient pas de frottis, justement parce qu’elles « n’ont pas de vrais rapports sexuels ? ». Sérieusement, qui peut encore de nos jours se dire qu’on a zéro risque d’avoir un cancer de l’utérus parce qu’on est lesbienne ? Aberrant non ? C’est malheureusement une réalité pour certaines qu’on n’hésite pas à juger du fait de leur sexualité (qui n’appartient pourtant qu’à elles). Après, la question n’est pas pour ou contre le mariage pour tous, ou même que pensez-vous de l’homosexualité. Mais ce qu’on attend d’un médecin c’est quand même de soigner tout le monde à la même enseigne, avec un minimum de respect et de garder son opinion pour lui. Quant au manque de formation de certains, il n’est pas si compliqué de se renseigner ou de poser des questions en restant courtois.

Je ne suis pas gay (ce dont on se fout parce que, quand bien même ?) et je ne prétends donc pas savoir ce que ressentent certaines lesbiennes quand elles sont confrontées à ce genre de comportement. Mais je suis choquée que ça puisse exister car nous sommes tous et toutes pareils chez le médecin : vulnérables. Et la personne qui fait autorité ne devrait pas pouvoir se permettre de traiter un patient comme un humain en carton dès qu’il connaît son orientation sexuelle (ou dès qu’il ouvre la bouche en fait). Donc j’en parle, parce que je n’ai pas tellement l’impression que ce problème soit abordé (la preuve, je n’étais pas courant avant cette discussion).

Conclusion, il ne faut pas remettre en question l’intégralité du corps médical, mais ne jamais hésiter à aller voir ailleurs dès qu’on se sent mal à l’aise ou blessé par son praticien.

J’en profite également pour vous passer le dernier clip diffusé par le Sidaction. En effet, pour les 20 du Sidaction 120 artistes, animateurs, et célébrités français se sont associés bénévolement pour sortir un double album chez Warner, Kiss & Love, dont l’intégralité des bénéfices seront reversés à l’association.

Qu’on soit gay ou pas ou qu’on ait un bon médecin ou non, rien n’empêche de continuer à se protéger.

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